"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  9.559 - Ad Efraim, pellegrini dalla Decapoli e missione segreta di Mannaen.

  5.557 - Pilgrims Arrive in Ephraim from the Decapolis. Manaen's Secret Mission.


dans la nuit du mardi au mercredi
20 février 30 (29 Adar)
Éphraïm


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 L'offrande du cœur

 Déjouer les complots du Sanhédrin


- Judas veut renvoyer des visiteurs 166

- Mais Jean est prêt à aller chercher le Maître 166

- On a cherché Jésus partout 167

- N'ajouter foi qu'à des disciples connus 168

- Manaën arrive en visiteur nocturne 168

- Comment il s'est approché d'ici 169

- La ruse de Nique et celle de Marie-Madeleine  170

- Joseph et Nicodème verront Jésus en secret 170

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8

 

8.20
Ce qui arrive dans la Décapole et la Judée


166> La nouvelle que Jésus est à Éphraïm, peut-être parce que les habitants eux-mêmes s'en sont vantés ou pour d'autres motifs que j'ignore, doit s'être répandue car désormais nombreux sont ceux qui viennent chercher Jésus, des malades pour la plupart, des affligés et aussi des gens désireux de le voir. Je m'en rends compte car j'entends l'Iscariote dire à un groupe de pèlerins venus de la Décapole [1] : "Le Maître n'est pas là. Mais il y a Jean et moi, et c'est la même chose. Dites donc ce que voulez et nous le ferons."

"Mais vous ne pourrez jamais enseigner ce que le Maître enseigne" objecte quelqu'un.

"Nous sommes d'autres Lui, homme. Souviens-t'en toujours. Mais si tu tiens à entendre le Maître reviens avant le sabbat et retourne chez toi après. Le Maître est maintenant un vrai maître. Il ne parle plus sur tous les chemins, ni dans les bois, ni sur les rochers comme un vagabond, et à toute heure comme un esclave. Il parle ici au sabbat comme il Lui convient. Et il fait bien ! Pour ce que cela Lui a servi de s'épuiser de fatigue et d'amour !"

"Mais ce n'est pas notre faute si les juifs..."

"Tous ! Tous ! Aussi bien juifs que non juifs ! Vous avez été et serez tous pareils. Lui est tout à vous. Vous rien pour Lui. Lui donne. Vous, vous ne donnez pas, même pas l'aumône que l'on donne au mendiant."

"Mais nous l'avons l'offrande pour Lui. La voilà, si tu ne nous crois pas."

Jean, qui s'est toujours tu mais souffre visiblement, tout en regardant avec des yeux qui supplient et réprimandent, ou mieux qui sollicitent, ne peut plus se taire. Alors que Judas allonge déjà la main pour prendre l'offrande, il met une main sur le bras de son compagnon pour le retenir et il lui dit : "Non, Judas. Cela, non. Tu sais l'ordre du Maître" et il se tourne vers ceux qui sont venus pour dire :  "Judas s'est mal expliqué et vous avez mal compris. Ce n'est pas cela que voulait dire mon compagnon. C'est seulement une offrande de foi sincère, d'amour fidèle que nous, moi, mes compagnons, vous, tous nous devons donner pour tout ce que le Maître nous donne. Quand nous marchions à travers la Palestine, il acceptait vos offrandes parce qu'elles nous étaient nécessaires dans nos déplacements et parce qu'il se trouvait de nombreux mendiants sur notre route, et que se faisaient connaître à nous des misères cachées. 167> Maintenant, ici, nous n'avons besoin de rien — en soit louée la Providence — et nous ne rencontrons pas de mendiants. Reprenez, reprenez votre offrande et donnez-la, au nom de Jésus, à des malheureux. Ce sont les désirs de notre Seigneur et Maître, et ses ordres à ceux d'entre nous qui s'en vont évangéliser à travers les villes. Si ensuite vous avez des malades avec vous ou si quelqu'un a un vrai besoin de parler au Maître, dites-le. Et j'irai le chercher à l'endroit où il s'isole pour prier, car son esprit a un grand besoin de se recueillir dans le Seigneur."

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Judas bougonne quelque chose entre ses dents, mais ne contredit pas ouvertement. Il s'assoit près du foyer allumé comme pour se désintéresser de la chose.

"Vraiment... nous n'avons pas un grand besoin. Mais nous avons su qu'il était ici, et nous avons traversé le fleuve pour venir le voir. Mais si nous avons mal fait..."

"Non, frères. Ce n'est pas mal de l'aimer et de le chercher, même si cela est difficile et fatigant. Et votre bonne volonté aura sa récompense. Je vais annoncer au Seigneur votre venue, et certainement Lui viendra. Mais si vraiment il ne venait pas, je vous apporterai sa bénédiction." Et Jean sort dans le jardin pour aller à la recherche du Maître.

"Laisse ! J'y vais, moi" dit Judas impérieusement et il se lève pour courir dehors.

Jean le regarde aller et n'objecte rien. Il rentre dans la cuisine où sont entassés les pèlerins. Mais immédiatement il leur propose :

"Voulons-nous aller à la rencontre du Maître ?"

"Mais si Lui ne voulait pas..."

"Oh ! ne donnez pas d'importance à un malentendu, je vous en prie. Vous connaissez certainement les raisons pour lesquelles nous sommes ici. Ce sont les autres qui obligent le Maître à ces mesures de prudence, ce n'est pas la volonté de son cœur. Lui a toujours les mêmes sentiments pour vous tous."

"Nous le savons. Les premiers jours, après la lecture du décret, ce fut toute une recherche au-delà du Jourdain et dans les endroits où ils pouvaient penser qu'il se trouvait : à Bethabara, comme à Béthanie, à Pella et à Ramoth-Galaad et aussi ailleurs. Et nous savons qu'il en a été ainsi pour la Judée et la Galilée. Les maisons de ses amis ont été très surveillées car... si ses amis et ses disciples sont nombreux, nombreux aussi sont ceux qui ne le sont pas et qui croient servir le Très-Haut en persécutant le Maître. Puis les recherches ont subitement cessé et le bruit s'est répandu qu'il était ici." [2]

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168> "Mais vous, de qui l'avez-vous su ?"

"De ses disciples."

"Mes compagnons ? Où ?"

"Non. Aucun d'eux. D'autres. Nouveaux, car nous ne les avons jamais vus avec le Maître ni avec des anciens disciples. Et même nous avons été étonnés que Lui ait envoyé des inconnus pour dire où il était, mais ensuite aussi nous avons pensé qu'il l'avait fait parce que les nouveaux n'étaient pas connus par les juifs comme disciples."

"Je ne sais pas ce que vous dira le Maître, Mais je vous dis que dorénavant vous ne devez ajouter foi qu'à des disciples connus. Soyez prudents. Tous ceux de cette nation savent ce qui est arrivé au Baptiste..." [3]

"Tu penses que..."

"Si Jean, haï par une seule femme, fut pris et mis à mort, qu'en sera-t-il de Jésus également haï par le Palais royal et le Temple, et par les pharisiens, et les scribes, les prêtres et les hérodiens ? Soyez donc vigilants pour ne pas avoir de remords... Mais le voilà qui vient. Allons à sa rencontre."

C'est une nuit profonde et sans lune, mais éclairée par les étoiles. Je ne pourrais dire l'heure ne voyant pas la position de la lune ni à quelle phase elle en est. Je vois uniquement que c'est une nuit sereine, Éphraïm toute entière est disparue dans le voile noir de la nuit. Le torrent lui-même est une voix, pas autre chose. Son écume et son scintillement disparaissent totalement sous la voûte verte des arbres des rives qui interdisent même cette lumière, qui n'en est pas une, qui vient des étoiles.

Un oiseau de nuit se lamente quelque part. Puis il se tait à cause d'un bruissement de feuillage et un bruit de roseaux rompus qui se rapproche de la maison en suivant le torrent et en venant du côté de la montagne. Puis une forme élancée et robuste émerge de la rive sur le sentier qui monte vers la maison. Elle s'arrête un moment comme pour s'orienter. Elle rase le mur en tâtant avec les mains. Elle trouve la porte, l'effleure et la dépasse, tourne, toujours en tâtonnant au coin de la maison, jusqu'à rejoindre l'entrée du jardin. Le visiteur nocturne l'essaie, l'ouvre, la pousse, entre. Il rase les murs qui donnent sur le jardin. Il reste perplexe devant la porte de la cuisine. Puis il poursuit jusqu'à l'escalier extérieur, le monte à tâtons et s'assoit sur la dernière marche, ombre noire dans l'ombre. 169> Mais là-bas, vers l'orient, la couleur du ciel nocturne : un voile noir dont on remarque seulement qu'il est tel à cause des étoiles qui le piquent, commence à changer de couleur, c'est-à-dire à prendre une couleur que l'œil arrive à percevoir comme telle : un gris d'ardoise qui paraît un brouillard épais et fumeux et qui est seulement une première clarté de l'aube qui s'avance. Et c'est lentement le miracle journalier, toujours nouveau, de la lumière qui revient.

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Le visiteur qui s'était accroupi par terre, tout recouvert par un manteau foncé, remue, étend les bras, lève la tête, rejette son manteau un peu en arrière. C'est Manaën. Vêtu comme un homme quelconque, d'un lourd vêtement marron et d'un manteau assorti. Une étoffe rude de travailleur ou de pèlerin, toute unie, sans boucles ni ceinture. Un cordon de laine retient son habit à la taille. Il se lève, déploie sa stature. Il regarde le ciel où la lumière qui avance permet de voir ce qui l'entoure. En bas, une porte s'ouvre en grinçant. Manaën se penche sans faire de bruit pour voir qui sort de la maison. C'est Jésus qui avec précaution referme la porte et se dirige vers l'escalier. Manaën rentre un peu et s'éclaircît la gorge pour attirer l'attention de Jésus qui lève la tête et s'arrête au milieu de l'escalier.

"C'est moi, Maître. C'est Manaën. Viens vite car je dois te parler. Je t'ai attendu..." chuchote-t-il et il se penche pour le saluer.

Jésus monte les dernières marches : "Paix à toi. Quand es-tu venu ? Comment ? Pourquoi ?" demande-t-il.

"Je crois qu'à peine était passé le chant du coq, quand j'ai mis pied ici. Mais j'étais dans les buissons, là-bas au fond, depuis hier à la seconde veille."

"Toute la nuit dehors !"

"Il n'y avait pas moyen de faire autrement. Je devais te parler, à Toi seul. Je devais connaître le chemin pour venir, la maison et n'être pas vu. Aussi je suis venu de jour et je me suis caché là-haut. J'ai vu s'apaiser la vie dans la ville. J'ai vu Judas et Jean rentrer à la maison, et même Jean est passé presque à côté de moi avec sa charge de bois, mais il ne m'a pas vu, car j'étais bien caché dans le fourré. J'ai vu, tant qu'il a fait assez clair pour y voir, une petite vieille qui entrait et sortait, et le feu qui brillait dans la cuisine, et je t'ai vu descendre de là-haut quand le crépuscule était déjà terminé, et la porte se fermer. Alors je suis venu à la lumière de la lune nouvelle et j'ai reconnu le chemin. Je suis même entré dans le jardin. La porte est plus inutile que s'il n'y en avait pas. 170> J'ai entendu vos voix, mais je devais parler à Toi seul. Je suis reparti pour revenir à la troisième veille et être ici. Je sais que tu te lèves habituellement avant le jour pour prier, et j'ai espéré qu'aujourd'hui aussi tu le ferais. Je loue le Très-Haut qu'il en soit ainsi."

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"Mais quel motif de devoir me voir avec tant de difficultés ?"

 "Maître, Joseph et Nicodème veulent te parler et ils ont pensé le faire de manière à esquiver toute surveillance. Ils ont essayé d'autres fois, mais Belzébuth doit aider beaucoup tes ennemis. Ils devaient toujours renoncer à venir car leur maison n'était pas laissée sans surveillance, et de même celle de Nique. Et même la femme devait venir avant moi. C'est une femme courageuse et elle s'était mise en route seule par l'Adomin. Mais elle fut suivie et arrêtée près de la "Montée du sang", et elle, pour ne pas trahir ta demeure et pour justifier les vivres qu'elle avait sur sa monture, dit; "Je monte chez un de mes frères qui est dans une grotte sur les monts. Si vous voulez venir, vous qui enseignez Dieu, vous ferez une œuvre sainte car il est malade et il a besoin de Dieu". Et avec cette audace, elle les persuada de s'en aller. Mais elle n'osa plus venir ici et elle alla réellement trouver quelqu'un qu'elle dit être dans une grotte et que tu lui as confié."

"C'est vrai. Mais comment Nique a-t-elle pu le faire savoir aux autres ?"

"En allant à Béthanie. Lazare n'y est pas, mais les sœurs y sont. Il y a Marie. Et Marie est-elle une femme à s'effrayer de quelque chose ? Elle s'est habillée comme peut-être ne le fit pas Judith pour aller trouver le roi, et elle est allée au Temple, publiquement avec Sara et Noémi, et puis à son palais de Sion. Et de là elle a envoyé Noémi chez Joseph avec ce qu'il fallait dire. Et pendant... qu'astucieusement les juifs allaient chez elle ou envoyaient des gens pour... lui rendre honneur, la petite vieille Noémi, en habits négligés, allait à Bézèta chez l'Ancien [4]. Nous nous sommes mis d'accord pour m'envoyer moi, le nomade que personne ne soupçonne quand on le voit chevaucher à toute allure de l'une à l'autre des résidences d'Hérode, ici pour te dire que la nuit entre le vendredi et le sabbat Joseph et Nicodème, venant l'un d'Arimathie l'autre de Rama avant le coucher du soleil, se rencontreraient à Goféna et qu'ils t'attendraient là. Je connais l'endroit et la route, et je viendrai ici le soir pour te conduire. À moi, tu peux te fier, mais ne te fie qu'à moi, Maître. Joseph recommande que personne ne connaisse notre rencontre. Pour le bien de tous."

"Même le tien, Manaën ?"

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171> "Seigneur... moi, je suis moi. Mais je n'ai pas à sauvegarder des biens et des intérêts de famille comme Joseph."

"Et cela confirme mes dires que les richesses matérielles sont toujours un fardeau... Mais dis bien à Joseph que personne ne connaîtra notre rencontre."

"Alors je puis aller, Maître. Le soleil est levé et tes disciples pourraient se lever."

"Va et que Dieu soit avec toi. Et même je t'accompagne pour te faire voir l'endroit où nous nous trouverons la nuit du sabbat..."

Ils descendent sans bruit et sortent du jardin pour descendre tout de suite sur les rives du torrent.

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[1] Voir la carte de la Palestine historique

[2] Système d'enquête efficace ? Information fournie par Judas ? On ne sait …

[3] Jean-Baptiste a été attiré hors de la zone où il s'était réfugié puis capturé (cf. Tome 3, Chapitre 40, page 236)

[4] Joseph d'Arimathie (Joseph l'Ancien) a une maison dans ce quartier nord de Jérusalem.