"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Commentaires du chapitre 163.
On ne peut pas servir à la fois Dieu et Mammon[1].


Dictionnaire des personnages de l’Évangile, d’après Maria Valtorta.


L’épisode d’Éli le pharisien illustre ce Pouvoir qui fut hostile à Jésus jusqu’à la haine, comme le démontre la suite connue des évènements. Mais, par contraste, il permet de mieux saisir la personnalité de ceux qui, détenant aussi pouvoir ou richesses, décidèrent de les mettre au service de Jésus.        

Si les puissants de l’époque furent majoritairement hostiles ou indifférents à Jésus, une fraction non-négligeable le soutint. Selon l’état établit par le Dictionnaire des personnages de l’Évangile, plus de la moitié du
Sanhédrin combattit Jésus, mais une minorité fut acquise à sa cause (15 membres sur 71 = 20%), le reste étant indifférent.     

Parmi cette minorité favorable à Jésus, l’Évangile et l’histoire connaissent des personnages puissants que Maria Valtorta aide à mieux cerner.

Les riches qui suivent Dieu.          
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Selon le Talmud de Babylone, Nicodème était l'une des trois personnes les plus riches de Jérusalem au point qu’il «aurait pu nourrir tout le peuple d'Israël pendant dix jours». C’est lui qui vient trouver nuitamment Jésus (Jean 3,1-21), le défend ouvertement devant le Sanhédrin (Jean 7,50-52) et participe à son ensevelissement (Jean 19,39-42)    

Gamaliel, de la classe des scribes, état une autorité morale qui s’impose à tout le Sanhédrin (Actes 5,34-39).     

Lazare de Béthanie, est un ami dont la mort fait trembler d’émotion Jésus (Jean 11,35-38). Il est si puissant que le Tout-Jérusalem se déplace pour ses funérailles (Jean 11,19) et que Jésus peut, en toute impunité, célébrer sa dernière Pâque dans une de ses propriétés, à quelques centaines de mètres du Temple qui cherchait à le capturer.         

Joseph d’Arimathie offre le tombeau tout neuf qu’il s’était fait creuser, pour accueillir la dépouille de Jésus (Jean 19,38-42). Ce membre du Sanhédrin faisait partie des Anciens, collège des gros propriétaires terriens.        

De nombreuses femmes subvenaient aux besoins du groupe apostolique en continuels déplacements (
Luc 8,1-3). Parmi elles, il y a Jeanne, la femme de l’Intendant d’Hérode Antipas. Maria Valtorta les connaît bien.        

Il y avait donc aussi des riches et des puissants parmi les amis de Jésus et parmi ses disciples.        

Mais ces riches n’étaient-ils là que pour servir leurs intérêts ? ou par simple reconnaissance humaine envers leur bienfaiteur ?         

Nullement.          

On pourrait, en poussant les limites, réduire la motivation des femmes mécènes de l’Évangile à la reconnaissance humaine, puisqu’elles avaient été guéries ou délivrées de démon, il n’en est pas de même pour Nicodème, Gamaliel, Joseph d’Arimathie ou même Lazare avant qu’il ne ressuscite.         

Les femmes disciples montrent d’ailleurs une toute autre motivation au moment de la Passion où on les voit affronter l’hostilité au mépris d’elles-mêmes (
Marc 15,40-41).           

Éli, reçoit, lui aussi une grâce insigne qui aurait dû, humainement, entraîner une attitude de reconnaissance éternelle envers Jésus : ce ne fut pas le cas.  

Pourquoi ?

… et ceux qui suivent Mammon.  
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Les cinq sanhédristes ont en commun une vision utilitariste et égocentrée de la société, de la religion et du Messie. Tout n’existe que par eux et pour eux.

De leur point de vue, l’occupation romaine n’est pas d’abord un malheur pour Israël, mais surtout une tutelle qui veut les dépouiller de leurs richesses. Plus qu’un lieu sacré de prière, la synagogue est d’abord pour eux un lieu protégé des oreilles indiscrètes.

Pour les sortir de cette vision, Jésus tente de les ouvrir aux autres :   

- Ce qu’ils subissent, n’est que la réplique de ce qu’ils font subir aux plus pauvres, non en raison des lois romaines, mais en raison des préceptes pharisiens qui écrasent le peuple. Propos qu’il reprendra publiquement lorsque la rupture sera consommée avec le pharisaïsme :

(Les pharisiens et les scribes) attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt (Matthieu 23,4).

- Ce qu’ils dissimulent de leurs impôts est pris par l’occupant romain dans la poche des plus pauvres qu’eux.

Vous l’avez dit : Dieu vous a donné beaucoup. À vous de donner beaucoup, dans une juste proportion. Pourquoi agir malhonnêtement, comme c’est malheureusement le cas, au point que le pauvre doive supporter des impôts sans rapport avec ses ressources ? (EMV 163.4).

Enfin, ils dévoient le caractère sacré de la synagogue qu’ils transforment en abri sûr pour des préoccupations humaines (Idem). Elle est brièvement exprimée dans cet épisode, mais elle n’en est pas moins grave.  

C’est en effet l’accusation qui tombe par deux fois dans l’Évangile : au début de la vie publique quand Jésus chasse les vendeurs du Temple en leur enjoignant «de ne pas faire de la maison de son Père une maison de commerce.
[2]», et à la fin de la vie publique quand il renouvèle ce geste en constatant qu’ils l’ont transformé en «caverne de bandits[3]» malgré l’avertissement.  

À écouter la teneur de leur conversation, le Messie est l’instrument de leur ambition. S’ils entourent Jésus, ce n’est pas par reconnaissance, mais pour inciter le Messie, qui fait de si grand miracles, à restaurer l’ordre ancien en chassant le Romain. Ce que Jésus décline en précisant que son Royaume n’est pas terrestre.   

Les cinq sanhédristes tentent donc de détourner le pouvoir de Jésus à leur profit, mais ils le craignent. Éli l’avoue : la mort du vieux
Doras, foudroyé par la Parole de Dieu, les a marqués. Ils craignent, mais n’aiment pas. Ils tentent de le retenir, mais c’est pour le circonvenir, non pour l’écouter. Ils sont donc le contraire des puissants qui suivent Jésus.   

Leur visage est celui du mauvais riche que met en scène Jésus dans la parabole relatée par
Luc 16,19-31. Il la dira six semaines après cette rencontre avec les pharisiens de Capharnaüm (EMV 191).          

Enfin, leur fortune est accaparée, comme l’explicite la fin de l’épisode. ‘Eli s’est emparé de l’argent des plus pauvres à son profit. Il n’ose affronter la colère de ceux qu’il a spolié : tout le contraire de
Zachée, le percepteur d’impôts de Jéricho, par exemple.

Le témoignage des riches disciples.      
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On peut être puissant, riche et ami de Jésus, … mais pas à n’importe quelle condition. 

Abraham «était extrêmement riche en troupeaux, en argent et en or.» (
Genèse 13,2), mais on sait qu’il mit l’obéissance à Dieu au-dessus de tout à l’occasion d’une épreuve insigne : le sacrifice de son fils unique. Job fut aussi mis à l’épreuve. C’était un homme riche «intègre et droit, craignant Dieu» (Job 1,1). Il ne retrouve richesses et abondance qu’au terme de l’épreuve qu’il surmonte avec foi. Voilà pour les temps anciens.           

Plus proche de nous, Lazare fut le premier évêque de Marseille (France) et l’ami de Jésus. Par héritage, il était "puissamment riche, dit Nicodème. Une bonne partie de la ville de Jérusalem lui appartient ainsi que beaucoup de terres de Palestine (
EMV 116). Comment a-t-il pu être, en même temps, disciple du Christ ?      
Jésus répond : "… Lazare est une exception parmi les riches. Il est arrivé à cette vertu qu'il est très difficile de trouver sur la terre et encore plus difficile à pratiquer pour l'enseigner à autrui. La vertu de la liberté à l'égard des richesses" (
EMV 206.10). Il avait l’esprit des Béatitudes.     

Nicodème, une des grandes fortunes d’Israël, a des élans de générosité envers les indigents : "Cette année, il nous a fait savoir que tout est pour nous, parce que c'est une année de grâce" Jésus plus tard lui demande : "Quelle voix t'a dit que c'est une année de grâce, et pas l'année qui vient, par exemple ?" - "Je ne sais pas, répond Nicodème. Je ne suis pas prophète. Mais à mon intelligence s'est unie une lumière du Ciel. Je voulais que les pauvres jouissent des dons de Dieu, pendant que Dieu est encore parmi les pauvres..." (
EMV 407.2).           

Non loin de là, et à la même période, Joseph d’Arimathie ordonne de distribuer sans compter à des nécessiteux, les fruits de sa moisson. Son régisseur, récrimine : il y a trop de quémandeurs ! Joseph lui répond par un acte de foi et ordonne de doubler les rations distribuées. Le miracle de la multiplication des gerbes a lieu (
EMV 408).       

Ces riches servent Dieu, et non Mammon.

La richesse de Dieu et celle des hommes.       
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Alors faut-il souhaiter la richesse ? Plusieurs considérations mettent en garde contre ce désir pris en tant que tel.    

Le Catéchisme de l’Église catholique est sans ambiguïté : Le précepte du détachement des richesses est obligatoire pour entrer dans le Royaume des cieux (
CEC 2544).

Le Seigneur se lamente sur les riches, rajoute-t-il, parce qu’ils trouvent dans la profusion des biens leur consolation (Luc 6, 24). "L’orgueilleux cherche la puissance terrestre, tandis que le pauvre en esprit recherche le Royaume des Cieux[4]". L’abandon à la Providence du Père du Ciel libère de l’inquiétude du lendemain (cf. Matthieu 6,25-34). La confiance en Dieu dispose à la béatitude des pauvres. Ils verront Dieu. (CEC 2547).

La Bible rejette également la richesse comme la pauvreté pour ne garder que l’abondance du pain quotidien :

Seigneur, je n’ai que deux choses à te demander, ne me les refuse pas avant que je meure ! Éloigne de moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain. Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : «Le Seigneur, qui est-ce ?» Ou alors, la misère ferait de moi un voleur, et je profanerais le nom de mon Dieu ! (Proverbes 30,7-9).

Philippe, de Canata, le jeune homme riche de l’Évangile[5], fait l’expérience de ses liens qui entravent l’âme. C’était pourtant un jeune homme droit, tourné vers Dieu : tout le contraire d’Éli et des pharisiens de Capharnaüm. Mais le désir de Dieu est combattu par l’attrait des richesses.    

Ce dilemme est souvent celui des sociétés d’abondance où nous vivons. C’est pourquoi la conclusion du jeune homme riche retentit avec plus de force en notre époque qui peut perdre son âme dans sa préoccupation des richesses. L’homme qui amasse de grands biens se dit en lui-même :

«Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.» Mais Dieu lui dit : «Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie.» (Luc 12,19-21).

 



Mise à jour le
27/06/2017.

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[1] Cf. Matthieu 6,24 et Luc 16,13.

[2] Jean 2,16.

[3] - Matthieu 21,13 ; Marc 11,17 ; Luc 19,46.

[4] Saint Augustin, De sermone Domini in monte 1, 1, 3.

[5] Matthieu 19,16-30 ; Marc 10,17-31 ; Luc 18,18-27.