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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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.5.321 - Sbarco a Seleucia e commiato da Nicomede.

 3.320 - Arrival and Landing at Seleucia.

 4.321 - Arribo a Seleucia. Se despiden de Nicomedes.

 6.366 - Ankunft und Landung in Seleucia.



Déchargement d'un bateau, d'après un dessin de Dennis Lyall


Mardi 19 décembre 28
(16 Tébeth 3789)
Séleucie.


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 Le choc des cultures.


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- Nicodème rend grâce pour la guérison de Démété.... 53

- Il vante les travaux des romains .......................... 55


- Sintica, la Grecque, réagit fortement ........................ 55

- L'invitation de passer la nuit à bord est refusée ............ 56

- Sintica réconforte Jean d'Endor ........................... 56

- Adieu de Pierre à Nicodème .......................................... 57

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5


Tome 5, chapitre 9.

321.
Arrivée et débarquement à Séleucie.


 

Vision du mardi 6 novembre 1945

53> C'est sous un merveilleux crépuscule que la ville de Séleucie se dessine comme un amas blanc au bord des eaux bleues de la mer qui est tranquille et riante, toute une fantaisie de petites vagues sous le ciel qui fond son cobalt sans nuages avec la pourpre du crépuscule. Le navire, toutes voiles dehors, se dirige rapidement vers la ville lointaine, et semble être incendié de feux joyeux pour la fête de l'arrivée prochaine tant il est revêtu des splendeurs du soleil couchant.   

Sur le pont, parmi les marins, qui ne sont plus affairés et inquiets, se trouvent les passagers qui voient s'approcher le but.       

54> Et assis près de Jean d'Endor, encore plus amaigri qu'à son départ, se trouve le marin blessé. Il a encore la tête entourée par une bande légère, et il est d'une pâleur d'ivoire à cause du sang qu'il a perdu. Mais pourtant il est souriant, et il parle avec ses sauveurs et ses compagnons qui, en passant, se félicitent avec lui de le revoir sur le pont. Le crétois le remarque aussi et il quitte un moment son poste, en le confiant au chef de la chiourme, pour venir saluer "son excellent Démété" revenu sur le pont pour la première fois depuis sa blessure. "Et merci à vous tous" dit-il aux apôtres. "Je ne croyais pas qu'il pût vivre encore, blessé comme il l'était par la lourde poutre et le fer qui la rendait encore plus pesante. Vraiment, Démété, ils t'ont redonné la vie car tu étais déjà mort une première et une deuxième fois. La première fois en te laissant tomber sur la marchandise du pont où, à cause du sang que tu perdais et des vagues qui t'auraient jeté à la mer, tu aurais péri en descendant au royaume de Neptune au milieu des Néréides et des Tritons. Et la seconde fois pour t'avoir guéri avec ce merveilleux onguent. Fais-moi donc voir la blessure ?"

L'homme défait la bande et montre la cicatrice bien refermée, lisse, qui ressemble à une marque rouge de la tempe à la nuque, à la limite des cheveux qui paraissent coupés, peut-être par
Sintica, pour les empêcher d'entrer dans la blessure. Nicomède effleure légèrement cette marque : "L'os lui-même est soudé ! Tu es aimé par Vénus marine ! Et elle ne voulait t'avoir qu'à la surface de la mer et sur les rivages de la Grèce. Qu'Eros[1] te soit donc propice, maintenant que nous descendons à terre, et qu'il t'aide à perdre le souvenir du malheur et la terreur de Thanatos[2] qui t'étreignait déjà."    

 Le visage de Pierre est un panorama d'impressions quand il entend toutes ces allusions mythologiques. Appuyé à un mât, les mains derrière le dos, il ne parle pas, mais tout parle en lui pour appliquer une épithète salée au païen Nicomède et à son paganisme, et pour marquer son mépris pour tout ce qui est gentil.         

Les autres aussi ne sont pas moins dédaigneux...
Jude d'Alphée a le visage fermé de ses plus mauvais moments, son frère tourne sur lui-même en s'intéressant beaucoup à la mer. Jacques de Zébédée et André sont disposés à plaquer tout le monde et à descendre prendre les sacs et le métier. Mathieu joue avec sa ceinture et le Zélote l'imite en s'occupant de ses sandales trop grandes comme si c'était une chose nouvelle et Jean de Zébédée s'hypnotise à regarder la mer.        

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55> Si manifeste est le mépris et l'ennui des huit - et ne l'est pas moins le mutisme des deux disciples assis près du blessé - que le crétois s'en aperçoit et s'en excuse : "C'est notre religion, savez-vous ? Comme vous croyez à la vôtre, nous tous et moi nous croyons à la nôtre..."

Personne ne répond et le crétois juge opportun de laisser en paix ses dieux et de descendre de l'Olympe sur la terre, ou plutôt sur la mer, sur son navire, en invitant les apôtres à venir à la proue pour bien voir la ville qui approche. "Voilà, voyez-vous ? Vous n'êtes jamais venus ici ?"      

"Moi, une fois, mais par voie de terre" dit le Zélote d'un ton sérieux et tranchant.       

"Ah ! bien ! Mais alors tu sais au moins que le vrai port d'Antioche c'est Séleucie
[3], sur la mer, à l'embouchure de l'Oronte, qui se prête gracieusement à accueillir les navires, et par des temps d'eaux profondes peut être remonté par des barques légères jusqu'à Antioche. La ville que vous voyez, la plus grande, c'est Séleucie. L'autre vers le midi, n'est pas une ville, mais les ruines d'un endroit dévasté. Elles trompent, mais c'est un pays mort. Cette chaîne est le Pierios qui fait donner à la ville de Séleucie le nom de Pieria. Ce pic plus vers l'intérieur, au-delà de la plaine, c'est le mont Casio qui domine comme un géant la plaine d'Antioche ; l'autre chaîne au nord, est celle de l'Aman. Oh ! vous verrez à Séleucie et à Antioche quels travaux ont fait les romains ! Ils ne pouvaient rien faire de plus grand. Un port qui est un des meilleurs avec trois bassins et des canaux et des jetées et des digues. Il n'y en a pas autant en Palestine. Mais la Syrie est meilleure que d'autres provinces de l'Empire..."   

Ses paroles tombent dans un silence glacial. Même Sintica qui étant grecque, est moins susceptible que les autres, serre les lèvres et son visage prend plus que jamais le relief d'un visage de médaille ou de bas-relief : un visage de déesse, dédaigneuse de contacts terrestres.     

Le crétois s'en aperçoit et il s'excuse : "Que voulez-vous ! Au fond je gagne ma vie avec les romains !..."        

La réponse de Sintica est tranchante comme un coup de sabre "Et l'or émousse le fil à l'épée de l'honneur national et de la liberté", et elle le dit sur un tel ton et dans un latin si pur que l'autre en reste pétrifié...       

Puis il ose demander : "Mais n'es-tu pas grecque ?"

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56> "Je suis grecque. Mais, toi, tu aimes les romains. Je te parle dans la langue de tes maîtres, pas dans la mienne, celle de la Patrie martyre."        

Le crétois est confus et les apôtres éprouvent un muet enthousiasme pour la leçon qu'elle donne au panégyriste de Rome. Celui-ci pense bien détourner la conversation en demandant par quel moyen ils iront de Séleucie à Antioche.  

"Avec nos jambes, homme" répond Pierre.   

"Mais c'est le soir. Il fera nuit quand vous débarquerez..."     

"Il y aura où dormir."

"Oh ! certainement. Mais vous pourriez dormir aussi ici jusqu'à demain."       

Jude Thaddée, qui a déjà vu apporter tout ce qu'il faut pour un sacrifice aux dieux, qui sera peut-être fait à l'arrivée au port, dit : "Pas besoin. Nous te sommes reconnaissants de ta bonté, mais nous préférons descendre. N'est-ce pas, Simon ?"        

"Oui, oui. Nous aussi nous devons faire nos prières et... ou toi et tes dieux, ou bien nous et notre Dieu."          

"Faites comme vous croyez. Il me plaisait de faire une chose agréable au fils de Théophile."   

"Et nous aussi au Fils de Dieu, en te persuadant qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Mais tu es un rocher inébranlable. Comme tu vois, nous sommes pareils. Mais qui sait si un jour, on ne se reverra pas, en te retrouvant moins entêté..." dit le Zélote.            

Nicomède fait un geste comme pour dire : "Qui sait quand ?" Un geste d'indifférence ironique devant l'invitation de reconnaître le Dieu vrai et d'abandonner le faux. Puis il reprend son poste de pilote car désormais le port est tout proche.   

"Descendons prendre les coffres. Débrouillons-nous tous seuls. J'ai hâte de quitter cet infect païen" dit Pierre. Et ils descendent tous, sauf Sintica et Jean.

Eux, les deux exilés, sont près l'un de l'autre et ils regardent les digues qui approchent toujours plus.           

"Sintica, un autre pas vers l'inconnu, un autre arrachement au doux passé, une autre agonie, Sintica... Je n'en peux plus..."          

Sintica lui prend la main. Elle est très pâle, affligée. Mais elle est toujours la femme forte qui sait donner de la force : "Oui, Jean, un autre arrachement, une autre agonie. Mais ne dis pas : un autre pas vers l'inconnu... Ce n'est pas juste. Nous connaissons notre mission ici. Jésus l'a dite. Nous n'allons donc pas vers l'inconnu mais, au contraire, nous nous fondons de plus en plus avec ce que nous connaissons, avec la Volonté de Dieu.   

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57>
Il n'est pas juste non plus de dire : "un autre arrachement". Nous nous unissons à sa volonté L'arrachement sépare. Nous, nous nous unissons. Il n'y a donc pas d'arrachement. Nous nous séparons uniquement de tous les plaisirs sensibles de notre amour pour Lui, notre Maître, en gardant les délices suprasensibles, en portant l'amour et le devoir à un niveau ultra-terrestre. En es-tu persuadé qu'il en est ainsi ? Oui ? Et alors, tu ne dois pas dire non plus : "une autre agonie". L'agonie annonce une mort prochaine mais nous, en rejoignant le plan spirituel pour en faire notre demeure, notre atmosphère et notre nourriture, nous ne mourrons pas, mais "nous vivons" car ce qui est spirituel est éternel. Par conséquent nous montons vers une vie plus vivante qui anticipe la grande Vie des Cieux. Donc, allons ! Oublie d'être l'homme-Jean, et souviens-toi que tu es le destiné au Ciel. Raisonne, pense, agis et espère seulement comme étant un citoyen de cette Patrie immortelle..."            

Les autres reviennent avec leurs charges, juste au moment de l'entrée majestueuse du navire dans le port de Séleucie.        

"Et maintenant filons au plus tôt vers la première auberge que nous verrons. Il y en a certainement tout près, et demain... en barque ou en char nous irons vers notre destination."

Au milieu des coups de sifflets stridents de commandement du navire aborde et on descend la passerelle.          

Nicomède s'approche des partants. "Adieu, homme. Et merci" dit Pierre au nom de tous.

"Adieu, hébreux. Et merci aussi de ma part. En suivant cette rue vous trouverez tout de suite un logement. Adieu."    

Les apôtres descendent du navire, lui s'éloigne vers son autel et pendant que Pierre et les autres, chargés comme des porteurs, vont se reposer, le païen commence son rite inutile...

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[1] Dieu de l’Amour et de la puissance créatrice dans la mythologie grecque.

[2] Personnification de la Mort dans la mythologie grecque.

[3] Voir la fiche descriptive. Il est intéressant de la comparer à ce qu'en dit le crétois.