"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  2.108. - Discorso ai vendemmiatori e guarigione di un bambino paralitico.

  1.108. - Jesus at the Vintage in the House of Anne. Miracle of a Paralytic Child.


mardi 
24 septembre 27
24 Eloul
Environs de
Meiéron



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La crainte de Dieu 

Actions honnêtes 

L'intercession de Marie

La guérison du jeune enfant


- Jésus s'arrête chez un couple âgé 410

- La joie de posséder le Messie pour Marie et Anne 411

- Jésus se prépare à parler dans la cour 412

- [Commentaire de M. V. : Caresses de Jésus] 412

- Discours (Crainte de Dieu, amour et jubilation 413

- Droiture de l'intention 414

- Amour de Dieu et du prochain) 415

- Guérison d'un enfant paralytique 416

 

2.75.
Jésus à la vendange dans la maison d’Anne. 
Miracle de l’enfant paralytique


410> Toutes les campagnes de Galilée sont occupées au gai travail de la vendange. Les hommes grimpés sur de hautes échelles font la cueillette sur les tonnelles et les pieds de vigne. Les femmes, le panier sur la tête, apportent les grappes rouges et dorées aux fouleurs qui les attendent. Chants, rires, plaisanteries circulent de coteau à coteau, de jardin à jardin. 411> En même temps se répand l'odeur du moût, et les abeilles, en grand nombre, bourdonnent dans une sorte d'ivresse, volant rapides et en dansant sur les sarments encore riches de petites grappes jusqu'aux paniers et aux cuves où les grains disparaissent méconnaissables dans la trouble bouillie du moût. Les enfants, barbouillés de suc comme autant de faunes, poussent des cris d'hirondelles, en courant sur l'herbe dans les cours, sur les chemins.

Jésus s'est dirigé vers un pays à peu de distance du lac. Un pays de plaine, cependant, qui forme une sorte de dépression entre deux chaînes montagneuses qui s'orientent vers le nord. La plaine est bien irriguée, parce qu'un fleuve (je pense que c'est le Jourdain) la traverse[1], Jésus passe par la route principale et beaucoup le saluent aux cris de : "Rabbi ! Rabbi !" Jésus passe et béni.

Avant d'arriver au pays, il y a une riche propriété et, à l'entré un couple âgé attend le Maître. "Entre. Quand le travail va finir tous se presseront pour t'écouter. Quelle joie tu apportes ! Venant de Toi, elle se répand comme la sève dans les sarments et devient un vin qui réjouit les cœurs. C'est ta Mère ?" demande le maître de maison.

"C'est elle. Je l'ai amenée parce que maintenant elle est dans la troupe de mes disciples. La dernière dans l'ordre de l'accueil la première dans l'ordre de la fidélité. C'est l'Apôtre. Elle m'a prêché dès avant ma naissance... Mère, viens. Un jour, c'était dans les premiers temps que j'évangélisais, cette mère m'empêcha de te regretter, tant elle fut douce avec ton Fils fatigué."

"Que le Seigneur te donne sa grâce, femme compatissante."

"Je possède la grâce parce que je possède le Messie et toi. Viens. La maison est fraîche et la lumière adoucie. Tu pourras te reposer. Tu dois être fatiguée."

"Il n'y a pour moi d'autre lassitude que la haine du monde. Mais le suivre et l'entendre, ça été mon désir depuis ma plus lointaine enfance."

"Tu savais que tu serais la Mère du Messie ?"

"Oh ! non. Mais j'espérais vivre assez pour pouvoir l'entendre et le servir, la dernière des évangélisés, mais fidèle ! oh ! Fidèle !"

"Tu l'entends et tu le sers, et pour cette joie, tu as été la première. Je suis mère, moi aussi, et j'ai des fils qui sont sages. Quand je les entends parler, mon cœur bat de fierté. Et toi, qu'éprouves-tu quand tu l'entends ?"

412> "Une suave extase. Je me perds dans mon néant et la Bonté, qui n'est autre que Lui-même, me soulève également avec Lui. Je vois alors, dans un simple regard, la Vérité Éternelle et elle se fait la chair et le sang de mon esprit."

"Béni soit ton cœur ! Il est pur, et pour cette raison il comprend le Verbe. Nous, nous sommes plus durs, parce que remplis de fautes..."

"C'est pour cela que je voudrais donner à tout le monde mon cœur, car l'amour leur serait lumière pour comprendre. Parce que, crois-le, c'est l'amour qui rend facile toute entreprise et moi, je suis la Mère et en moi l'amour coule de source."

Les deux femmes parlent encore entre elles, la vieille près de la Mère de mon Seigneur, si jeune, toujours si jeune. Pendant ce temps, Jésus parle avec le maître près des cuves où des groupes et des groupes de vendangeurs déversent des grappes et encore des grappes. Les apôtres, assis à l'ombre d'une tonnelle de jasmins, mangent de bon appétit des raisins et du pain.

La journée arrive au crépuscule et le travail cesse lentement. Les paysans[2] sont maintenant tous dans la grande cour rustique où se répand l'odeur des raisins écrasés. D'autres paysans viennent aussi des maisons voisines.

Jésus monte sur un escalier qui conduit à une aile à arcades, sous laquelle sont abrités des sacs de produits et des instruments agricoles. Comme il sourit, Jésus, en montant ces quelques marches ! J'aperçois son sourire à travers ses cheveux soyeux que fait onduler la brise du soir. Et je voudrais savoir le pourquoi de ce sourire si lumineux. La joie de ce sourire, comme le vin dont parlait le maître de la maison, entre dans mon cœur, très triste aujourd'hui, et le soulage. 


Ce n'est pas la première chose qui me soulage aujourd'hui. Ce matin, et déjà vous m'aviez vu pleurer pour une souffrance spirituelle toujours plus vive, au moment de la Communion, Il m'était apparu comme toujours quand vous dites : "Voici l'Agneau de Dieu". Mais Il ne s'était pas borné à vous regarder avec amour, Père, et à me sourire. Il avait quitté sa place à gauche du lit et était passé à droite, de son pas allongé, ondoyé légèrement en avant et Il était venu à ma droite, me donnant, de ses mains allongées, des caresses sensibles et en me disant : "Ne pleure pas !..." Mais maintenant, son sourire m'inonde de paix.


413> Il se retourne. Il s'assied sur la dernière marche, au haut de l’escalier qui devient une tribune pour les plus favorisés des auditeurs. C'est à dire les maître et maîtresse de la maison, les apôtres et Marie. Celle-ci, toujours humble, n'avait pas cherché à monter à cette place d'honneur, mais y avait été amenée par la maîtresse. Elle est assise exactement sur la marche au dessous de Jésus, de sorte que sa tête blonde est au niveau des genoux du Fils et, assise de côté, elle peut regarder sa figure, de son regard de colombe enamourée. Le doux profil de Marie se détache clair comme sur un marbre, sur le mur sombre du rustique bâtiment.

Plus bas se trouvent les apôtres et les propriétaires. Dans la cour, tous les paysans, les uns debout, d'autres assis par terre d'autres grimpés sur les cuves et les figuiers qui sont aux quatre coins de la cour.

Jésus parle lentement, en plongeant la main dans un gros sac de graines qui est derrière Marie. Il semble jouer avec elles ou les caresser par plaisir, pendant que sa main droite fait des gestes paisibles.

"On m'a dit : "Viens, Jésus, bénir le travail de l'homme". Et je suis venu. Au nom de Dieu, je le bénis. Car tout travail, quand il est honnête, mérite bénédiction du Seigneur Éternel. Mais, je l'ai dit : la première condition pour avoir la bénédiction de Dieu, c'est d'être honnête en toutes ses actions.

Maintenant, regardons ensemble quand, et à quelles conditions les actions sont honnêtes. Elles le sont, quand on les accompli en ayant présent à l'esprit le Dieu Éternel.

Peut-il jamais pécher celui qui dit : "Dieu me regarde. Dieu à les yeux sur moi, et de mes actions aucun détail ne Lui échappe". Non. Il ne le peut. Car la pensée de Dieu est une pensée salutaire et plus que toute menace humaine, elle éloigne l'homme du péché. Mais doit-on seulement Le craindre, l'Éternel Dieu ?

Non. Écoutez. Il vous a été dit : "Crains le Seigneur ton Dieu"[3] Et les Patriarches ont tremblé, et ont tremblé les Prophètes quand le Visage de Dieu ou un ange du Seigneur est apparu à leurs esprits de justes. Et, en réalité, au temps de la colère divine, l'apparition du surnaturel devait faire trembler le cœur. Qui, même s'il est pur comme un petit enfant, ne tremble pas devant le Puissant, devant l'éclat éternel duquel se tiennent en adoration les anges empressés à redire l'alléluia paradisiaque ? L'insoutenable éclat d'un ange, Dieu le tempère par un voile de pitié, pour permettre à l'œil humain de le contempler sans que soient brûlés sa pupille et son esprit. Que sera-ce donc que de voir Dieu ?

414> Mais cela est tant que dure la colère. Quand à sa place arrive la paix, et le Dieu d'Israël dit : "Je l'ai juré et je tiendrai parole. Voici Celui que j'envoie, et c'est Moi, tout en n'étant pas Moi, mais ma Parole qui se fait chair pour être Rédemption"[4], alors à la crainte doit succéder l'amour et c'est seulement l'amour qu'il faut donner au Dieu Éternel, joyeusement, car l'âge de la paix est venu polir la terre et entre Dieu et l'homme. Quand les premiers vents du printemps répandent le pollen des fleurs de la vigne, l'agriculteur doit encore craindre, car tant d'embûches peuvent être tendues au fruit par les intempéries et les insectes. Mais quand arrive l'heure joyeuse de la vendange, voici qu'alors cesse toute crainte, et le cœur jubile dans la certitude de la récolte.

Annoncé à l'avance par les Prophètes, le Rejeton de la souche de Jessé est venu. Maintenant, il est parmi vous, grappe merveilleuse qui vous apporte le suc de l'Éternelle Sagesse et qui ne demande qu'à être cueillie et pressée pour être le Vin pour les hommes. Vin de joie sans fin pour ceux qui se nourriront de Lui. Cependant, malheur à ceux qui, ayant eu ce Vin à leur portée, l'auront repoussé et trois fois malheur à ceux qui, après s'en être nourris, l'auront rejeté ou mélangé en eux aux mets de Mammon.

Et voilà que je reviens à ma première idée. La première puissance pour avoir la bénédiction de Dieu, tant sur les œuvres spirituelles que sur les humaines, c'est la droiture de l'intention.

Il est honnête celui qui dit : "Je suis la Loi, non pour être loué par les hommes, mais par fidélité à Dieu". Il est honnête celui qui dit : "Je suis le Christ, non pour les miracles qu'il fait, mais pour les conseils de vie éternelle qu'il me donne". Il est honnête encore celui qui dit : "Je travaille non par recherche avide du lucre, mais parce que le travail a été établi par Dieu comme moyen de sanctification car il a le pouvoir de former, de mortifier, de préserver, d'élever. Je travaille pour pouvoir aider mon prochain. Je travaille pour faire resplendir les prodiges de Dieu, qui d'un grain minuscule fait une touffe d'épis, d'une semence de raisin une grande vigne, d'un noyau un arbre, et de moi, homme, pauvre rien, tiré du néant par son vouloir, fait son aide dans l’œuvre infatigable de perpétuer les blés, les vignes et les fruits, ainsi que peupler la terre des hommes".

415> Il y a des personnes qui travaillent comme des bêtes de somme, mais sans autre religion que celle-ci : augmenter leurs richesses. Meure-t-il à leurs côtés le compagnon plus dépourvu, de privations et d'épuisement ? Les fils de ce misérable meurent-ils de faim ? Qu'importe à celui qui ne pense qu'à accumuler des richesses ! Il y en a d'autres qui, encore plus durs, ne travaillent pas, mais font travailler et entassent les richesses en exploitant la sueur des autres. D'autres encore qui dilapident ce que par cupidité ils tirent des fatigues d'autrui. En vérité, pour ceux-ci, ce n'est pas un travail honnête. Et ne dites pas : "Et pourtant Dieu les protège". Non. Il ne les protège pas. C'est pour eux aujourd'hui une heure de triomphe. Mais ils seront bientôt frappés par la sévérité de Dieu. Et, en ce temps ou dans l'éternité Il leur rappellera le précepte : "Je suis le Seigneur ton Dieu. Aime-Moi par-dessus toutes choses et aime le prochain comme toi-même". Oh ! alors, si ces paroles résonnent dans l'éternité, elles seront plus redoutables que les foudres du Sinaï !

Nombreuses, trop nombreuses sont les paroles que l'on vous dit. Moi, je ne vous dis que celles-ci : "Aimez Dieu. Aimez le prochain". Elles sont comme le travail qui féconde le cep quand on le pratique au pied de la vigne, au printemps. L'amour de Dieu et du prochain, c'est comme la herse qui nettoie le sol des herbes nuisibles de l'égoïsme et des mauvaises passions. C'est comme la pioche qui creuse un cercle autour du pied de vigne pour l'isoler des herbes parasites et le nourrir avec les eaux fraîches de l'arrosage. C'est comme la serpette qui supprime les pousses superflues pour condenser la sève et la diriger là où doit se former le fruit. C'est le lacet qui serre la plante contre le tuteur solide qui la soutient, et enfin c'est le soleil qui fait mûrir les fruits de la bonne volonté et en fait des fruits de vie éternelle.

Maintenant, vous êtes joyeux parce que l'année a été bonne, les moissons riches et la vendange abondante. Mais en vérité je vous dis que cette joie que vous éprouvez est moins qu'un grain de sable, en comparaison de la joie sans mesure que vous aurez quand le Père Éternel vous dira : "Venez mes sarments féconds, greffés sur la vraie Vigne. Vous vous êtes prêtés à toutes les opérations, même quand elles étaient pénibles, pour donner beaucoup de fruit, et maintenant venez à Moi, riches des doux sucs de l'amour envers Moi et le prochain. Épanouissez-vous dans mes jardins pour l'éternité entière ".

416> Tournez-vous vers cette joie éternelle. Attachez-vous fidèlement à la poursuite de ce bien. Avec reconnaissance, bénissez l'Éternel qui vous aide à l'atteindre. Bénissez-Le pour la grâce de sa Parole, bénissez-Le pour la grâce d'une bonne récolte. Aimez le Seigneur en reconnaissant ses bienfaits et soyez sans crainte. Dieu donne le cent pour un à qui l'aime."

Jésus aurait fini, mais tous se mettent à crier : "Bénis, bénis ! Ta bénédiction sur nous !"

Jésus se lève, ouvre les bras et dit d'une voix de tonnerre : "Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Qu'il vous montre sa Face et ait pitié de vous. Que le Seigneur abaisse sur vous son Visage et vous donne sa paix. Que le Nom du Seigneur soit dans vos cœurs, sur vos maisons et sur vos champs."

La foule, la petite foule qui s'était rassemblée, pousse un cri de joie et acclame le Messie. Mais après, elle se tait et s'ouvre pour laisser passer une mère qui a sur les bras un garçon d'environ dix ans, paralytique. Au bas de l'escalier, elle le présente comme pour l'offrir à Jésus.

"C'est une de mes servantes" explique le maître de maison. "Son garçon est tombé l'an dernier du haut de la terrasse et s'est abîmé les reins. Toute sa vie il lui faudra rester couché sur le dos."

"Elle a espéré en Toi, tous ces derniers mois.." ajoute la maîtresse.

"Dis-lui qu'elle vienne à Moi." Mais la pauvre femme est tellement émue qu'il semble que c'est elle qui est paralysée. Elle tremble de tous ses membres et s'empêtre dans son long vêtement en montant les hautes marches avec son fils sur les bras.

Marie s'est levée, compatissante et descend à sa rencontre : "Viens, ne crains pas. Mon Fils t'aime. Donne-moi ta créature, tu monteras plus facilement. Viens, ma fille. Je suis mère, moi aussi." et elle lui prend l'enfant, auquel elle sourit doucement, en montant avec la charge pitoyable qu'elle porte sur ses bras.

Marie est maintenant devant Jésus. Elle s'agenouille et dit : "Fils ! Pour cette mère !" Rien d'autre.

Jésus ne pose pas non plus son habituelle question : "Que veux- tu que je te fasse ? Crois-tu que je puisse le faire ?" Non. Il sourit et dit : "Femme, viens ici."

417> La femme va juste à côté de Marie. Jésus lui met une main sur la tête et dit simplement : "Sois contente", et il n'a pas achevé la parole que l'enfant, qui reposait lourdement sur les bras de Marie avec les jambes inertes, s'assied brusquement et avec un cri joyeux : "Maman !" court se réfugier sur le sein maternel. Les hosannas semblent vouloir pénétrer dans le ciel que rougit le crépuscule. La femme, avec son fils serré contre son cœur, ne sait que dire et Lui demande : "Que dois-je, que dois-je faire pour te dire que je suis heureuse ?"

Et Jésus lui dit, en la caressant encore : "Être bonne, aime Dieu et ton prochain, et élever ton fils dans cet amour."

Mais la femme n'est pas encore contente. Elle voudrait... elle voudrait... et finit par demander : "Un baiser de Toi et de ta Mère à mon petit."

Jésus se penche et le baise, et Marie aussi. Et, pendant que la femme s'éloigne radieuse au milieu des acclamations d'un cortège d'amis enthousiastes, Jésus explique à la maîtresse : "Il ne fallait pas plus. Lui était dans les bras de ma Mère. Même sans qu'Elle parle, je l'aurais guéri. Elle est heureuse quand Elle peut consoler une affliction et Moi, je veux lui faire plaisir."

Et entre Jésus et Marie c'est un de ces regards que seul celui qui a vu peut comprendre, tant leur signification est profonde.


[1] Dans les environs du lac de Méron. Cf. 2.77.

[2] Parmi eux, il y a Jacob de Méron.