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La loi spirituelle

Le Christ prodigue l'amour pour favoriser votre réciprocité

Le Royaume de Dieu, c'est le Notre Père en action

Les voix intérieures, qui dictent le bien, sont communes à tous les hommes

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Leçons sur l'Epître de Saint Paul aux Romains
Leçon n° 24 : Commentaires de Romains 7, 14-25


La loi est spirituelle : aimer avec son cœur, son âme et son intelligence - La triple concupiscence d'AdamLa triple rectitude de JésusJésus ne propose sa Croix et son sort qu'aux âmes de prédilectionLa prédestination à la GloireDieu n'aime pas le quiétisme - L'orgueil spirituel de Lucifer, Adam et JudasLe libre-arbitre est donné avec la science du bien et du malLa prédestination à la gloire n'est pas un don, mais une conquêteLe Purgatoire et les Limbes disparaîtront. La Gloire immédiate des justesLe Christ prodigue l'amour pour favoriser la réciprocité - Vous avez été rachetés par l'amour avant même de l'avoir été par le Sang et par la Mort du Fils de Dieu - Tout le créé, visible et invisible, est l'œuvre de l'amour - Vous pouvez et vous devez devenir des ChristL'homme n'a plus d'excuses - L'homme de bonne volonté peut tout s'il demeure uni à Jésus ChristL'amour conduit à l'adoration - L'homme uni à DieuLe Royaume de Dieu, c'est le Notre Père en actionLes voix intérieures qui dictent le bien, sont communes à tous les hommesL'Église et le Royaume de Dieu


 


Table des matières

CHAPITRE VII  

Impuissance de la Loi dans la lutte entre la chair et l'esprit.
            
14 Nous savons en effet que la Loi est spirituelle; mais moi je suis charnel, vendu et sujet du péché. 15 Je ne sais pas ce que je fais : je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je déteste. 16 Or, si je fais ce que je ne voudrais pas, je reconnais par-là que la loi est bonne. 17 Mais alors ce n'est plus moi qui opère mais le péché qui m'habite.           
18 Car je sais que le bien n'habite pas en moi, dans ma chair. J'ai bien la volonté de faire le bien, mais je ne trouve pas le moyen de le faire, 19 car je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas. 20 Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui habite en moi.
21 Je trouve donc cette loi en moi : quand je veux faire le bien, le mal m'est déjà à côté. 22 En fait je prends plaisir dans la Loi de Dieu, selon l'homme intérieur, 23 mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. 24 Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? 25 La grâce de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc moi-même alors que par l'esprit je suis l'esclave de la Loi de Dieu, par la chair (je le suis) de la loi du péché.

RETOURS AUX FICHES

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Samedi 29 mai – Jeudi 3 juin 1948.    

Le Doux Hôte dit :    

 La Loi est spirituelle. Elle demeure telle même lorsqu'elle interdit des choses matérielles.  

Dans le Décalogue, à vrai dire, les préceptes purement spirituels sont les trois premiers
[1]. Les sept autres, et surtout les six derniers, interdisent des actes qui sont susceptibles de nuire à votre prochain, à sa vie, à sa propriété, à ses droits, à son honneur. On pourrait alors objecter que la Loi est "spirituelle", oui, parce qu'elle vient de Dieu, mais que cela n'est pas tout à fait juste, du moment qu'elle interdit, pour au moins les deux tiers, des actes matériels que Dieu désapprouve.        

Alors il faut comprendre qu'au-dessus des dix Commandements de la Loi parfaite, il y a la perfection de la Loi, elle-même, avec les deux commandements donnés par le Verbe enseignant : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu avec tout ton cœur, toute ton âme et tout ton esprit
[2]. Voilà le plus grand commandement, le premier entre tous. Le deuxième est semblable au premier : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la Loi, ainsi que les prophètes, dépend de ces deux commandements".  

À la lumière de la Lumière qui est le Verbe, s'illumine la spiritualité contenue dans la Loi, donnée pour faire vivre dans l'amour. Parce que toute la Loi est fondée sur l'amour et vit pour l'amour. Or, l'amour est chose spirituelle, quelles que soient les créatures ou l'Etre vers lesquels il se tourne. 

Triple amour de Dieu: amour du cœur, de l'âme, de l'intellect. En effet, dans l'homme se retrouve une petite trinité: la matière (cœur), l'âme (esprit), l'intelligence (raison). Il est juste que ces trois choses que Dieu a créées pour former une créature unique — l'homme — témoignent à Dieu leur reconnaissance pour l'existence qu'elles ont reçue de lui.       

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 Amour triple, donc : amour du cœur, de l'âme, de l'intelligence. Adam a péché avec son cœur (concupiscence de la chair), avec son âme (concupiscence de l'esprit) et avec sa tête (concupiscence de la raison). Ainsi il est sorti de l'ordre. Il a abusé des dons reçus de Dieu. Il a offensé Dieu avec les mêmes dons que Dieu lui avait accordés pour que l'homme puisse lui ressembler et le glorifier.  

C'est avec les choses qui ont péché qu'il faut réparer le péché, effacer l'offense, rétablir l'ordre violé. 

Pour faire cela et vous redonner "grâce et vérité", et en mesure pleine, débordante, inépuisable, le Verbe s'est fait chair. 

Par cela même que le premier homme a péché, l'Homme-Dieu répare. Il vous enseigne par son exemple encore plus que par sa doctrine. Bien que cette dernière soit parfaite, vous pourriez juger impossible sa pratique. Il est Maître par ses paroles, mais aussi par son exemple. Tout ce qu'il a fait, vous aussi pouvez le faire.       

En chaque homme persiste l'héritage d'Adam comme si Adam s'y cachait. À l'instar du premier Adam chaque homme dans l'épreuve peut se révéler faible. Mais le Christ est venu afin que vos chutes soient réparées, et vos plaies guéries; afin que la Grâce vivifiante soit rétablie en vous lorsque, dans les épreuves de tous les jours, votre faiblesse vous fait tomber dans la mort spirituelle d'où le Baptême vous avait sortis. Jésus-Christ est venu pour être pour vous Maître et Modèle, et pour que vous soyez pour lui des disciples et des frères, non seulement de nom et d'appartenance, mais aussi en esprit et en vérité, en l'imitant dans la perfection du triple amour que lui-même a eu pour le Père.

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 Par ce triple amour, Jésus a été fidèle à la justice de la chair
[3], tout en restant libre d'accepter ou de refuser les tentations comme n'importe quelle autre personne.        

Par ce triple amour, Jésus fut parfait dans la justice de l'âme, c'est-à-dire dans l'obéissance à l'ancien précepte divin: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu". En effet, il ne s'est pas jugé exempté de ce devoir en raison du fait qu'il était Dieu comme son Géniteur Eternel, ni parce qu'il était Homme-Dieu, vrai Homme et vrai Dieu grâce à l'union hypostatique
[4] des deux Natures (il ne l'était pas par une infusion temporaire de l'Esprit de Dieu dans une chair choisie à ce dessein, ni par l'union morale d'un homme juste avec son Dieu). L'union hypostatique, elle a eu lieu sans que la nature divine soit modifiée par son contact avec la nature humaine, et sans que la nature humaine — composée de chair, de raison et d'esprit — ait été altérée par cette union avec la nature divine.

Enfin, par ce triple amour, Jésus a été sublime dans la justice de son intelligence car il a soumis sa parfaite intelligence non seulement à la Loi divine — comme tout homme doit le faire lorsque cette Loi lui est dévoilée — mais aussi aux projets que le Père avait sur lui et par lui. En tant qu'Homme, il a accepté chaque chose proposée par le Père, il a accompli tous ses devoirs d'obéissance, jusqu'au dernier: la mort sur la croix.

"Devenu serviteur"
[5] en faveur de l'Humanité déchue, Jésus a dépassé la limite qu'il avait lui-même placée pour indiquer aux hommes le chemin de l'amour parfait. Il n'a pas imposé aux hommes le sacrifice total comme terme d'amour obligatoire pour posséder le Ciel. Dans son deuxième commandement d'amour, il vous demande d'aimer votre prochain seulement "comme vous-mêmes". Quant à lui, il est allé au-delà de ce précepte. Il ne s'est pas contenté d'aimer son prochain comme il s'aimait lui-même. Il l'a aimé bien davantage car pour faire du "bien" à son prochain il a sacrifié sa vie. Il l'a consumée dans la douleur et dans la mort. Mais à vous il n'en demande pas autant. Lorsque la grande majorité des membres de son Corps Mystique portent leur petite croix de tous les jours et aiment leur prochain comme ils s'aiment eux-mêmes, il est satisfait.   

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 Ce n'est qu'à ses âmes de prédilection, son élite, que Jésus propose sa Croix et son sort. Il leur dit: "Aimez-vous comme je vous ai aimés"
[6]. Et il insiste: "Personne n'aime autant que celui qui donne sa vie pour ceux qu'il aime". Et il ajoute pour finir: "Vous êtes mes amis si vous faites ce que j'ordonne".          

La prédestination n'est jamais séparée de l'héroïsme. Les saints sont des héros. D'une manière ou d'une autre, c'est-à-dire selon la manière que Dieu leur propose, la vie des saints est héroïque. Ils savent ce qu'ils font, où cela conduit de faire ce qu'ils font, mais cela ne leur fait pas peur. Ils savent aussi que ce qu'ils font sert à continuer la Passion du Christ, à augmenter les trésors de la Communion des Saints, à préserver le monde des châtiments de Dieu, et à arracher à l'Enfer beaucoup d'âmes tièdes et pécheresses qui ne pourraient se sauver de la damnation sans leur immolation. Car la tiédeur, elle aussi, conduit l'âme à la mort. Elle le fait lentement, par un refroidissement graduel en étouffant progressivement la charité que chaque homme doit cultiver pour être capable de vivre en Dieu. Cette langueur spirituelle conduit lentement l'âme à la mort. 

Si la prédestination était disjointe de la volonté héroïque de la créature, il y aurait injustice. Or, Dieu ne peut vouloir que ce qui est juste. Ici je parle de la prédestination à la sainteté. Cette prédestination est proclamée par la justice de la vie et par les faits extraordinaires qui, dans la vie de la personne prédestinée et fidèle à sa prédestination de gloire, foisonnent comme les étoiles dans le ciel, et continuent à être proclamés par des miracles même après la mort du prédestiné.          

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 Autre chose est la prédestination à la Grâce commune à
tous les hommes, que Dieu donne gratuitement en mesure suffisante pour que l'homme réalise son salut, et autre chose la prédestination à la gloire. Celle-ci est accordée à ceux qui, pendant leur vie terrestre, font un bon usage du don de la Grâce. À ceux qui demeurent fidèles à cette Grâce malgré les tentations et les épreuves, et aussi malgré les dons extraordinaires que l'homme devrait toujours accepter avec joie et reconnaissance, mais sans jamais les prétendre, et jamais gaspiller une fois reçus, comme cela se produit lorsqu'on présume que l'amour de prédilection dont on est l'objet donne la garantie de posséder déjà la gloire. C'est une erreur que de s'imaginer qu'on n'a pas besoin de lutter et de persévérer dans l'héroïsme pour parvenir à cette gloire.          

 Dieu n'aime pas le quiétisme
[7] dans lequel dégénèrent parfois les premiers élans d'un esprit qui au début avait été appelé à une vie extraordinaire. L'orgueil spirituel et la gourmandise spirituelle Lui répugnent pareillement. Ce sont deux péchés contre lesquels les personnes, que Dieu gratifie de ses dons extraordinaires, ne sont pas immunisées. Les personnes à qui Dieu accorde des dons extraordinaires peuvent être confirmées dans leur mission, ou en être privées si jugées indignes. Il s'agit du péché de Lucifer, d'Adam et de Judas de Kériot. Parce qu'ils avaient reçu beaucoup, ils ont voulu tout. S'étant perçus comme des "dieux" du fait que Dieu les avait élus, sûrs de pouvoir se sauver sans aucun mérite, par le seul amour accordé par Dieu, ils se sont rendus coupables d'un péché extrêmement grave. Ils ont misé uniquement sur la Bonté divine. Or celle-ci est parfaite. Ils n'ont pas songé que, si infinie soit-elle, elle ne deviendra jamais sottise ou injustice. 

Il est certain que Dieu connaît ceux qui demeureront fidèles jusqu'à la fin, tandis que l'homme ne sait pas s'il sera fidèle jusqu'à la fin.                    

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 Cela aussi est justice. En effet, si Dieu voulait que chaque homme fût sauvé en dépit de son libre arbitre, qui très souvent est un obstacle à l'obtention de la gloire — car pour l'homme il n'est pas facile de se servir convenablement du don royal du libre arbitre, que Dieu lui accorde pour lui permettre de choisir librement les bonnes actions et mériter ainsi de parvenir au bonheur éternel — Dieu obligerait chaque homme à ne plus pécher. Mais si Dieu agissait ainsi, il trahirait sa promesse à l'égard de la liberté de l'individu, que lui-même crée avec déjà en possession de tous les dons nécessaires à distinguer le bien du mal, à comprendre la loi morale et la loi divine, à poursuivre et à atteindre le but de son existence.  

Non seulement, mais pour chaque prédestiné disparaîtrait la cause de sa gloire, c'est-à-dire l'héroïsme qui lui permet de rester fidèle au but pour lequel Dieu lui a accordé l'existence, et l'héroïsme qui lui permet d'utiliser, mais de façon sainte, les dons reçus de Dieu. Ces dons sont les fruits admirables de l'Amour divin qui voudrait que chaque homme parvienne au salut et au bonheur éternel, mais qui en même temps veut que l'homme soit en condition de choisir librement entre une éternité de gloire d'une part, et une éternité de douleur de l'autre.  

Il est juste aussi que vous ignoriez votre sort final aujourd'hui. La motivation vous ferait défaut si vous connaissiez votre futur éternel qui stimule les justes à agir pour mériter la vision béatifique de Dieu, bonheur sans limites. Vous risqueriez de tomber dans le quiétisme, ou dans l'orgueil, de façon temporaire peut-être, mais suffisante pour que, ensuite, votre expiation soit prolongée et votre degré de gloire, amoindri. Les injustes, par contre, se sentiraient poussés à agir comme de véritables démons. Ils parviendraient à haïr et à blasphémer Dieu ainsi qu'à haïr et à nuire à leur prochain sans aucune retenue, sachant d'avance que l'enfer les attend.        

Non. Chaque créature douée de raison doit choisir librement le but qu'elle préfère et la voie qui lui plaît. En connaissant la Loi et la fin à laquelle conduit l'obéissance ou la désobéissance à cette Loi, la créature possède ce dont elle a besoin pour effectuer son choix. Mais elle doit ignorer ce que Dieu seul connaît par son savoir infini. De la sorte le stimulus de l'amour pur demeure actif chez les justes, qui leur méritera la gloire; et aussi de sorte que les pervers ont toute la liberté de choisir ce qui leur plaît, de préférer le péché et le délit à la justice et à l'amour. Ainsi, à l'heure de la condamnation divine, les gens pervers ne pourront pas commettre l'extrême péché contre l'Amour, en lui lançant l'accusation blasphématoire: "J'ai vécu ainsi car tu m'avais déjà placé en enfer, et depuis toujours".

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 La prédestination à la gloire, elle, n'est pas un don gratuitement accordé à tous les hommes. Elle est une conquête, outre qu'un don, à laquelle parviennent ceux qui savent persévérer dans la justice; une conquête obtenue par le bon usage des dons et des secours envoyés par Dieu, et par la bonne volonté qui ne laisse rien tomber de ce que Dieu donne ou propose, mais qui fait trésor de tout pour parvenir à la vision intuitive de Dieu et à sa possession jubilante.

Certains parmi vous objectent: "Mais alors, la gloire est-elle seulement pour ceux qui au moment de leur mort sont des saints? Et les autres? Le Purgatoire est une prison moins douloureuse peut-être, mais il demeure un lieu de contrainte, et il maintient les âmes séparées de Dieu. Les esprits en voie de purification ne sont-ils pas aussi destinés au Ciel ?".

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 Ils le sont. Le jour viendra, ce sera lors du Jugement dernier, où le Purgatoire sera aboli et ses occupants passeront au Royaume de Dieu. Les Limbes, eux aussi disparaîtront car le Rédempteur a racheté tous les hommes qui suivent la justice pour honorer le Dieu de leur foi, et pour s'approcher de lui tel qu'ils le connaissent, de toutes leurs forces.    

Mais, qu'il sera long pour eux le chemin de l'exil après leur vie terrestre ! Qu'il sera long aussi pour ceux qui, bien que catholiques, font le strict minimum pour garder allumée la flamme de leur amour, se contentant de faire à peine le nécessaire pour ne pas mourir en état de péché mortel !        

Quelle différence entre ces derniers, — sauvés plus que par leurs mérites, par les mérites infinis du Sauveur, par l'intercession de Marie, par les trésors de la communion des Saints, les prières et les sacrifices des justes — et ceux qui auront voulu la gloire non par égoïsme mais par amour de Dieu !     

Quelle distance entre ces deux catégories de personnes ! Les premières traînent comme une lourde chaîne un amour qu'ils ont réduit au minimum, elles le traînent avec bien des arrêts, bien de fatigue, bien de murmures de mécontentement, bien d'égarements sur des voies d'égoïsme. Les deuxièmes, elles, imitent Jésus Christ, "aiment comme Jésus a aimé" en donnant même sa vie, en acceptant chacune de leurs croix et en invoquant même d'autres comme don suprême pour sauver les âmes de leur prochain. Ce sont les âmes-victimes. Aux yeux de Dieu, elles se montrent depuis toujours comme "les amis de Jésus", car elles font ce que lui leur demande de faire !          

Éternel présent: "Vous êtes mes amis". Dieu connaît. Conditionnel individuel: "Si vous faites". La conquête d'une amitié exige des actions capables de gagner cette amitié. Mais savoir avec certitude que ces actions vous aident à conquérir l'amitié qui vous intéresse, vous pousse à les accomplir. Ce qui se produit entre les hommes, se produit aussi, et plus parfaitement, entre Dieu et l'homme. 

Jésus, lorsque ses leçons étaient déjà devenues des faits, et que leurs exemples avaient illustré ses paroles, donne sa dernière leçon aux apôtres pour qu'ils puissent atteindre la perfection nécessaire pour être appelés "amis". Et il s'agit de la perfection que Jésus demande à tous les prédestinés à une gloire rapide, la gloire que procure une vie de justice héroïque, parsemée de faits extraordinaires, et prouvée par les miracles qui surviennent après la mort. "Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous ordonne". "Vous l'êtes" déjà : c'est une récompense immédiate pour l'effort que vous vous apprêtez à faire.          

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 Jésus connaissait ses apôtres de la même façon qu'il connait chacun de vous. Il les considérait, comme du reste il vous considère, vous aussi, comme des êtres affaiblis par l'héritage d'Adam, des êtres alourdis par les nombreux éléments qui gênent votre élévation dans les sphères de la perfection. Il sait, et depuis toujours, quelle puissance énorme possède l'amour prodigué à l'avance pour favoriser la réciprocité. L'homme est comme un enfant qui, graduellement, apprend à devenir adulte et à se rendre indépendant du secours d'autrui; il l'apprend à travers tout ce qui lui permet de se reconnaître comme un incapable qui a besoin d'être aidé en tout pour grandir, se nourrir, marcher. Tout homme a besoin en effet d'être aidé par ceux qui sont déjà formés, par ceux qui ont déjà atteint l'âge parfait sur le plan physique, intellectuel et spirituel.           

Alors Jésus se fait "mère" pour transformer l'homme, qui est "un enfant sur le plan spirituel", en adulte de la race choisie, en membre du sacerdoce royal, en hostie vivante qui continuellement s'offre à Dieu, comme le Christ, avec le Christ et pour le Christ, de façon à pouvoir continuer le sacrifice perpétuel qui a commencé avec le Christ et ne connaîtra son terme qu'à la fin des siècles. Le lait avec lequel il vous nourrit, c'est sa Charité. Les bras avec lesquels il vous soutient, c'est sa Charité. Les paroles qu'il vous dit pour vous apprendre la vraie sagesse de la vie, sont sa Charité.       

L'Évangile de Saint Luc dit: "Parce qu'elle a beaucoup aimé, il lui a été beaucoup pardonné"
[8]. Mais qui a emmené à la rédemption cette pécheresse, qui l'a emmenée à beaucoup aimer Celui qui est Saint, sinon le grand amour que le Rédempteur a eu pour elle ? Je l'ai dit : En chaque homme il y a un Adam. Et j'ajoute : "en chaque créature humaine il y a une Marie de Magdala". Ce qui sauve souvent l'âme pécheresse, c'est l'amour infini que Dieu a pour elle.   

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 En vérité vous avez été rachetés par l'amour avant même de l'avoir été par le Sang et par la Mort du Fils de Dieu. Le Sang et la Mort ont été l'accident final de votre rédemption. Mais l'amour que Dieu a pour vous, c'est l'éternel état de Dieu par rapport à vous. Cet amour divin a commencé à vous sauver depuis l'éternité, car vous étiez dans la pensée divine avant même le début du temps. Vous y étiez tous, à partir d'Adam jusqu'au dernier vivant. Vous y étiez avec vos actes d'héroïsme et vos égarements, vos trésors et vos misères. Vous y étiez avec votre grand besoin d'être très fortement aidés, divinement aidés, pour arriver au terme pour lequel vous avez été créés. Dans son Savoir et dans son Vouloir divins, l'Amour avait déjà établi "depuis le début" ce qui était nécessaire pour vous ramener à la Vie comme Humanité et comme individus. Par amour pour vous il a embrassé tout ce qui s'appelle douleur et sacrifice. Pour vous qui parfois êtes si ingrats et souvent si faibles, il s'est immolé depuis toujours.        

Si seulement vous contempliez l'héroïque vouloir du Fils de Dieu, le futur Christ, qui est tel depuis toujours, qui est tel depuis bien avant la Rédemption, depuis bien avant sa Naissance, depuis bien avant son Incarnation, depuis le commencement du monde et bien avant le commencement du monde, en reculant l'immensité d'un temps qui n'est plus temps mais "éternité", vous comprenez que c'est par amour que vous êtes sauvés. De même que "au commencement le Verbe était auprès de Dieu"
[9], de même "au commencement l'amour était auprès de Dieu", plus: il était Dieu. En effet, Dieu n'est qu'Amour. De même qu'il est écrit: "Tout a été fait par Lui"[10], de même il convient d'écrire: "Tout a été fait par le moyen de l'Amour".      

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 Tout le créé, visible et invisible, est l'œuvre de l'amour. Toutes les providences, ainsi que les lois physiques, morales et surnaturelles, sont le produit de l'amour. Toutes les actions de Dieu sont le produit de l'amour.        

Amour, la création de l'univers.         
Amour, la création particulière de l'homme, fils adoptif de Dieu.        
Amour, l'Incarnation du Verbe.          
Amour, la Passion pour racheter l'être humain.          
Amour, l'Eucharistie. Amour, l'Église, dispensatrice de la grâce et Guide pour les fidèles.     
Amour, les dons qu'accorde à ceux qui le reçoivent dignement, le Paraclet, le Théologien des théologiens. C'est lui qui dispense la Sagesse, l'Intelligence, le Conseil, la Force, la Science, la Piété et la Crainte de Dieu. L'Amour du Père et du Fils, c'est lui. Le Fécondateur et le Sanctificateur de ceux qui savent le garder auprès d'eux par une vie pure et sainte, c'est lui. 

Le parfait Amour Un et Trine vous comble de lui-même et de ses richesses pour vous rendre parfaits sur Terre et bienheureux au Ciel; et le Christ vous propose les deux perfections par lesquelles vous parviendrez à la gloire éternelle.       

En tant que Verbe s'adressant à des créatures divinisées par la Grâce, Jésus vous propose la même sainteté que celle de son Père: "Soyez parfaits comme votre Père qui est dans les cieux"
[11]. En tant que Maître s'adressant à des hommes semblables à lui dans la chair et dans l'âme, lui, l'Homme, vous propose sa propre sainteté: "Apprenez de moi. Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme moi j'ai fait. Vous serez bienheureux si vous mettez en pratique mon exemple. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous ordonne"[12]. 

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 Au centre de ces deux modes parallèles de sainteté, vous avez le Christ, voie, pour vous, de la Vie éternelle. En effet, le Christ réunit en lui-même, comme Verbe, Fils de Dieu, la sainteté de Dieu; comme Jésus, Fils de Marie Immaculée, il a la parfaite justice de l'Homme innocent, plein de Grâce et de Vérité. Puisque "vous êtes dieux et fils du Très-Haut"
[13], ô hommes, rachetés du Christ, vous pouvez et vous devez, comme fils de Dieu et fils de l'Homme, imiter votre frère Jésus, vous pouvez et vous devez devenir des Christ vous-mêmes, des vrais fils de Dieu, héritiers du Ciel. Réaliser cela n'est pas impossible. Jésus vous a montré que c'est possible.    

Si le Verbe se fût manifesté uniquement comme Parole divine, s'il se fût manifesté uniquement comme Maître spirituel et incréé, de la façon où Dieu s'est manifesté aux Patriarches et aux Prophètes avant la naissance du Christ, l'homme affolé aurait pu, selon les cas, ou gémir ou maudire: "Moi charnel, moi le perpétuel Adam que je suis, enclin au péché et faible de nature, de quelle façon puis-je faire ce que tu m'enseignes, toi qui es Esprit très pur, toi qui ne connais pas les tentations de Satan, toi qui n'as aucune imperfection de nature ?". Ou alors il aurait pu lancer des imprécations du genre: "Pourquoi as-tu permis que je sois corrompu dès le sein de ma mère ? Pourquoi as-tu permis que le père de l'Humanité le fût lui aussi si tu voulais que je sois saint ? À ton insulte je réponds par ma malédiction".   

Mais le Verbe s'est fait Chair. Il a pris une nature humaine, semblable en tout à celle des frères qui sont fils d'Abraham. Le temps qu'il fût Jésus de Nazareth, le Christ n'a pas été dissemblable d'Adam, celui du jardin d'Eden au premier jour de la création: plein de grâce et d'innocence. Comme Adam, lui aussi a été tenté pour être éprouvé
[14], afin de pouvoir ainsi comprendre et aider ceux qui sont dans l'épreuve, les comprendre et les aider grâce à sa propre expérience d'Homme et par son exemple.      

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 L'homme ne pourra plus se désoler en disant : "Moi, charnel comme je suis, je ne pourrai jamais être parfait comme le Père qui est aux Cieux, ni faire ce que le Verbe nous enseigne". Il ne pourra pas non plus considérer comme une "dérision" l'enseignement imparti par le Verbe à des gens qui, affaiblis dans leur nature par la corruption originelle, ne parviennent à le mettre en pratique qu'à travers un grand et continuel effort.           

L'homme ne pourra pas dire non plus : "La loi spirituelle ne me convient pas à cause de ma sensualité charnelle. Le contraste est trop grand entre, d'un côté, la voix extérieure de mes membres (qui sont sous l'influence du monde qui m'entoure, et du démon qui rôde continuellement autour de moi et tente les bas instincts de ma nature animale ainsi que les facultés morales de ma nature rationnelle), et de l'autre, la voix intérieure de ma conscience, qui est la voix même de Dieu. En effet: la voix de la conscience est le rappel de Dieu à ses créatures afin qu'elles ne s'éloignent pas de la Loi, ni la piétinent. Elle parle au fond de mon âme pour me dire : 'Fais ceci', ou bien : 'ne fais pas cela'. J'ai la volonté de faire le bien, oui. Je reconnais que cette Loi est sainte, oui. Ma conscience d'homme, ainsi que la raison qui me distingue de la brute, et qui m'a été donnée par Dieu pour que je puisse connaître, réfléchir, choisir et vouloir ce qui est bien, me disent que cette Loi est bonne, oui. Plus: L'impulsion divine m'habite. Lui, l'éternel moteur, l'Immense qui communique l'immensité à ses créatures m'en fait part à moi aussi comme à tout homme divinisé par la grâce. Fils adoptif que je suis, il me rend capable d'accomplir de grandes œuvres. Elles devraient ressembler aux siennes, si grandes et si parfaites et d'abord à la première et la plus grande qui est celle de tendre à lui avec tout mon amour. Car c'est lui, en vérité, mon Bien unique. Et voilà que je ne réussis pas à faire le bien que je veux, mais je cède au mal qui fermente en moi. Plus fort que le bien".   

Non. Vous ne pouvez plus dire cela. Le mal est grand, d'accord. Grand est l'héritage du mal qui vous habite, c'est vrai. Le mal qui se cache pour vous nuire dans les circonstances de la vie (le monde) est encore plus grand, c'est vrai aussi. Très grand est le mal qui porte le nom de Satan, principe de tout Mal, monstre dévorant et insatiable, haine éternelle vivante et inlassable du Créateur et de ses créatures. Mais il y en a Un seul qui est l'infini : Dieu. Or, l'homme divinisé garde en lui la Grâce, c'est-à-dire Dieu. Dieu Charité, Dieu Intelligence, Dieu Sainteté, Dieu Force, Dieu Puissance, Dieu Sagesse, Dieu Vie, Dieu Beauté, Dieu Vérité, Dieu Bonté, Dieu Pureté. En Dieu, il y a tout cela au niveau de la plus haute et infinie perfection. Dieu est le Tout.  

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 L'homme de bonne volonté peut tout s'il demeure uni à Jésus Christ. Ce Jésus qui, pour que l'éclat divin de la Loi du Sinaï ne vous cause pas des frayeurs avec les quatre obligations et les six prohibitions de la Loi du Sinaï
[15], qui vous épouvantent.- depuis que votre intégrité fut blessée dans l'Eden et que la loi désordonnée des sens lutte ou prime en vous sur la raison, – résume et parachève la Loi toute entière en un double commandement d'amour qu'il vous présente dans le doux, attrayant et joyeux vêtement de l'amour: "Aimez Dieu, aimez votre prochain". 

Aimer est plus facile qu'adorer, honorer, ou s'abstenir. L'amour rapproche l'homme de Dieu, et Dieu de l'homme. Aimer est plus attrayant que craindre. L'amour, c'est l'échelle qui permet de monter jusqu'à l'adoration.           

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 Il n'est pas possible à l'homme de monter directement et d'un seul trait jusqu'aux sommets de l'adoration. Comme intimidé, il s'arrête devant la grandeur infinie de Dieu. Il se fabrique de lui-même les liens qui le retiennent loin de Dieu. À cette peur, très typique des Juifs de l'ancien temps, il joint toutes les misères de sa nature. Mais l'amour défait ces liens par son ardeur, et met à l'âme ses ailes de feu pour monter plus haut, toujours plus haut, à mesure que ses élans lui permettent d'oublier ce à quoi il renonce sur terre: misères, étroitesses, honneurs sans valeur, richesses et affections transitoires. Le regard de cette âme est fixé uniquement sur ce qu'elle gagne et conquiert: Dieu, le Ciel. Aucun acte formel de dévotion ne vous unit à Dieu autant que l'acte d'amour spontané et continuel.      

Le fruit de l'union de l'âme avec Dieu est la sagesse. Or la sagesse conduit à l'exercice de la justice en toute chose.         

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 L'homme uni à Dieu est actif et joyeux. Dieu se complaît dans les actions de ceux qui sont amoureux de lui. Et l'homme, dans la joie que cela lui procure, trouve son élan pour continuer et accroître son activité de bien. En effet, la paix que donne cette union avec Dieu, si haute qu'elle soit, n'est jamais inerte.         

Il n'y a pas d'inertie en Dieu. Dieu est action, depuis toute éternité. Chez l'homme uni à Dieu par l'amour il n'y a pas d'inertie. L'homme aime Dieu activement, et il est activement aimé par Dieu. Cette double activité produit des feux de charité qui débordent et rayonnent sur les créatures, car l'homme ne réussit pas à garder pour lui seul l'Amour infini qui, comme pour se soulager, se déverse en lui comme dans un bassin digne et désireux de l'accueillir. L'homme pris dans le tourbillon de l'amour ardent de Dieu ne se contente plus d'aimer seulement son Créateur. Les yeux de son esprit, et l'esprit de son âme, en contemplant le Créateur voient en Lui aussi toutes ses créatures. Par conséquent, l'homme se sent porté à aimer saintement toutes les créatures comme autant de réalisations de son Amour adoré.       

Voilà que prend naissance l'amour du prochain. Le voilà qui jaillit et se répand comme conséquence sainte et immanquable du saint amour de Dieu. Exercé avec justice, l'amour du prochain place chaque créature à son juste niveau, toujours inférieur à celui de Dieu, même si la créature est la plus chère qui soit par les liens du sang ou ceux de l'amitié, et même s'il s'agit de la plus sainte des créatures par la justice de sa vie. Jamais l'amour du prochain exercé avec justice ne fait passer la créature devant le Créateur. Il la regarde, elle aussi, comme un nouveau don de Dieu, comme un don que Dieu accorde pour rendre plus facile, plus agréable, plus douce et plus méritoire la vie de celui qui transite sur Terre.         

Voilà comment, grâce à l'amour, l'homme conquiert cette liberté sublime par laquelle il se voit affranchi des pièges de son moi, de ceux du monde, et de ceux du démon, contraintes conséquentes à la Faute originelle.   

La charité est feu vivant. Le feu vivant est flamme. La flamme est libre, et elle tend vers le ciel. Elle irradie chaleur et lumière. Elle est bienfaisante pour celui qui s'en approche. Et voici que l'homme embrassé par la charité, par sa flamme, monte vers Dieu, le centre de tous les feux d'amour, et en même temps il irradie ses feux sur les frères, soigne leurs misères, éclaire leurs ténèbres, les réjouit en leur apportant la lumière qui est Dieu. Il purifie leurs impuretés, car chaque saint est un purificateur de ses frères. Or, celui qui aime Dieu et son prochain de toutes ses forces est un saint. Par sa sublime piété, il est purificateur de ses frères, bienfaiteur et consolateur des affligés, des pauvres, des malades du corps et de l'esprit. Il prêche le Royaume de Dieu, et par là même, il l'établit en lui-même autant que dans le monde.     

Le royaume de Dieu dans l'homme, c'est l'amour. Dans l'homme et dans le monde, le royaume de Dieu, c'est l'amour. C'est l'opposé du royaume de Satan qui, lui, est haine, égoïsme et triple luxure.       

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 Le Royaume de Dieu !      

Il s'agit de l'oraison "notre Père" vécue. Non d'une prière marmonnée de façon plus ou moins distraite, mais d'un "notre Père" rendu vivant, rendu "action", motivé par la volonté de sanctifier le très saint nom de Dieu, de l'adorer en esprit et en vérité, en s'efforçant à ce que d'autres personnes l'adorent à leur tour. Oui, pour qu'ils adorent Dieu ! Aussi bien par l'obéissance à sa loi — donnée pour orienter l'homme vers la religion (c'est-à-dire vers l'union à Dieu et avec les frères qu'on voit en Lui) — que par le respect de vénération des droits de Dieu et le respect fraternel des droits du prochain.    

Le "notre Père" est rendu vivant grâce à l'instauration du Royaume de Dieu dans les créatures et dans le monde, par le double amour de Dieu et du prochain, chemin vers la possession du Royaume des Cieux.

Le "notre Père" est rendu vivant par l'adhésion à la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit. Il est rendu vivant par le double amour [de Dieu et du prochain]. Le premier vous permet d'accepter, dans un état d'obéissance pacifique, et comme venant de la main de Dieu, les épreuves, les peines, les agonies et les deuils. Le second vous fait supporter votre prochain lorsqu'il vous cause des souffrances, et d'accepter comme "moyen" d'accroissement de vos mérites éternels, avec patience continuelle — qu'il vous faut exercer envers ceux qui vous mettent à l'épreuve — vos pauvres frères coupables contre l'amour, pour lesquels il faudra miséricorde et prière pour qu'ils retrouvent la voie de la Vie.  

Le "notre Père" est rendu vivant dans la charité la plus difficile qui soit: celle du pardon. Il s'agit du pardon accordé à vos propres offenseurs, et offert au Dieu-Amour afin qu'il vous pardonne les offenses que vous-mêmes avez commises contre lui.  

La charité est la plus grande des purifications, et elle peut être continuelle: une ablution ininterrompue de vos propres imperfections, accomplie par les flammes de ce double amour. La charité est aussi la Loi spirituelle mise en pratique. L'homme charnel peut la mettre, lui aussi, en pratique, car la charité va toujours de pair avec la foi. Celle-ci, par les vérités qu'elle vous propose, vous exhorte à dépasser les obstacles de la vie, en vue de l'Origine et de la Fin de toute créature: c'est-à-dire de Celui qui vous a créés, et pourquoi, et pour quelle destinée; de Celui qui vous aide à parvenir à une telle destinée de bonheur, et qui vous assure que cette destinée de bonheur est l'héritage qui attend tout homme vivant selon la justice.         

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 Chaque vérité révélée vous parle de la bonté, de la providence et de la justice du Seigneur Un et Trine. Bon, pourvoyant, juste, Dieu, Père, Créateur, qui "a disposé toutes choses selon leur mesure, leur nombre et leur poids"
[16], et les a toutes ordonnées à leur propre fin. À l'homme, dont la destinée finale est surnaturelle, il a donné, à part la Grâce — qui est le moyen indispensable pour atteindre la destinée surnaturelle —, la raison et la conscience. Par ces dons, l'homme est en mesure de connaître et de suivre la loi morale naturelle, qui n'a pas été écrite sur quelque matière périssable, par un législateur faillible, et lui-même périssable. Elle a été écrite sur les pages spirituelles et donc immortelles de l'âme, par le doigt de Dieu, de façon à ce que rien ne puisse l'altérer, sauf la volonté de l'homme rebelle. D'ailleurs, même si l'homme rebelle parvient à fuir cette Loi en étouffant avec le hurlement de ses sens effrénés la voix de sa raison et celle de sa conscience, il ne parvient pas à étouffer ces voix intérieures pour toujours. Ces voix sont la voix même de Dieu. Voix qui résonne à l'intérieur de chaque homme, qu'il soit catholique ou infidèle, schismatique, juif, hérétique, séparé ou excommunié, peu importe, pour que toute créature rationnelle connaisse les prescriptions de l'éternelle Loi du Bien, et vive en accord avec elles, si elle le veut.     

Bon, pourvoyant, juste, Dieu le Fils, Sauveur, qui s'est incarné pour être Jésus, et qui est mort pour vous permettre de redevenir "une seule chose avec Dieu"
[17], comme des fils formant un seul amour avec leur père. Il est ressuscité, puis monté aux Cieux non seulement pour donner aux hommes la preuve principale de sa Divinité, mais aussi pour que vous ayez une garantie de l'existence de la résurrection finale de la chair et de celle du Royaume des Cieux. Ceux qui auront vécu dans le Seigneur et qui seront morts dans le Seigneur, eux aussi monteront au Ciel pour jouir de la vision béatifique de Dieu et parviennent ainsi à la bienheureuse connaissance du mystère de Dieu, mystère que nulle intelligence humaine ne peut pénétrer.           

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 Bon, pourvoyant, juste, Dieu l'Esprit Saint, Sanctificateur, âme de l'Église, qu'il vivifie avec sa Grâce et ses dons, qu'il guide, instruit, et comble d'amour afin qu'elle soit en mesure de discerner et proclamer avec justice et sagesse tout ce qui concerne la foi et les mœurs, et pour qu'elle applique avec amour et justice les biens spirituels autant que les châtiments; afin qu'elle les applique avec amour et justice, c'est-à-dire libre de toute attache personnelle aux jugements, calculs, intérêts, préjugés, ou autres sentiments humains. Sa tâche est de guider, soutenir et instruire ses fils, en continuant le magistère de son Époux, Chef et Seigneur, qu'elle doit servir, et non attrister en mettant des obstacles à ses Volontés, même lorsque ces Volontés sortent de l'ordinaire. Car Dieu peut vouloir toute sorte de bonnes choses pour ses enfants. Personne n'a le droit de juger les actions de Dieu, ni de les condamner en essayant de leur barrer la route par des obstacles.      

L'Église existe parce que Dieu le Verbe l'a fondée selon le vouloir de Dieu le Père, et avec l'aide de l'Esprit Saint. La Trine Unité l'a rendue très féconde, pour que le Royaume de Dieu se propage et s'approfondisse dans les cœurs et sur la Terre, et que l'Humanité parvienne ainsi, aussi nombreuse que possible, au Royaume de Dieu qui est dans les Cieux.   

Avec la foi on possède l'espérance, qui se nourrit de foi de la même façon que la foi et l'espérance subsistent grâce à la Charité. L'espérance naît et repose sur la certitude que Dieu ne ment pas et ne trahit pas ses promesses. Par conséquent, elle donne à l'homme toute l'aide qui lui est nécessaire pour parvenir à la bienheureuse résurrection et à la vie éternelle. C'est cela le privilège d'avoir connu le Fils de Dieu, d'y avoir cru, et d'avoir mis en pratique la Parole qui sauve de la mort spirituelle. Car la foi et l'union au Christ sont vie dans le Christ, et la vie dans le Christ est "la Vie". Et celui qui vit ainsi dans le Christ et par le Christ ne connaîtra pas la mort. Il y a plus encore : si quelqu'un était une branche morte — branche morte séparée du tronc de la Vigne, qui est Jésus, soit par le péché, soit parce que le fait d'appartenir à des églises séparées, le rend tel — et qu'ensuite, par la grâce de Dieu et par sa bonne volonté humaine, il parvient à la première résurrection, celle de greffer sa branche à l'unique Église Catholique, Apostolique, Romaine, il changerait sa mort spirituelle en vie.      

Voilà donc que par la Charité — charité de Dieu pour l'homme, charité de l'homme pour Dieu et pour son prochain — par la Foi, par l'Espérance, par tout ce qui vous est transmis à travers ces trois vertus théologales, par tout ce qu'elles produisent en vous, l'homme charnel peut suivre la Loi spirituelle et parvenir à la gloire, même s'il est alourdi par le terrible poids de son humanité blessée.

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"Qui est-ce donc qui vous libérera de ce corps de mort ? La Grâce de Dieu, par Jésus Christ votre Seigneur".       

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[1] Exode 20, 1-17 - Deutéronome 5, 1-22

[2] Matthieu 22, 37-40

[3] Depuis les langues anciennes, originales, souvent rudimentaires, l'utilisation biblique du concept chair est homonymique, voire ambivalente, selon le contexte. Ainsi dans l'expression "les péchés de la chair" sa connotation morale est absolument négative. Il s'agit de l'impureté. Ailleurs, chair n'a pas de connotation morale: il signifie la nature composite du vivant, de l'être humain, qui est fait de la chair et de l'esprit. Ex: "Je verserai mon Esprit sur toute chair..." (JI 3, 1) (= sur tous les hommes). Dans le cas présent, "justice de la chair" est celle de la droite nature, des vertus morales, simplement naturelles, qui sont possibles même après la décadence originelle et qui se rencontrent aussi parmi les païens qui adorent quelque divinité (NdT).

[4] Une hyposthase, en philosophie, désigne la substance  fondamentale, le principe premier. En théologie : elle désigne chacune des trois personnes de la Trinité, considérées chacune comme substantiellement différentes (le Père, le Fils et l'Esprit saint). L'union hypostatique est celle des natures divine et humaine dans la personne de Jésus-Christ.

[5] Philippiens 2, 7

[6] Jean 15, 9-17

[7] Quiétisme = Passivité spirituelle. Doctrine développée au XVIIème siècle par Miguel de Molinos. Selon lui, la perfection chrétienne réside dans la passivité de la contemplation.

[8] Luc 7, 47

[9] Jean 1, 1

[10] Jean 1, 3

[11] Matthieu 5, 48

[12] Jean 13,15-17 – Jean 15, 14

[13] Psaume 82,6 - Jean 10, 34

[14] Matthieu 4, 1-11 - Marc 1, 12-13 - Luc 4, 1-13 - Hébreux 4, 15

[15] Les quatre obligations : 1 Tu aimeras le Seigneur ton dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit – 2 Tu prononceras le nom du Seigneur ton Dieu avec respect – 3 Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier – 4 Honore ton père et ta mère - Les six prohibitions : 5 Tu ne tueras pas. – 6 Tu ne commettras pas d’adultère – 7 Tu ne commettras pas de vol – 8 Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain – 9 Tu n'auras pas de désirs impurs – 10 Tu ne convoiteras pas les biens d'autrui.
Les dix commandements ne sont pas strictement identiques entre toutes les confessions chrétiennes. Cela varie en fonction du regroupement opéré de deux paroles, car de fait, on peut distinguer 11 paroles dans la Bible.

[16] Sagesse 11, 20

[17] Jean 17, 11