"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  4.251 - Ai pescatori siro-fenici, la parabola del minatore perseverante. Ermasteo di Ascalona.

  2.250 - At Tyre, Jesus Speaks of Perseverance.


mercredi 21 juin 28
9 Tammouz

Tyr


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"Persévérer, voilà le grand mot"

Parabole des mineurs à propos d’Hermastée


- Isaac au milieu de ses disciples 168

- Discours (La farine et l'huile : La croissance du Royaume) 169

- Jésus est venu pour tous les hommes 170

- Hermastée est venu seul d'Ascalon 171

- Discours (Le mineur récompensé : Le fruit de la persévérance 171

- Le filet jeté à l'eau : Le fruit de la persévérance) 172

- Les cavernes des côtes servent d'abri 172

 

4.114.
À Tyr.
"Persévérer, voilà le grand mot"


168> C'est aux premières heures du matin que Jésus arrive devant une ville sur la mer[1]. Quatre barques suivent la sienne. La ville s'avance étrangement sur la mer, comme si elle était construite sur un isthme, ou plutôt comme si un isthme étroit unissait la partie qui émerge sur la mer à celle qui s'étend sur la rive.

Vue de la mer, elle semble un énorme champignon qui s'étend avec sa tête sur les flots et enfonce ses racines sur la côte. C'est l'isthme qui est son pied. Des deux côtés de l'isthme, il y a deux ports. L'un, celui du nord, moins fermé est couvert de petites embarcations; l'autre, au sud, bien mieux abrité, a de gros vaisseaux qui arrivent ou s'en vont.

"Il faut aller là-bas" dit Isaac en montrant du doigt le port des petites barques. "C'est là que sont les pêcheurs."

Ils contournent l'île, et je m'aperçois que l'isthme est artificiel, une sorte de digue cyclopéenne qui unit l'île à la terre ferme. On construisait sans difficultés, autrefois! Je déduis de cette oeuvre et du nombre de vaisseaux dans les ports combien la ville était riche et commerçante. Derrière la ville, après une zone plate, il y a des petites collines d'aspect agréable, et très loin on découvre le grand Hermon et la chaîne libanaise. J'en conclus aussi que c'est une des villes que je voyais du Liban.

La barque de Jésus en ce moment est en train d'arriver dans le port du nord, dans la rade du port. Il n'aborde pas mais va lente- ment, à force de rames en avant et en arrière jusqu'à ce qu'Isaac découvre ceux qu'il cherche et les appelle à haute voix.

Voilà que s'avancent deux belles barques de pêche et l'équipage se penche sur les barques plus petites des disciples.

"Le Maître est avec nous, amis. Venez, si vous voulez entendre sa parole. Ce soir il retourne à Sicaminon" dit Isaac.

"Nous venons tout de suite, Où allons nous ?"

"Dans un endroit tranquille. Le Maître ne descend pas à Tyr, ni à la ville sur la rive. Il va parler de la barque. Choisissez un endroit ombragé et abrité."

"Venez vers les rochers, derrière nous. Il y a des baies tranquilles et ombragées. Vous pourrez même descendre."

Ils vont dans un rentrant des rochers, plus au nord. La côte, coupée à pic, abrite du soleil. L'endroit est solitaire. Seuls les mouettes et les ramiers y habitent. Ils sortent faire des incursions sur la mer et reviennent en poussant de grands cris vers leurs nids dans les rochers.

169> Mais d'autres embarcations se sont unies à celles qui dirigent formant une minuscule flottille. Au fond de ce golfe minuscule, il y a une plage étroite, un semblant de plage: une place étroite semée de cailloux. Mais une centaine de personnes peuvent y tenir.

Ils descendent en utilisant un écueil large et plat qui émerge des eaux comme un môle naturel et ils prennent place sur la petite plage caillouteuse, brillante de sel. Ce sont des hommes bruns, maigres, brûlés par le soleil et la mer. De courts sous-vêtements laissent à découvert leurs membres agiles et maigres. La différence de race est très visible avec les juifs présents, elle est moins apparente avec les galiléens. Je dirais que ces syro-phéniciens ressemblent plutôt aux philistins assez éloignés, qu'aux peuples qui leur sont plus voisins, Au moins, ceux que je vois.

Jésus tourne le dos à la côte et commence à parler. "On lit, dans le livre des Rois[2], comment le Seigneur commanda à Elie d'aller à Sarepta de Sidon pendant la sécheresse et la disette qui affligea la Terre pendant plus de trois ans.

Le Seigneur ne manquait pas de moyens pour rassasier son prophète en n'importe quel endroit. Et il ne l'envoya pas à Sarepta parce que cette cité était bien approvisionnée. Non, là aussi, on mourait déjà de faim. Pourquoi alors Dieu y envoya-t-il Elie Tesbite ?[3]

Il y avait à Sarepta une femme au cœur droit, veuve et sainte, qui avait un jeune enfant. Elle était pauvre, seule, pas révoltée pourtant par le terrible châtiment, pas égoïste malgré sa faim, pas désobéissante. Dieu voulut la favoriser en lui donnant trois miracles. Un pour l'eau qu'elle avait apportée à Elie assoiffé, un second pour le petit pain cuit sous la cendre quand elle n'avait plus qu'une poignée de farine, un troisième pour l'hospitalité donnée au prophète. Il lui donna le pain et 1'huile, la vie de son fils et la connaissance de la parole de Dieu.

Vous voyez qu'un acte de charité, non seulement rassasie le corps, enlève la douleur de la mort, mais instruit l'âme dans la sagesse du Seigneur.

Vous avez donné le logement aux serviteurs du Seigneur et Lui vous donne la parole de la Sagesse. Sur cette terre où n'arrive pas la parole du Seigneur, voilà qu'un acte de bonté l'amène. Je peux vous comparer à l'unique femme de Sarepta qui accueillit le prophète. Vous aussi, êtes ici les seuls à accueillir le Prophète. 170> Car si j'étais descendu dans. la ville, les riches et les puissants ne m'auraient pas accueilli, les marchands affairés et les matelots des grands navires m'auraient laissé de côté, et ma venue serait restée sans effet.

Maintenant je vais vous quitter et vous direz : "Mais que sommes-nous ? Une poignée d'hommes. Que possédons-nous ? Une goutte de sagesse". Et pourtant, je vous dis : "Je vous quitte avec la charge d'annoncer l'heure du Rédempteur". Je vous laisse en répétant les paroles du prophète Elie : "L'amphore de farine ne s'épuisera pas, l'huile ne manquera pas, jusqu'à ce que vienne celui qui la distribue plus largement.

Déjà vous l'avez fait, car ici il y a des phéniciens mélangés à vous d'au-delà du Carmel. C'est un signe que vous avez parlé comme on vous a parlé. Vous voyez que la poignée de farine et la goutte d'huile ne se sont pas épuisées, mais au contraire n'ont pas cessé de croître. Continuez à les faire croître. Et s'il vous paraît étrange que Dieu vous ait choisis pour cette œuvre, alors que vous ne vous sentez pas capables de l'exécuter, dites la parole de la grande con- fiance : "Je ferai ce que Tu dis, en me fiant à ta parole"."

"Maître, mais comment nous comporter avec ces païens ? Eux, nous les connaissons par la pêche. Un même travail nous unit. Mais les autres ?" demande un pêcheur d'Israël.

"Le même travail nous unit, dis-tu. Et alors est-ce qu'une même provenance ne devrait pas unir ? Dieu a créé les israélites comme les phéniciens. Ceux de la plaine de Saron ou de la Haute Judée ne diffèrent pas de ceux de cette côte. Le Paradis était pour tous les fils de l'homme. Et le Fils de l'homme vient pour amener au Paradis tous les hommes, Le but c'est de conquérir le Ciel et de donner la joie au Père. Trouvez-vous donc sur le même chemin et aimez- vous spirituellement comme vous vous aimez pour des raisons de travail."

"Isaac nous a dit beaucoup de choses, mais nous voudrions en savoir davantage. Est-il possible d'avoir un disciple pour nous qui sommes dans un lieu si éloigné ?"

"Envoie Jean d'Endor, Maître. Il est si capable et il est habitué à vivre avec des païens" suggère Judas de Kériot.

"Non, Jean reste avec nous" répond Jésus d'une manière tranchante. Et puis, en se tournant vers les pêcheurs : "Quand finit la pêche de la pourpre ?"

"Aux tempêtes d'automne. Ensuite la mer est trop agitée ici."

"Vous retournerez alors à Sicaminon ?"

171> "Là et à Césarée. Nous vendons beaucoup aux romains."

"Vous pourrez vous retrouver alors avec les disciples. En attendant, persévérez."

"Il y a quelqu'un à bord de ma barque dont je ne voulais pas, et qui est venu en ton nom, soit disant."

"Qui est-ce ?"

"Un jeune pêcheur d'Ascalon."

"Fais-le descendre et venir ici."

L'homme va à bord et revient avec un tout jeune homme plutôt confus d'être l'objet de tant d'attention.

L'apôtre Jean le reconnaît. "C'est un de ceux qui nous ont donné le poisson, Maître" et il se lève pour le saluer. "Tu es venu, Hermastée ? Tu es seul ?"

"Seul. A Capharnaüm, j'ai eu honte... Je suis resté sur la côte, espérant..."

"Quoi ?"

"Voir ton Maître."

"Et n'est-il pas encore le tien ? Pourquoi, ami, tergiverser encore ? Viens à la Lumière qui t'attend. Regarde comme il t'observe et sourit."

"Comment serai-je accueilli ?"

"Maître, viens à nous un moment." Jésus se lève et va vers Jean.

"Il n'ose pas car il est étranger."

"Il n'y a pas d'étrangers pour Moi. Et tes compagnons ? N'étiez-vous pas nombreux ? ...Ne te trouble pas. Toi seul as su persévérer. Mais je suis heureux même pour toi seul. Viens avec Moi."

Jésus revient à sa place avec la nouvelle conquête.

"Celui-ci oui, nous allons le donner à Jean d'Endor" dit-il à l'Iscariote. Et puis il s'adresse à tout le monde.

"Un groupe de mineurs descendirent dans une mine où ils savaient qu'il y avait des trésors, bien cachés pourtant dans les profondeurs du sol. Et ils se mirent à creuser. Mais le terrain était dur et le travail fatigant.

Un grand nombre se lassèrent et, jetant leurs pics, s'en allèrent. D'autres se moquèrent du chef d'équipe en le traitant presque d'imbécile. D'autres s'en prirent à leur sort, au travail, à la terre, au métal et frappèrent avec colère les entrailles de la terre, brisant le filon en fragments inutilisables et puis, ayant tout gâté et n'étant arrivés à rien, ils s'en allèrent, eux aussi. Il n'en resta qu'un, le plus persévérant. 172> Il traita avec douceur les couches de terre qui résistaient, pour les percer sans rien gâter, il fit des essais, il creusa plus profond. Il finit par découvrir un merveilleux filon de métal précieux. La persévérance du mineur fut récompensée et, avec le métal très pur qu'il avait découvert, il put mettre en train de nombreux travaux, acquérir beaucoup de gloire et une nombreuse clientèle parce que tout le monde voulait de ce métal que seule la persévérance avait su trouver, là où les autres, paresseux ou coléreux, n'avaient rien obtenu.

Mais l'or découvert, pour être beau et au point voulu pour servir à l'orfèvre, doit à son tour persévérer dans la volonté de se faire travailler. Si l'or, après le premier travail de découverte, ne voulait pas souffrir de peines, il resterait brut et on ne pourrait le travailler. Vous voyez donc que le premier enthousiasme ne suffit pas pour réussir, ni comme apôtre, ni comme disciple, ni comme fidèle. Il faut persévérer.

Nombreux étaient les compagnons d'Hermastée et, dans le feu de l'enthousiasme, ils avaient promis de venir tous. Lui seul est venu. Nombreux sont mes disciples et ils le seront de plus en plus. Mais seulement le tiers de la moitié saura l'être jusqu'à la fin. Persévérer. C'est le grand mot. Pour toutes les choses bonnes.

Vous, quand vous jetez le tramail pour saisir les coquillages de pourpre, est-ce que par hasard vous le faites une seule fois ? Non. Mais, un coup après l'autre, pendant des heures, pendant des journées, pendant des mois, tout disposés à revenir sur les lieux l'année suivante, parce que cela donne du pain et de l'aisance à vous et à vos familles. Et vous voudriez agir autrement pour les choses plus grandes que sont les intérêts de Dieu et de vos âmes, si vous êtes fidèles; les vôtres et celles de vos frères, si vous êtes disciples ? En vérité je vous dis que, pour extraire la pourpre des vêtements éternels, il faut persévérer jusqu'à la fin.

Et maintenant comportons-nous en bons amis jusqu'à l'heure du retour, ainsi nous nous connaîtrons mieux et il sera facile de nous reconnaître..."

Et ils se dispersent dans la petite baie rocheuse. Ils cuisent des moules et des crabes enlevés aux rochers., et des poissons pris avec de petits filets; ils dorment sur un lit d'algues desséchées à l'intérieur de cavernes ouvertes par des tremblements de terre ou par les vagues dans la côte rocheuse, pendant que ciel et mer sont un éblouissant azur et qui s'embrasse à l'horizon et que les mouettes font un continuel carrousel de vols, de la mer aux nids, en poussant des cris et en battant des ailes, uniques voix qui, avec le 173> clapotis des flots, se font entendre en ces heures d'étouffante chaleur d'été.


[1] "A Sidon, il n'y avait pas celui que nous cherchions. Nous sommes allés jusqu'à Tyr, et là nous avons trouvé." 4.115, page 175. Tyr signifie rocher. Les historiens et les géographes de l’antiquité attestent que la ville primitive se trouvait sur le continent. Pour se protéger contre les assiégeants, elle se transporta sur un îlot rocheux séparé de l’ancienne ville par un bras de mer. De là provient le nom de Tyr : rocher. Les auteurs anciens font souvent allusion à sa position au milieu des eaux. La ville continentale s’appela dès lors Palaetyrus : Tyr l’ancienne. Les textes sacrés nommant ensemble Tyr et Sidon, placent toujours Tyr avant sa rivale; Israël se trouvait plus près de Tyr que de Sidon, et Tyr ne cessait de gagner de l’importance.

[3] Tichbite (Thischbite, Thishbite, Tishbite). Membre d’une famille appelée Tichbé, ou personne de la ville de ce nom.. On ne connaît pas de famille de ce nom, mais une ville est ainsi nommée par ex. dans Tobie 1,1. Selon les Septante et Josèphe, l’adjectif ici (1Rois 17,1) serait une allusion à un lieu situé à l’est. du Jourdain, en Galaad.