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Texte original.

Accueil >> Plan du site >> Index du Livre d'Azarias

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Le Livre d'Azarias.
Dimanche de Pentecôte.

 Les "épiphanies" de Dieu  Par l’amour, l'homme peut véritablement être en Dieu  Les œuvres fécondes sont toujours des œuvres d'amour  Tu verras qui est Dieu  Les manifestations du Père.  Les négateurs de Dieu ne peuvent créer, seulement fabriquer.  Les hommes, bienheureux ou damnés, sont éternels.  Deux royaumes ne connaîtront pas de fin : le Paradis et l’Enfer.   Les théophanies.  L’Esprit saint se manifeste en Marie, puis dans l'Église.  La re-création de l’Homme par l’Esprit saint.  Pour mériter l'Amour, toute âme doit le désirer par sa propre volonté.  Obéissance et prière transforment les riens en instruments de Dieu.  La prière unit le cœur de la créature à celui de son Dieu.  La Pentecôte dans sa préparation, sa forme et ses effets.  Reste inébranlable sous les louanges comme tu le fus sous les blâmes.


TEXTES DE LA MESSE.

Introït : Sagesse 1, 7 ; Psaume 67 (hébreu 68), 2.

Collecte : Dieu, qui aujourd'hui as ouvert à l'intelligence les cœurs des fidèles par la lumière de l'Esprit Saint, donne-nous d'avoir, en lui, le goût de toute vérité et de trouver toujours notre joie dans la consolation qu'il nous est. Par N.S.J.C.

Épître : Actes 2,1-11.         

Psaume : Psaume 103 (hébreu 104), 30.


Séquence : Veni, Sancte Spiritus[1].

Évangile :
Jean 14,23-31.

Offertoire : Psaume 67 (hébreu 68), 29-30.

Secrète : Sanctifie, Seigneur, les dons qui te sont offerts, et rends nos cœurs purs en les illuminant des clartés du Saint-Esprit. Par J.C.N.S.

Communion : Actes 2,2.4.

Postcommunion : Que l'Esprit Saint répandu en nos cœurs les purifie, Seigneur, et les féconde comme une rosée pénétrante. Par N.S.J.C.

















Dimanche 9 juin 1946.

131> Azarias dit :

"Gloire au divin Paraclet
[2] ! Gloire ! Alléluia ! Célébrons ensemble ses louanges en cette fête de son épiphanie[3] d'amour. Et considérons sa préparation, sa forme, ses effets.        

Généralement, les limites humaines font que l'on ne considère qu'une seule épiphanie : celle du Christ. Il est véritablement clair que l'homme ne sait pas voir, réfléchir ni comprendre. Si l'homme savait aimer, il verrait, il réfléchirait, il comprendrait. La proportion de la vue, de la compréhension et de la réflexion est fonction du degré d'amour atteint par l'âme.


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132>  L'homme devient capable de voir, de réfléchir et de comprendre dans la même mesure qu'il se donne et s'abandonne à l'amour pour en être enveloppé, brûlé, détruit pour être reconstruit sous une nouvelle forme, enflammé pour enflammer et ainsi faire honneur et sanctifier en portant parmi les hommes l'ardeur de l'immense fournaise où la créature se transforme en séraphin afin qu'elle entre véritablement en Dieu, dans l'ardent tabernacle qu'est Dieu - celui dont tout procède, l'infatigable qui accomplit tout, le parfait, l'accompli, le saint, la puissance, la sagesse, la lumière, la pensée, la parole, l'amour, la vie, la grâce, celui qui confirme la grâce -. Car alors l'homme possède la sagesse. L'amour est sagesse. La sagesse est source de vertu. L'amour, c'est-à-dire la sagesse, n'est jamais séparé de la sainteté. Au contraire, il incite toujours à la perfection, car il pousse l'homme à réaliser des œuvres fécondes.  Les œuvres fécondes et constructives sont toujours des œuvres d'amour. Comme les marches d'un escalier d'or, de telles œuvres l'élèvent toujours davantage vers le ciel. Comme des plumes qui se fortifient par le vol - et toute œuvre d'amour est un vol vers le ciel -, ces œuvres se font toujours plus vastes, plus saintes, plus joyeuses de cette joie dont Dieu lui-même jouit par ses œuvres.  

L'homme qui est pénétré d'amour s'approprie, pour ainsi dire, les sentiments de l'Amour, et, avec l'Amour un et trine, il se recrée lui-même, rachète les autres en plus de lui-même, se réjouit de créer et de racheter. Bien qu'il soit actif au-delà de toute mesure par sa double activité de charité : adoration de Dieu et amour du prochain, il acquiert, par sa douce extase continuelle et toujours en éveil, les lumières sapientielles de Dieu dans lequel il est plongé, une majesté profonde, équilibrée, paisible, solennelle, qui est l'éclat de l'union surhumaine avec le divin.           

En un mot : l'homme amoureux, vivant par son esprit au sein de la très sainte Trinité, prend les habitudes et les sentiments du lieu où elle réside, donc l'amour actif, contemplatif, joyeux, la lumière et la science, les facultés de voir, de réfléchir et de comprendre.         

 Maintenant, par ce que je te dis, par la lumière que je t'apporte, par l'ardeur que je te communique, je veux qu'avec moi tu fixes ton regard sur les connaissances supérieures, celles que communément l'homme ne contemple pas ; tu verras ainsi qui est Dieu, le multiforme et l'égal, celui qui se complète lui-même sans se dépasser pour faire prévaloir l'une de ses parties sur les autres ; en effet, l'esprit qui pousse à vouloir prédominer est égoïste, et Dieu ne connaît pas d'égoïsme. En Dieu se trouvent l'obéissance dans le Fils, la fidélité dans l'Esprit pour resplendir auprès de la puissance du Père, mais jamais le moindre esprit d'abus de l'Un en vue de dévaloriser les actions des Deux autres.           

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133> Voir Dieu signifie : en remarquer les actions, même celles que les esprits lourds ne discernent pas. Et voir signifie constater qu'aux épiphanies (= manifestations) du Christ, que le Seigneur Jésus t'a déjà expliquées[4], correspondent les précédentes épiphanies du Père et celles, même plus tardives, de l'Esprit.       

 Le Père se manifeste pour la première fois dans la création
[5]. Immense épiphanie de la Puissance qui a tout créé à partir de rien, car le Tout peut faire les choses à partir du néant, tandis que le néant, le non-être, ne peut se former par lui-même ni former quoi que ce soit.  

 La réponse aux orgueilleux négateurs de Dieu est cela même que leurs yeux voient indéniablement, tout comme leur impuissance, - que leur orgueil ne peut que constater -, à créer à partir de rien ne serait-ce qu'un seul brin d'herbe. Ce n'est pas créer que de fabriquer des instruments, des médicaments, de nouveaux alliages de métaux, ou des croisements de plantes ou d'animaux. Cela revient seulement à travailler sur des matières déjà existantes. Créer, c'est, à partir de rien, obtenir ce tout qui vous entoure, ce firmament avec ses planètes, ces mers avec leurs eaux, cette terre avec les plantes et les animaux qui l'habitent, ces hommes obtenus à partir de ce qui d'abord était poussière et que Dieu transforma pour en faire l'homme[6] ; en outre, cet homme créé n'est pas seulement vivifié par une vie limitée, mais aussi par une vie éternelle par son esprit, il n'est pas seulement doté d'instinct mais aussi d'intelligence. C'est cela, créer. Et le Créateur s'est manifesté par sa création, qui est la première épiphanie de Dieu posée comme un soleil resplendissant au commencement des temps pour ne plus être voilé, jamais plus.  

 Quel est l'organisme qui, une fois formé, dure pour l'éternité ? Quelle est la chose qui ne connaît pas ni dispersion, ni obscurcissement, ni désagrégation, ni oubli, ni mort ? Il viendra un moment où les astres, et même le grand soleil, ne seront plus. Les continents ne sont déjà plus ce qu'ils étaient quand Dieu créa la Terre. Les dynasties périssent. Les noms des grands hommes qui ont vécu sont bien souvent ignorés aujourd'hui parce que les siècles les ont recouverts de la poussière oublieuse du temps. Mais l'épiphanie du Créateur et Père est, et sera. Car avec les ressuscités du dernier jour, il restera de cette parfaite épiphanie la partie la plus parfaite : les vivants, les hommes, eux qui sont éternels.      

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134> Tu en restes étourdie, mon âme ? Il ne te semble pas juste d'appeler parfaits les damnés ? Ils seront la perfection du mal et ils témoigneront là-bas, dans le royaume du Rebelle qui ne veut pas plier son esprit à l'adoration du Parfait, qui veut être dieu à la place de Dieu, et pouvoir ce que peut celui qu'il veut traiter comme son égal : ce qu'il peut comme Créateur, ce qu'il peut comme Juge ; faire à partir de rien des êtres non seulement vivants mais aussi éternels, non seulement animaux mais aussi dotés d'esprit, et les juger sur tout leur être, donnant à tout ce qui fut rebelle ce qu'il a mérité, les maintenant vivants dans les siècles des siècles tandis que tout ce qui a été créé connaîtra la mort, et les isoler dans le règne qu'eux-mêmes auront librement élu pour leur règne.

 Comme tu vois, la première épiphanie (= manifestation) du Créateur et Père restera, même au-delà du temps, dans les deux Royaumes qui ne connaîtront pas de fin, le paradis et l'enfer, pour rappeler sans cesse à chacun selon sa condition, que Dieu est, et qu'il s'est manifesté comme tel depuis le premier jour créé. C'est là un heureux et lumineux souvenir pour les habitants des cieux, mais le souvenir d'une punition pour ceux de l'enfer, en tout cas un ineffaçable souvenir pour les deux, même après que tout sera effacé, mis à part les deux Royaumes
[7].         

 À cette manifestation créatrice font suite les autres manifestations de la première Personne[8] : aux patriarches, des premiers jours jusqu'à la manifestation du Sinaï, seconde en puissance la troisième fut complète en ce sens qu'y étaient présentes les trois Personnes, au Jourdain[9] ; et l'autre encore, pour secouer les Gentils et les Juifs, les premiers étant meilleurs que les seconds, afin qu'ils aient l'esprit préparé à la foi en celui dont la passion était désormais éminente, et puissent ainsi bénéficier de ses mérites[10].

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135> Puis viennent, unies aux épiphanies du Père, celles de l'Amour (= L’Esprit-Saint), de l'Amour toujours présent dans toutes les actions du Père, qui s'est manifesté avec lui et par le "fiat"[11] depuis la première épiphanie de la première Personne car, comme le dit l'introït : «L'Esprit du Seigneur emplit le monde entier», mais particulièrement en se manifestant par les enseignements de sagesse et les œuvres rédemptrices[12].

 Oh ! Sublimes manifestations de l'Amour dans la demeure virginale de Marie ! L'Amour qui se manifeste avec tout son amour, en se déversant sur l'Amoureuse pour engendrer le Sauveur ! «Parce qu'il tient unies toutes choses, l'Esprit perce le secret de chaque parole et sait ce qu'il vous dit[13]», professe l'introït. En remplissant le cœur de la Vierge[14], l'Esprit savait ce qu'il faisait : il permettait à la Vierge de concevoir l'Homme par lequel devaient s'accomplir les promesses afin que l'homme redevienne ami et fils de Dieu, grâce à des œuvres d'amour successives.  

Regarde ! Médite ! Celui qui avait présidé à toutes les actions du Créateur, et donc aussi à la pensée de créer l'Immaculée, la future Mère du Rédempteur, le voici qui descend à présent pour l'épouser, et il la trouve plus belle que le paradis lui-même parce que belle de justice par sa propre volonté, en plus de l'être par la volonté du Seigneur du paradis !          

Y a-t-il une épiphanie de l'Amour divin plus douce que celle-ci ? Par cette douce épiphanie voici que se forme, dans le sein de la Vierge, la chair du Verbe et le premier battement du cœur du Christ, ce cœur qui depuis son premier battement n'a pas connu un seul mouvement qui ne soit obéissance et amour, et qui se propose à vous comme modèle pour parvenir à la gloire du ciel
[15].   

Mais à cette épiphanie du mois de mars en Galilée
[16], à l'autre survenue sur les rives du Jourdain[17], vient s'unir l'épiphanie lumineuse de la Pentecôte[18], véritable couronne dont le Christ avait fait la promesse à ses apôtres pour les consoler au soir de Pâques et au matin de l'Ascension[19]. La voici qui s'accomplit, précédée par une préparation d'obéissance et de prière pour transformer les pauvres apôtres en grands apôtres "et pour les baptiser par le Feu", comme Jésus le leur avait prédit afin qu'ils soient purifiés de leurs pesanteurs et, une fois devenus davantage esprits que chairs, qu'ils sachent se plonger dans le Feu et le répandre de toute part pour en incendier le monde. L'Esprit savait bien ce qu'il faisait à ce moment précis : il opérait la transformation des cœurs. De cœurs d'hommes, il faisait des "voix" de Dieu.          

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136>  Voilà. L'Esprit accomplit ces opérations. Il prend le rien qui sait aimer, qui est obéissant, fidèle, qui parle à Dieu dans une prière confiante, et il l'envahit de lui-même, le transforme et en fait l'instrument de Dieu.          

"Tu fais une création nouvelle", est-il dit
[20]. Oui. Il opère la recréation de l'homme en instrument, afin qu'ensuite la bonne volonté de l'instrument, unie à l'Amour, crée le saint.   

Observe : la première Personne apparut et ordonna : "Que la lumière soit !
[21]" La troisième Personne dit : "Que l'amour soit !" La première ordonna : "Que l'homme soit ! [22]" et la troisième : "Que le saint soit !" La première cria à Lucifer : "Soit maudit ![23]" La troisième met la haine en fuite par les foudres de l'amour.        

Le Seigneur surgit, disperse ses ennemis et ceux de ses fils, et ceux qui haïssent l'amour fuient de devant sa face et des alentours de ses fils.  

 Je t'ai déjà dit que Marie était belle et aimée, parce que belle de justice par sa propre volonté en plus de l'être par la volonté de Dieu, ce qui lui valut les noces divines. Et je t'ai également dit que les apôtres méritèrent le chrême de la Pentecôte par leur obéissance et leur prière qui les ont préparés à l'événement.        

Pour mériter l'Amour, toute âme doit le désirer par sa propre volonté, et se garder digne de lui par une obéissance et une prière infatigables. Sans cela, la descente de l'Esprit Saint sur elle serait vaine car, une fois descendu, il ne pourrait y faire sa demeure. L'Esprit Saint remonterait alors promptement au ciel, laissant aridité, gel, ténèbres et silence là où il aurait pu y avoir fécondité, chaleur, lumière et enseignements divins.       

Mais si cela est valable pour tous les fidèles, ce l'est encore plus pour les instruments. D'hommes, les apôtres furent transformés en voix de Dieu par l'opération du Paraclet et par leur opération personnelle d'obéissance et de prière. Ceux qui sont appelés à une mission spéciale – et tout appel est une épreuve, non pas une élection sûre et immuable – sont transformés en "voix" par l'opération de l'Amour et leur préparation personnelle d'obéissance et de prière.          

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137>  Ne donnez jamais d'autre nom que ces deux-là (obéissance et prière) aux "riens" qui deviennent instrument. C'est leur dialogue avec Dieu, leur obéissance aux commandements de Dieu qui font d'eux ce qu'ils sont. Et ne donnez pas d'autre nom que ceux de désobéissance et d'orgueil aux chutes de ceux qui paraissaient des justes et qui n'en avaient que la façade extérieure.

Moi, mon âme, je ne cesserai jamais, au risque de te paraître monotone, de t'exhorter à ces vertus – nécessaires à tous, mais absolument indispensables, et dans une pleine mesure, à ceux qui sont élus pour des voies extraordinaires – que sont une par­faite obéissance et une parfaite humilité, un esprit d'union avec Dieu, c'est-à-dire une prière vécue et non pas des prières mar­monnées machinalement à des heures déterminées.       

Avant-hier, au cours d'un enseignement intime, je t'ai expliqué comment même ce que ton intelligence ne comprend pas, parce qu'elle n'est pas nourrie de notions théologiques, opère en toi des transformations spirituelles parce que l'âme, à l'insu de ton intellect lui-même qui ne peut la suivre par ignorance de ces notions théologiques, absorbe le suc des leçons que tu reçois et s'en nourrit. Ne te préoccupe pas si, comme tu le dis, ton cerveau ne ressent que le son extérieur et incompréhensible d'un si grand nombre de profondes leçons. Il y a une partie de toi, la meilleure, qui ne manque pas de s'en nourrir, réellement. D'ailleurs, cela a davantage de valeur que si toi, par ton intelligence, tu pouvais analyser et comprendre chaque mot, mais que cette analyse restait une froide étude de l'intellect au lieu d'être le pain et le feu de l'esprit.

Nombreux sont les savants, mais rares sont ceux qui unissent la science à la justice. Pourquoi ? Parce qu'ils savent ce qu'est Dieu, mais ils ne veulent pas faire descendre ce savoir du cerveau jusqu'à leur cœur et à leur esprit ; ils ont beau être savants, ils ne sont pas justes et n'évoluent pas, de créatures humaines qu'ils sont, vers l'état de créatures spirituelles. Ils sont grands en orgueil mais pas en obéissance. Ils sont audacieux pour juger mais pusillanimes en amour. Un flot de paroles s'écoule de leur bouche. Mais elles descendent au lieu de monter, parce que ce ne sont que des mots, et non des flèches d'amour lancées vers le ciel. L'oraison... Oh ! Je veux te donner une comparaison de ce qu'est la véritable oraison.         

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138>  Pense à une femme qui porte son fils en son sein. Le cœur du bébé ne fait pas qu'un avec celui de sa mère ; ils sont distincts, séparés par des organes et des membranes, on pourrait dire qu'ils sont indépendants. Néanmoins, à chaque battement du cœur maternel correspond un battement du cœur du fils, parce que c'est le même sang qui parcourt leurs veines. Voilà, il en est de même de l'oraison quand elle est véritable. C'est une action qui unit les battements d'amour de la créature aux battements d'amour de son Dieu, comme si un même sang d'amour impri­mait le mouvement aux deux cœurs distincts, en en synchronisant leur mouvement. Mais si l'enfant naît, ses pulsations deviennent indépendantes parce qu'il est désormais séparé de sa mère, hors d'elle.  

Il en va de même si le croyant se sépare de Dieu et sort de lui ; ses mouvements ne sont alors plus synchronisés avec ceux de Dieu. L'enfant sort par une loi naturelle et bonne. Le croyant sort par choix volontaire et mauvais. Toi, ne sors jamais de l'amoureux sein de l'Amour.    

 Reprenons notre réflexion sur cette manifestation de l'Esprit Paraclet.      

Je t'ai dit au début que nous allions considérer la Pentecôte sous les aspects de sa préparation, de sa forme et de ses effets. La préparation peut être divisée en trois temps. Les temps reculés, les temps proches et les temps immédiats.           

La lointaine préparation de la Pentecôte est celle qui était dans la pensée de Dieu depuis qu'il a décrété la venue du Verbe sur terre pour racheter et pour apporter la religion sainte et parfaite qui tire son nom du Christ. C'est une très lointaine préparation, mais toujours présente et toujours plus vive à mesure que les temps avançaient vers la limite du temps du châtiment, donc aussi vers le seuil du temps du pardon. L'amour se trouvant dans toutes les actions de Dieu, ce n'est pas une erreur de dire que cette préparation remonte au commencement des temps.      

La proche préparation est celle du temps qui va de l'Annonciation à l'immolation.      

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139> L'immédiate est celle qui va de la Résurrection à la Pentecôte. C'est pour cela, petit Jean, que notre Seigneur Jésus t'a immédiatement transportée dans ce temps de la Pentecôte, à peine le jour de Pâques terminé. Il te traite comme l'un de ses disciples bien-aimés, mon âme. Une fois ressuscité d'entre les morts, il leur donna encore un enseignement, et cela, pour ainsi dire, dans une ségrégation d'amour : lui et eux, eux et le Seigneur, sans plus de prédications aux foules ni de miracles retentissants, afin d'éviter la distraction des foules environnantes lors de son ultime enseignement. Il les conduisit ainsi jusqu'au moment de son ascension, les laissant avec l'ordre de rester recueillis en oraison et sous la direction de la très sainte Vierge Marie, dans l'attente du Paraclet[24].     

Il agit de même envers toi. Ainsi, il te met dans l'ambiance de la Pentecôte dès que cesse le dernier son des cloches de Pâques. Ce n'est pas que cinquante jours soient de trop pour se préparer à recevoir l'Esprit, le Feu qui ne consume que ce qui est inutile, mais, pour l'accueillir comme celui qui sanctifie et qui agit, il faut un esprit préparé comme un cénacle, silencieux, isolé, parfumé d'obéissance et d'oraison.      

Alors la Pentecôte ouvre ses sept fleuves et donne lumière et virilité spirituelle, nourrit l'âme de ses dons et la rend apte à accueillir les fruits septiformes dont l'Esprit dépose la semence que la bonne volonté de l'âme porte à maturité. C'est certain, l'Esprit Saint ne peut être accueilli là où il n'y a pas de place pour son abondance ni de dignité pour sa nature, là où ses en­seignements demeureraient vains parce que la rumeur du monde trouble et oppresse, où l'obéissance fait défaut, où l'oraison est ostentatoire, là enfin où résistent d'autres saveurs qui ne sont pas la fleur de la farine ni le miel de la roche - comme le dit la messe de demain, c'est-à-dire les choses simples et suaves, vrai­ment nutritives comme les choses qui viennent de Dieu et que dans sa bonté il donne à ses fils - mais qui sont les saveurs piquantes et corrompues du monde, de la chair et du démon.   

 Maria, mon âme, jusqu'à maintenant la mortification qui t'a opprimée t'a maintenue en condition d'humilité et de fidélité à Dieu, et c'est pourquoi l'Esprit t'a aimée et s'est communiqué avec grande grâce. À présent, fortifie ton cœur afin que la fumée des louanges ne le dévoie pas pour faire de toi une cymbale so­nore, mais sans les lumineuses paroles de la Sagesse. 

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140> Fortifie ton cœur. Je te le dis : "Fortifie". Je t'avais dit : "Ne crains pas" quand les hommes te livraient bataille et que tu étais seule avec ton Dieu et ton ange gardien. Maintenant je te dis : "Fortifie-toi". Reste inébranlable sous les louanges comme tu le fus sous les blâmes. Ce n'est pas toi, mais Dieu seul, qui est digne de louange.  

Élève ton cœur et établis-le en lui ; quels que soient les hommages qui te sont rendus, adresse-les à celui qui en est digne. Tu as été et tu es l'intermédiaire qui porte la parole de Dieu aux hommes. Sois l'intermédiaire qui porte la louange des hommes à l'auteur du prodige. Sois un humble intermédiaire pour être un intermédiaire utile, et un juste intermédiaire pour être un saint intermédiaire. Tu as toujours surmonté les batailles de la souf­france et chacune t'a toujours rendue davantage fille de Dieu. Saches surmonter les batailles de la satisfaction. Sois juste, humble et fidèle.

Qu'il soit rendu grâces à Dieu, ma Maria, rendons-lui grâces à la fin de cette explication particulière qui est ce que le Seigneur voulait que je te dise.

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Rendons grâces à Dieu ! Alléluia !      

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Fiche mise à jour le 20/11/2017.

 



[1] Hymne attribué au Pape Innocent III (1160-1216) ou à Étienne Langton, archevêque de Cantorbéry (1150 - 1228).         
Viens, Esprit-Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. 
Viens en nous, père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.       
Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes adoucissante fraîcheur.   
Dans le labeur, le repos, dans la fièvre, la fraîcheur, dans les pleurs, le réconfort.    
O lumière bienheureuse, viens remplir jusqu'à l'intime le cœur de tous tes fidèles.  
Sans ta puissance divine, il n'est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.  
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.       
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.      
À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient donne tes sept dons sacrés.        
Donne mérite et vertu, donne le salut final donne la joie éternelle.

[2] Paraclet (παράκλητος, Parakletos ; en latin "Paraclitus") est un mot d'origine grecque qui signifie « celui qui console », ou « celui qui intercède », l'« avocat ». Nom donné au Christ et à l’Esprit saint par saint Jean : "Nous avons un avocat auprès du Père" (1 Jean 2,1). "Le Paraclet, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom" (Jean 14,16).

[3] Du grec Epiphania : manifestation.

[4] Voir Poema I, page 224, § 56.

[5] Genèse 1-2

[6] Cf. Genèse 2, 7.

[7] Cf. Matthieu 25, 46 : « ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle ».

[8] Exode 20,1-21 21 – Matthieu 3, 16-17 – Marc 1, 10-11 – Luc 3, 21-22 – Jean 1, 32-34 – Jean 12, 28.

[9] Baptême de Jésus : Le Père fait entendre sa voix et dit au Fils « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis mes complaisances. » (Marc 1, 7-11). L’Esprit-Saint descend sous forma de colombe. Un tel évènement est dit Théophanie ou manifestation de Dieu.

[10] Cf. Jean 12, 28 : « Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore ».

[11] Genèse 1, 3.

[12] Hébreux 1, 1-4 : « Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées ; mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes ». – Cf. Credo « Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie … il a parlé par les prophètes ».

[13] Matthieu 1,18-25

[14] Luc 1, 26-38

[15] Matthieu 11, 29.

[16] Luc 1, 26-38

[17] Matthieu 3,16-17

[18] Actes 2,1-4

[19] Actes 1,14 – Actes 2,1.

[20] Psaume 103 (Hébreu 104),30.

[21] Genèse 1,3.

[22] Genèse 1,26.

[23] Genèse 3,14.

[24] Actes 1,14.