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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Description :I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\italiano.gif 7.484 - Sosta obbligata presso Efraim e parabola della melagrana.

Description :I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\English.gif 4.482 - At Ephraim. Parable of the Pomegranate.

 4.484 - Alto obligado en las cercanías de Efraím y parábola de la Granada.

 8.536 - Jesus in Ephraim; Das Gleichnis vom Granatapfel.



Notre-Dame d'Éphraïm
ou Vierge à la grenade, écho de la scène décrite par Maria Valtorta


Mardi 11 septembre 29
(16 Eloul 3789)
Éphraïm.


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Description :I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\BaliseBleue.gif Parabole de la grenade.


Description :I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Resume.gif

- Jésus ne peut séjourner dans la ville ........................... 152

- Discours d'un notable (Meilleurs que les juifs) 153

- Vous n'êtes pas loin du Royaume spirituel ...... 154

- Repas dans un verger 155

- Un enfant court chercher une grenade ........................ 156


- Discours (Dissentiments entre les peuples .................. 156

- Abattre les séparations par l'amour) ........................ 157

- Départ ........................ 158

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7


Tome 7, chapitre 179.

484.
Jésus à Éphraïm.
Parabole de la grenade


Vision du samedi 31 août 1946

152> Jésus croit en effet pouvoir traverser, aux premières lueurs de l'aube, Éphraïm encore silencieuse et avec ses rues désertes, sans que personne le voie. Par prudence, il fait le tour de la ville sans y entrer, malgré l'heure plus que matinale.          

153> Mais quand du petit chemin qu'ils ont parcouru, en arrière du village, ils débouchent sur la grand-route, ils se trouvent en face tout le village pourrait-on dire et, avec le village, d'autres venus d'autres lieux déjà dépassés, qui montrent Jésus dès son arrivée aux gens d'Éphraïm. Heureusement les pharisiens, les scribes et leurs pareils, sont absolument absents.       

Ceux d'Éphraïm envoient en avant les notables du village dont l'un, après un solennel salut, dit au nom de tous : "Nous avons su que tu étais parmi nous et que tu n'avais pas dédaigné d'avoir pitié de certains. Nous savions déjà que tu avais été plein de pitié pour ceux de Sichem, et nous avons désiré te voir. Or Celui qui voit les pensées des hommes t'a conduit parmi nous. Séjourne et parle, car nous aussi nous sommes les fils d'Abraham."      

"Il ne m'est pas permis de séjourner..."         

"Oh! Nous savons qu'ils te cherchent. Mais pas de ce côté. Cette ville est à la limite du désert et des Montagnes du sang. Ils ne passent pas ici volontiers. Et puis cette fois, après les premiers, nous n'en avons plus vu un seul."        

"Je ne puis rester..."

"Le Temple t'attend, nous le savons. Mais crois à nous. Vous nous regardez comme des proscrits, parce que nous ne nous inclinons pas devant les Pontifes d'Israël. Mais est-il Dieu, par hasard, le Pontife ? Nous sommes loin. Mais pas assez pour ne pas savoir que vos prêtres ne sont pas moins indignes que les nôtres. Et nous pensons que Dieu ne peut plus être avec eux. Non, le Très-Haut ne se cache plus dans la fumée de l'encens. On pourrait cesser de le brûler, et on pourrait entrer dans le Saint des Saints sans avoir peur d'être réduit en cendres par la splendeur de Dieu qui repose sur sa gloire. Et nous adorons Dieu le sentant hors des pierres qui ne sont plus habitées des temples vides. Et nous ne disons pas que notre temple est plus vide que le vôtre, si vous voulez nous accuser d'avoir un temple d'idoles. Tu vois que nous sommes équitables, mais pour cette raison, écoute-nous".          

Il prend un ton solennel : "Il vaudrait mieux que tu t'arrêtes pour adorer le Père parmi ceux qui, au moins, reconnaissent qu'ils ont un esprit de religion vide de vérité comme les autres qui ne veulent pas le reconnaître et nous offensent. Seuls, repoussés comme des lépreux, sans prophètes et sans docteurs, au moins nous avons su être unis en sentant que nous étions frères.            

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154> Et notre loi c'est de ne pas trahir, car il est écrit : "Ne suis pas la foule pour faire le mal, et quand tu juges, ne dévie pas de la vérité pour t'en tenir à l'avis du plus grand nombre"[1]. Il est écrit; "Ne fais pas mourir l'innocent et le juste car j'ai en haine l'impie. N'accepte pas de cadeaux qui aveuglent même les sages et troublent les paroles des justes. Ne tourmentez pas l'étranger, car vous savez ce que cela veut dire d'être étranger sur la terre d'autrui"[2]. Et dans les bénédictions dites justement du Garizim, montagne chère au Seigneur puisqu'il l'a choisie comme montagne de bénédiction, tout bien est promis à celui qui s'en tient à la vraie Loi qui se trouve dans le Pentateuque[3]. Or, si nous repoussons comme idolâtres les paroles des hommes mais gardons celles de Dieu, pouvons-nous, peut-être, être appelés idolâtres ? La malédiction de Dieu est sur celui qui frappe en cachette le prochain et accepte une récompense pour condamner à mort un innocent. Nous ne voulons pas être maudits par Dieu à cause de nos actions. Car nous ne serons pas maudits parce que nous sommes samaritains, car Dieu est le Juste qui récompense le bien là où Il le trouve. C'est ce que nous espérons du Seigneur."  

Il se recueille un instant, puis il reprend : "C'est à cause de tout cela que nous te disons : il vaudrait mieux pour Toi rester parmi nous. Le Temple te hait et il te cherche pour te faire souffrir. Et pas lui seulement. Tu resteras toujours trop parmi ceux qui te rejettent comme un opprobre. Ce n'est pas des juifs que te viendra l'amour."      

"Je ne puis rester, mais je me rappellerai vos paroles. Je vous dis, de toute façon, de persévérer dans l'observance des lois de justice que vous avez rappelées et qui découlent du précepte d'amour du prochain. Le précepte qui, avec celui de l'amour pour Dieu, forme le commandement principal de la Religion ancienne et de la mienne. Pour celui qui vit en juste, il n'est pas loin le chemin du Ciel. Il suffira d'un pas pour amener ceux qui sont sur le sentier voisin, séparés seulement désormais par un point d'honneur, plus que par conviction, sur le chemin du Royaume de Dieu."       

"Le tien !"     

"Le mien. Mais non pas le Royaume tel que l'imaginent les hommes, royaume de pouvoir temporel juste, et à l'occasion violent pour être puissant. Mais plutôt le Royaume qui commence dans le cœur des hommes auxquels le Roi spirituel donne un code spirituel, et donnera une récompense spirituelle. Il donnera le Royaume. Ce Royaume dans lequel il n'y aura pas exclusivement des juifs, ou des galiléens, ou des samaritains, mais où seront tous ceux qui sur la Terre auront eu une foi unique : la mienne, et qui dans le Ciel porteront un nom unique : saints.

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155> Les races et les divisions entre races restent sur la Terre, limitées à elle. Dans mon Royaume, il n'y aura pas des races différentes, mais uniquement celle des fils de Dieu. Les fils d'Un Seul ne peuvent appartenir qu'à une seule souche. Maintenant laissez-moi aller. Long encore est le chemin que je dois parcourir avant la nuit."          

"Tu vas à Jérusalem ?"         

Ensémès."           

"Alors nous allons t'indiquer un chemin que nous sommes seuls à connaître pour aller au gué, sans halte et sans risques. Tu n'as pas de charges ni de chars, et tu peux le suivre. A none, tu y seras, et il te sera utile de connaître ce sentier. Mais repose-toi une heure parmi nous et accepte le pain et le sel, et donne-nous en échange ta parole."         

"Qu'il en soit comme vous voulez, mais restons là où nous sommes. La journée est si douce et l'endroit si beau."   

En effet ils sont dans une conque qui est toute en vergers. Au milieu coule un petit torrent que les premières pluies ont alimenté et qui s'en va bruyant et éclairé par le soleil, descendant entre les pierres qui le brisent en écume nacrée, vers le Jourdain. Les arbustes, qui ont résisté à l'été, semblent jouir sur les deux rives des embruns de l'eau réduite en écume, et brillent en frémissant doucement sous un vent tempéré qui apporte un parfum de pommes mûres et de moût en fermentation.

Jésus va justement près du torrent et s'assoit sur un rocher, ayant sur la tète l'ombre légère d'un saule et à côté les eaux riantes qui descendent dans la vallée. Les gens s'installent sur l'herbe qui a poussé sur les deux rives.        

Entre-temps, on apporte du village du pain, du lait qu'on vient de traire, des fromages, des fruits et du miel, et on offre le tout à Jésus pour qu'il se restaure avec les siens. Et on le regarde manger, après qu'il ait offert et béni la nourriture, simple comme un mortel, souverainement beau, et spirituellement imposant comme un dieu. Il a un vêtement en laine de couleur blanche tirant sur l'ivoire comme celle de la laine filée à la maison, et un manteau bleu foncé jeté sur ses épaules. Le soleil, qui filtre à travers le feuillage du saule, fait briller dans ses cheveux des étincelles d'or qui se déplacent en même temps que les feuilles légères du saule.      

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156> Un rayon réussit à Lui caresser la joue gauche en faisant de la boucle souple qui termine la mèche retombant le long de la joue, un écheveau de fils d'or dont la couleur se retrouve plus pâle dans la barbe soyeuse et légère qui couvre le menton et le bas du visage. La peau, couleur d'ivoire ancien, fait voir dans la lumière du soleil la délicate broderie des veines sur les joues et sur les tempes et l'une d'elles traverse du nez aux cheveux le front lisse et haut...


Je pense que c'est justement de cette veine que j'ai vu couler tant de sang à cause d'une épine qui la transperçait durant la Passion... Toujours, quand je vois Jésus si beau et si ordonné dans sa tenue virile, je me rappelle à quoi l'ont réduit les souffrances et les insultes qui Lui sont venues des hommes...


Jésus mange et il sourit à des enfants qui se sont serrés contre ses genoux y posant leurs têtes, ou le regardant manger comme s'ils voyaient je ne sais quoi, Jésus, arrivé aux fruits et au miel, leur en donne, en mettant dans la bouche des plus petits des grains de raisin ou des bouchées couvertes de miel filant, comme si c'étaient des oisillons.      

Un enfant — certainement elles lui plaisent et il espère en avoir — s'en va en courant à travers les gens vers un verger et il revient avec les bras serrés contre sa petite poitrine pour en faire un petit panier vivant ou reposent trois grenades d'une beauté et d'une grosseur merveilleuses, et il les offre avec insistance à Jésus.
[4]       

Jésus prend les fruits et il en ouvre deux pour faire autant de parts qu'il a de petits amis, et il les distribue. Puis, prenant dans la main la troisième, il se lève et commence à parler en tenant dans la main gauche bien en vue, la magnifique grenade.       

Description :I:\Maria Valtorta\SiteWeb\ValtortaWeb\Images\Balise.gif "À quoi comparerai-je le monde en général, et en particulier la Palestine, autrefois, et dans la pensée de Dieu, unie en une Nation unique et puis séparée par une erreur et une haine opiniâtre entre frères ? À quoi comparerai-je Israël comme il s'est réduit volontairement ? Je le comparerai à cette grenade.   

Et en vérité je vous dis que les dissentiments qui existent entre juifs et samaritains, se reproduisent sous des formes et dans des mesures différentes, mais avec un même fond de haine, entre toutes les nations du monde, et parfois entre les provinces d'une même nation.         

Et on dit que ces dissentiments sont insurmontables comme si c'étaient des choses créées par Dieu Lui-même. Non. Le Créateur n'a pas fait autant d'Adam et autant d'Ève qu'il y a de races opposées l'une à l'autre, qu'il y a de tribus, qu'il y a de familles qui sont dressées l'une contre l'autre comme des ennemis.       

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157> Il a fait un seul Adam et une seule Ève, et d'eux sont venus tous les hommes, qui se sont répandus ensuite pour peupler la Terre, comme si c'était une seule maison qui s'enrichit de plus en plus de pièces à mesure que grandissent les enfants et qu'ils contractent mariage pour procréer des descendants à leurs pères.          

Pourquoi alors tant de haine entre les hommes, tant de barrières, tant d'incompréhensions ? Vous avez dit : "Nous savons être unis, en sentant que nous sommes frères". Ce n'est pas assez. Vous devez aimer aussi ceux qui ne sont pas samaritains.     

Regardez ce fruit : vous en connaissez la saveur et non seulement la beauté. Fermé comme il l'est, il vous promet déjà le doux suc de son intérieur. Une fois ouvert, il réjouit aussi la vue avec ses rangées serrées de grains semblables à autant de rubis enfermés dans un coffre-fort. Mais malheur à l'imprudent qui le mord sans l'avoir débarrassé des séparations très amères qui se trouvent entre les familles de grains. Il s'empoisonnerait les lèvres et les viscères, et il rejetterait le fruit en disant: "C'est du poison".  

Il en est de même des séparations et des haines entre un peuple et un autre peuple, entre une tribu et une autre tribu, elles rendent "poison'' ce qui avait été créé pour être douceur. Elles sont inutiles et elles ne font, comme dans ce fruit, que créer des limites qui réduisent l'espace, compriment et font souffrir. Elles sont amères et à celui qui mord, ou à celui qui mord le voisin qu'il n'aime pas, pour l'offenser et le faire souffrir, elles donnent une amertume qui empoisonne l'esprit. Sont-elles ineffaçables ? Non. La bonne volonté les supprime, comme la main d'un enfant enlève ces séparations amères qui se trouvent dans le doux fruit que le Créateur a fait pour les délices de ses enfants.    

Et la bonne volonté, le premier à l'avoir, c'est le même Unique Seigneur qui est le Dieu des juifs comme des galiléens, et des samaritains comme des batanéens
[5]. Il le montre en envoyant l'Unique Sauveur qui sauvera les uns et les autres sans demander autre chose que la foi dans sa Nature et sa Doctrine. Le Sauveur qui vous parle passera pour abattre les barrières inutiles, pour effacer le passé qui vous a divisé, pour mettre à la place un présent qui vous rend frères en son Nom. Vous tous d'ici et d'au-delà des frontières, vous n'avez qu'à le seconder, et la haine tombera, et tombera l'avilissement qui suscite la rancœur, et tombera l'orgueil qui suscite l'injustice.         

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158> Voici mon commandement: que les hommes s'aiment comme des frères qu'ils sont. Qu'ils s'aiment comme le Père des Cieux les aime et comme les aime le Fils de l'homme [6] qui, par la nature humaine qu'il a prise, se sent frère des hommes, et qui par sa Paternité se sent maître de vaincre le Mal avec toutes ses conséquences. Vous avez dit: "C'est notre loi de ne pas trahir". Alors commencez par ne pas trahir vos âmes en les privant du Ciel. Aimez-vous les uns les autres, aimez-vous en Moi, et la paix arrivera aux esprits des hommes, comme il a été promis. Et il viendra le Règne de Dieu qui est un Règne de paix et d'amour pour tous ceux qui ont la volonté sincère de servir le Seigneur leur Dieu.     

Je vous quitte. Que la Lumière de Dieu illumine vos cœurs... Allons..."

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Il s'enveloppe dans son manteau, prend son sac en bandoulière, et il marche en tête, ayant de chaque côté Pierre et le notable qui a parlé au début. En arrière les apôtres, et plus en arrière, car il n'est pas possible d'avancer en groupe sur le sentier qui longe le torrent, des jeunes gens d'Éphraïm...      

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[1] Exode 23,2

[2] Exode 23,7-9

[3] Deutéronome 28,1-14. Le Garizim est le lieu où les tribus d'Israël renouvellent solennellement leur fidélité à la Loi de Moïse après leur entrée en Terre Promise.

[4] Cet épisode des trois grenades offertes, comme de la parabole qu'elles inspirent, ont laissé des traces dont se font écho les sœurs de la Sainte-Croix de Jérusalem ainsi que la paroisse de Taybeh, nom moderne d'Ephraïm.

[5] Habitants du centre de la Tétrarchie de Philippe

[6] Cf. Jean 15,12