"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  5.302 - A Magdala, prima di mandare tutti in famiglia per le Encenie.

  3.301 - From Endor to Magdala.


mardi 7 novembre 28
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Magdala


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Le trop fort attachement aux amours humaines


- Dialogue de Jésus avec Pierre

- Je suis dur pour te rendre dur 522

- Il lui confie son plan d'action 523

- Mission donnée à Thomas et à Judas 525

- Marie-Magdeleine a vendu les bijoux 526

- Elle n'aime pas la compagnie de Judas 527

 

4.168.
De Endor à Magdala


522> De l'eau, de l'eau, de l'eau... Les apôtres, peu satisfaits de cette marche sous la pluie, insinuent à Jésus qu'il vaudrait mieux s'abriter à Nazareth qui n'est pas loin... et Pierre dit : "Puis on pourrait en partir avec l'enfant..."

Le "non" de Jésus est tellement tranchant que personne n'ose insister. Jésus va en avant tout seul... Les autres derrière, en deux groupes, renfrognés.

523> Puis Pierre ne peut y résister et va près de Jésus. "Maître, tu me veux ?" demande-t-il un peu mortifié.

"Tu m'es toujours cher, Simon. Viens."

Pierre se rassérène. Il trottine aux côtés de Jésus qui, avec ses longs pas, fait aisément beaucoup de chemin. Après un moment, il dit : "Maître... ce serait beau d'avoir l'enfant pour la fête..."

Jésus ne répond pas.

"Maître, pourquoi ne me fais-tu pas plaisir ?"

"Simon, tu cours le risque que je t'enlève l'enfant."

"Non ! Seigneur ! Pourquoi ?" Pierre est épouvanté par la menace et désolé.

"Parce que je ne veux pas que tu sois retenu par aucune chose. Je te l'ai dit quand je t'ai accordé Margziam. Toi, au contraire, tu t'enlise dans cette affection."

"Ce n'est pas un péché d'aimer, et d'aimer Margziam. Tu l'aimes, Toi, aussi…"

 "Mais cet amour ne m'empêche pas de me donner tout entier à ma mission. Tu ne te rappelles pas mes paroles sur les affections humaines ? Mes conseils, si nets qu'ils sont déjà des ordres, pour celui qui veut mettre la main à la charrue ? [1] Tu es en train de te lasser, Simon de Jonas, d'être héroïquement mon disciple ?"

La voix de Pierre est devenue rauque par les larmes quand il répond : "Non, Seigneur. Je me rappelle tout, et je ne suis pas lassé. Mais j'ai l'impression que c'est le contraire... Que c'est Toi qui es lassé de moi, du pauvre Simon qui a tout quitté pour te suivre..."

"Qui a tout trouvé en me suivant, veux-tu dire."

"Non... Oui... Maître... Je suis un pauvre homme, moi..."

"Je le sais. C'est précisément pour cela que je te travaille. C'est pour faire d'un pauvre homme un homme, et de celui-ci un saint, mon Apôtre, ma Pierre. Je suis dur pour te rendre dur. Je ne veux pas que tu sois mou comme cette boue. Je veux que tu sois un bloc taillé, parfait : la Pierre de base. Ne comprends-tu pas que cela c'est de l'amour ? Tu ne te souviens pas du Sage ? Lui dit que celui qui aime est sévère. Mais comprends-moi ! Comprends-moi, toi, au moins ! Ne vois-tu pas comme je suis accablé, désolé par tant d'incompréhensions, par trop de feintes, par de nombreux manques d'amour et par des déceptions encore plus nombreuses ?"

"Tu es... tu es ainsi, Maître ? Oh ! Miséricorde divine ! Et moi, je ne m'en apercevais pas ! La grande bête que je suis !... Mais depuis quand ? Mais par qui ? Dis-le moi..."

524> "Inutile. Tu n'y pourrais rien faire. Je n'y puis rien Moi non plus…"

"Je ne pourrais réellement rien faire pour te soulager ?"

"Je te l’ai dit: comprendre que ma sévérité est de l'amour. Voir dans toute ma conduite à ton égard l'amour."

"Oui, oui. Je ne parle plus, mon Maître bien cher ! Je ne parle plus. Et Toi, pardonne à cette grande bête que je suis. Donne-moi la preuve que tu me pardonnes..."

"La preuve ! Vraiment ma parole devrait te suffire, mais je te la donne. Écoute : je ne puis aller à Nazareth, car à Nazareth il y a Jean d'Endor et Sintica, en plus de Margziam. Et cela ne doit pas être connu."

"Même de nous ? Pourquoi ?… Ah !… Maître ?! Maître ?! tu te méfies de quelqu’un de nous ?"

"La prudence enseigne que quand une chose doit être tenue secrète, c'est déjà trop que deux en soient au courant. On peut faire du mal même avec une parole qui échappe. Et ce n'est pas tous, ni toujours, que vous êtes réfléchis."

"Vraiment... je ne le suis pas moi non plus. Mais quand je veux, je sais garder le silence. Et maintenant, je me tairai. Oh ! oui, je me tairai. Je ne serais plus Simon de Jonas si je ne sais pas me taire. Merci, Maître, de ton estime. C'est une grande preuve d'amour... Alors maintenant on va à Tarichée ?"

"Oui. De là, avec les barques, à Magdala. Je dois retirer l'or des joyaux." [2]

"Tu vois si je sais me taire. Je n'ai jamais rien dit à Judas, tu sais ?"

Jésus ne commente pas l'interruption. Il poursuit : "Une fois que j'aurai l'or, je vous mets tous en liberté jusqu'au lendemain des Encénies. Si je veux quelqu’un de vous, je l'appellerai à Nazareth. Les juifs, sauf Simon le Zélote, accompagneront les sœurs de Lazare et leurs servantes, et en plus Élise de Béthsur, à la maison de Béthanie. Puis ils iront dans leurs foyers pour les Encénies. Il me suffira qu'ils soient de retour pour la fin de Scebat [3] quand nous reprendrons les voyages. Cela, tu es seul à le savoir, n'est-ce pas, Simon Pierre ?"

"Moi seul le sais. Mais... tu devras pourtant le dire..."

"Je le dirai au moment voulu. Maintenant, va vers tes compagnons et sois assuré de mon amour."

Pierre obéit, content, et Jésus s'enfonce de nouveau dans ses pensées.

525> Les vagues se brisent sur la petite plage de Magdala quand les deux barques y abordent à la fin d'un après-midi de novembre. Ce ne sont pas de fortes vagues, mais elles sont toujours désagréables pour ceux qui débarquent, car les vêtements se mouillent. Mais la perspective de se trouver bientôt dans la maison de Marie de Magdala fait supporter sans murmurer le bain indésirable.

"Mettez à l'abri les barques et rejoignez-nous" dit Jésus aux mousses. Et il se met tout de suite en chemin le long de la côte, car ils ont débarqué dans une petite cale en dehors de la ville, là où se trouvent d'autres barques de pêcheurs de Magdala.

"Judas de Simon et Thomas, venez ici, avec Moi" appelle Jésus. Les deux accourent.

"J'ai décidé de vous confier une charge de confiance qui sera aussi une joie. La charge sera d'accompagner les sœurs de Lazare à Béthanie et, avec elles, Élise. Je vous estime assez pour vous confier les disciples. En même temps, vous porterez une lettre de Moi à Lazare. Puis, après vous être acquittés de cette charge, vous irez chez vous pour les Encénies... Ne m'interromps pas, Judas. Nous ferons tous les Encénies dans nos maisons, cette année. C'est un hiver trop pluvieux pour pouvoir voyager. Vous voyez aussi que les malades se font rares. Nous en profiterons donc pour nous reposer et faire plaisir à nos familles. Je vous attends à Capharnaüm pour la fin de Scebat."

"Mais Toi, tu restes à Capharnaüm ?" demande Thomas.

"Je ne suis pas encore sûr où je resterai. Ici ou là, pour Moi, c'est égal. Il suffit que ma Mère soit proche."

"Je préférerais faire les Encénies avec Toi" dit l'Iscariote.

"Je le crois. Mais obéis, si tu veux me faire plaisir. D'autant plus que votre obéissance vous donnera la possibilité d'aider les disciples revenus s'éparpiller un peu partout. Il faut bien que vous m'aidiez en cela ! Dans les familles, ce sont les aînés qui aident les parents à former les fils plus jeunes. Vous êtes les frères aînés des disciples qui sont vos cadets, et vous devez être heureux que je me fie à vous. Cela prouve que je suis content de votre récent travail."

Thomas dit simplement : "Tu es trop bon, Maître. Mais quant à moi, je chercherai à faire encore mieux maintenant. Il me déplaît pourtant de te quitter... Mais cela passera vite... Et mon vieux père sera content de m'avoir pour la fête... et aussi mes sœurs... Et ma jumelle !... Elle doit avoir eu, ou est sur le point d'avoir, un enfant... Mon premier neveu... Si c'est un garçon et s'il naît pendant que je serai là, quel nom lui donner ?"

526> "Joseph."

"Et si c'est une fille ?"

"Marie. Il n'y a pas de noms plus doux."

Mais Judas, fier de la charge, déjà se pavane et fait projets sur projets... Il a absolument oublié qu'il s'éloignait de Jésus et que peu de temps avant, vers les Tabernacles, si je m'en souviens bien, il avait renâclé comme un poulain sauvage, à l'ordre de Jésus de se séparer de Lui pendant quelque temps et perd aussi absolument de vue le soupçon, qu'il avait eu alors, que c'était un désir de Jésus de l'éloigner. Il oublie tout... et il est heureux d'être considéré comme quelqu'un à qui on puisse confier des charges délicates. Il promet : "Je t'apporterai beaucoup d'argent pour les pauvres" et il sort sa bourse et dit : "Voilà, prends. C'est tout ce que nous avons. Je n'ai rien d'autre. Donne-moi le viatique pour notre voyage de Béthanie à la maison."

"Mais, nous ne partons pas ce soir" objecte Thomas.

"Peu importe. Il n'est plus besoin d'argent dans la maison de Marie et donc... Bienheureux de ne plus avoir à en manier... A mon retour, j'apporterai à ta Mère des graines de fleurs. Je me les ferai donner par ma mère. Je veux apporter aussi un cadeau à Margziam..." Il est exalté.

Jésus le regarde... Ils sont maintenant à la maison de Marie de Magdala. Ils se font reconnaître et ils entrent tous. Les femmes accourent joyeuses à la rencontre du Maître, venu s'abriter à leur foyer...

Et c'est après le souper, quand les apôtres fatigués se sont retirés que Jésus, assis au milieu d'une salle dans le cercle des femmes disciples, leur fait part de son désir qu'elles partent au plus tôt. Aucune d'elles ne proteste, au contraire des apôtres. Elles inclinent la tête pour marquer leur assentiment, et puis elles sortent pour préparer leurs bagages. Mais Jésus rappelle Marie-Magdeleine qui est déjà sur le seuil.

"Eh bien, Marie, pourquoi m'as-tu dit tout bas à mon arrivée : "Je dois te parler en secret" ?"

"Maître, j'ai vendu les pierres précieuses. A Tibériade. C'est Marcelle qui les a vendues avec l'aide d'Isaac. J'ai la somme dans ma chambre. J'ai voulu que Judas n'en vît rien…" et elle rougit vivement.

Jésus la regarde fixement, mais ne dit pas un mot. Marie-Magdeleine sort pour revenir avec une lourde bourse qu'elle donne à Jésus : "Voici" dit-elle. "Elles ont été bien payées."

527> "Merci, Marie."

"Merci, Rabboni, de m'avoir demandé ce service. As-tu autre chose à me demander ? ..."

"Non, Marie. Et toi, as-tu autre chose à me dire ?"

"Non, Seigneur. Bénis-moi, mon Maître."

"Oui. Je te bénis... Marie... Es-tu contente de retourner vers Lazare ? Pense que je ne suis plus en Palestine. Tu retournerais volontiers à la maison, alors ?"

"Oui, Seigneur. Mais..."

"Achève, Marie. N'aie pas peur de me dire ta pensée."

"Mais j'y serais retournée plus volontiers si à la place de Judas de Kériot il y avait Simon le Zélote, grand ami de notre famille."

"J'en ai besoin pour une mission importante."

"Tes frères, alors, ou bien Jean au cœur de colombe. Tous, voilà, sauf lui... Seigneur, ne me regarde pas sévèrement... Qui a goûté à la luxure en sent le voisinage... Je ne la crains pas. Je sais mettre en place quelqu'un qui est bien plus que Judas. Et c'est ma terreur de n'être pas pardonnée, et c'est mon moi, et c'est Satan qui certainement me tourne autour, et c'est le monde... Mais si Marie de Théophile n'a peur de personne, Marie de Jésus a le dégoût du vice qui l'avait subjuguée, et la... Seigneur... L'homme qui se livre aux sens me dégoûte..."

"Tu n'es pas seule dans le voyage, Marie. Et avec toi, je suis certain que lui ne reviendra pas en arrière... Rappelle-toi que je dois faire partir Sintica et Jean pour Antioche, et qu'il ne faut pas que la chose soit connue par un imprudent..."

"C'est vrai. Alors, j'irai... Maître, quand nous reverrons-nous ?"

"Je ne sais pas, Marie. Peut-être seulement à Pâque. Va en paix, maintenant. Je te bénis ce soir et chaque soir et avec toi, ta sœur et le bon Lazare."

Marie se penche pour baiser les pieds de Jésus et sort, laissant Jésus seul, dans la pièce silencieuse.


 

 



[1] Cf. 3.38 (Matthieu 8,18-22)

[2] Ceux laissés en cadeaux par Alexandre Misace et "vendus" à Jeanne, Marthe et Marie de Magdala. Cf. 4.158

[3] À la mi-février, soit presque deux mois et demi plus tard.