"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Commentaires du chapitre 241.
La drachme perdue enfin retrouvée.


Dictionnaire des personnages de l’Évangile, d’après Maria Valtorta.



L’énigme Valtorta,
tome 2.



Dictionnaire géographique de l’Évangile, d’après Maria Valtorta.


L’apport des récits de Maria Valtorta. 

Des trois «paraboles de la miséricorde» (Luc 15) celle de la drachme perdue est souvent éclipsée au profit des paraboles, plus connues, de la brebis perdue[1] et du fils prodigue[2]. Pourtant les trois sont une même réponse aux récriminations des scribes et des pharisiens contre le bon accueil que Jésus réserve aux pécheurs.     

Les écrits de Maria Valtorta développent cette parabole et la contextualisent. C’est donc le moyen de juger sur pièce ce qu’ils apportent dans la compréhension de l’Évangile éternel.         

Si on met en parallèle les deux récits : celui de L’Évangile et le récit qu’en fait Maria Valtorta
[3], on observe que dans Luc 15, la parabole couvre trois versets (8-10) :

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit[4].

Mais dans Maria Valtorta, le récit couvre un discours d’une dizaine de minutes. Les éléments ajoutés, comme nous allons tenter de le voir,  renforcent le sens et la portée de la parabole.

L’omission de l’enseignement moral.   
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Que remarque-t-on dans ce récit de Maria Valtorta ?      

D’abord une scène familière et crédible que Luc, pour sa part, résume en deux lignes. Ici, le lecteur, comme l’auditeur de l’époque, se pénètre de la situation. Il « compose le lieu » pour reprendre le premier conseil donné par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels
[5]. L’enjeu est de valeur pour la femme, car une drachme d’argent représente le salaire d’une journée de travail.          

Avec cette mise en situation, on se trouve bien dans cet art oratoire de la comparaison que Daniel-Rops soulignait comme typique de la Palestine au temps de Jésus :

La notion du mâshâl est fondamentale pour comprendre ce que pouvait être l'éloquence israélite; on en trouve d'ailleurs l'application en d'innombrables passages de la littérature écrite, Ancien ou Nouveau Testament, mais fondamentalement elle est liée à la parole. La langue hébraïque, concise, colorée, est gauche quand il s'agit de traduire les abstractions et les réalités supérieures: elle s'en tire par des images, des symboles, des comparaisons. Ce qui d'ailleurs est tout à fait conforme à la psychologie israélite, dont le pouvoir d'intuition est extraordinaire, qui voit d'emblée le trait topique, réaliste, familier, et excelle à en dégager une leçon[6].

Mais cet art oratoire de la comparaison n’est pas seulement une parabole : un mashal (משל) s’accompagne d’une leçon morale ou religieuse. La liturgie prévoit d’ailleurs, qu’après la lecture d’un passage de l’Évangile, d’une parabole, le sens soit explicité par l’homélie. Dans Maria Valtorta, conformément à la réalité du temps, le sens est donné directement par l’orateur : Jésus. 

Le récit ne saute pas directement, comme dans Luc, à la phrase clé de la conclusion :

Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.

car ce raccourci intrigue : quel rapport, au premier abord, entre un pécheur et une pièce de monnaie perdue ?      

Il manque l’explication qu’en donne Jésus : Il cherche sans cesse et sans se lasser les âmes qui, en lui échappant, ont roulé «dans les ordures».    

C’est le point clé de l’épisode comme le souligne Jean-François Lavère dans ses travaux
[7], car cette explication donne son plein sens à la parabole et à sa conclusion.

Un style reconnaissable entre tous.       
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Un autre point est remarquable : le discours de Jésus rapporté mot-à-mot. Peu de mystiques se risquent à faire ainsi une citation directe de Jésus en complément de l’Évangile. Marie d’Ágreda (1602-1665) ou Anne-Catherine Emmerich (1774-1824), qui eurent des visions de la vie de Jésus en Palestine, ne rapportent de telles phrases que par des locutions : «Jésus me fit voir, me fit comprendre, …»           

Avec Maria Valtorta, rien de tel : elle prend le risque de citer directement un style inimitable et ce, au long des 10 tomes de sa vie de Jésus.        

Certes les révélations de Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), comme celles de sœur Faustine (1905-1938) ou de sœur Josefa Menéndez (1890-1923), rapportent directement des phrases entières qui leur sont adressés par Jésus, mais il s’agit du Maître spirituel, pas de paroles qui doivent s’insérer harmonieusement dans le contexte de la vie publique de Jésus il y a deux mille ans.         

Ce style-là est unique, il est inimitable. Analysant les discours de Jésus tels que nous les a transmis Maria Valtorta, le bienheureux Gabriel Allegra (1907-1976), traducteur de la Bible en chinois, remarquait
[8] :

Nous pouvons également comparer d'autres explications que le Seigneur nous donne d'autres passages de l'Ancien Testament, et pour lesquels nous possédons, en tout ou en partie, les commentaires des rabbis des 3ème ou 4ème siècle, mais qui évidemment suivent un style de composition beaucoup plus ancien, et probablement contemporain de Jésus. A côté d'une similitude de forme externe, nous percevrons une telle supériorité de profondeur, de substance, que nous comprendrons finalement pleinement pourquoi les foules disaient : "Personne n'a parlé comme cet Homme".

Jésus affirme d’ailleurs que son style, tel qu’il ressort des Évangiles ou des révélations privées, est unique[9]. Autrement dit qu’un lecteur peut en reconnaître l’authenticité de ton et, bien sûr, de contenu.

Le contexte historique.        
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La troisième et dernière partie du récit de Maria Valtorta s’analyse dans ce cadre. Elle se comprend en soi, mais pour en saisir toute la profondeur et ressortir toute l’harmonie des trois «paraboles de la miséricorde», il convient d’en situer le contexte tel que donné par Maria Valtorta.       

La scène se passe à Magdala, villégiature huppée en bord du lac de Tibériade
[10] où Marie Madeleine menait sa vie dissolue, source de scandales. Elle y revient en compagnie de Jésus, après sa conversion. Celle-ci avait commencé avec la parabole de la brebis perdue[11], énoncée à son intention. 

Au lieu de la brutalité du désir charnel ou de la réprobation, Marie Madeleine entend pour la première fois l’appel de l’amour : reprise de la parole éternelle de Dieu «tu as du prix à mes yeux et je t’aime» que rapporte Isaïe
[12]. 

Cela la bouleverse et l’amène progressivement aux larmes qu’elle verse aux pieds de Jésus lors du diner chez Simon le pharisien (Luc 7,36-50).        

Commence alors pour elle le chemin de la conversion, au sens littéral de changement de direction. Elle doit affronter les regards dubitatifs des habitants de Magdala ou les sarcasmes des pharisiens. La parabole de la drachme retrouvée signifie aux uns et aux autres l’attitude à suivre : les amis de Dieu se réjouissent de la conversion, ceux de son Adversaire enragent. Explications qui éclairent alors la conclusion lapidaire de Luc.        

C’est donc tout logiquement que Luc réunit les deux paraboles concernant Marie Madeleine, témoin de la miséricorde «parce qu’elle a beaucoup aimé» (
Luc 7,47) et messagère de la Résurrection (Jean 20,2).

Conclusion.       
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La parabole du Fils prodigue[13] ne lui est pas liée, mais elle est similaire aux deux autres : elle avait été prononcée peu de temps auparavant à l’intention de Jean d’En-Dor, un personnage inconnu de l’Évangile : ce prosélyte chypriote était un meurtrier, ancien galérien évadé. Méprisé et rejeté de tous à cause de cela, il ne trouve consolation qu’auprès de Jésus qui lui délivre le même message de la miséricorde et la même exultation pour la conversion. C’est pourquoi l’évangéliste les regroupe.   

Dans la parabole de la drachme, comme plus généralement des «paraboles de la miséricorde» l’enseignement central est celui de la joie pour le pécheur qui se convertit et non la réprobation pour le pécheur qui s’égare, c’est pourquoi Félix Sauvage, premier traducteur des écrits de Maria Valtorta en français, avait titré cet épisode non pas «La drachme perdue» selon l’usage courant, mais «la drachme retrouvée».

 


Mise à jour le
04/06/2017.

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[1] Cf. EMV 233.

[2] Cf. EMV 205.

[3] Voir chapitre précédent.

[4] Traduction AELF.

[5] Exercices spirituels, premier exercice, § 27.

[6] Daniel-Rops, La vie quotidienne en Palestine au temps de Jésus, Hachette 1961, pages 324 et suivantes.

[7] L’énigme Valtorta, Tome 2, pages 218 et 219.

[8] "Critique" de l’œuvre de Maria Valtorta, Macao, juin 1970.

[9] Quadernetti, dictée du 28 janvier 1949.

[10] Jean-François Lavère – Dictionnaire géographique de l'Évangile, d’après Maria Valtorta, éditions Maria Valtorta, 2017 – Rubrique concernée.

[11] Matthieu 18,12-14 et Luc 15,1-7.

[12] Isaïe 43,4.

[13] Luc 15,11-32.