"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Commentaires du chapitre 217.
Le sabbat second-premier et l’étrange figuier.


L’énigme Valtorta,
tome 2.


Dictionnaire géographique de l’Évangile, d’après Maria Valtorta.


La mention perdue est retrouvée dans Maria Valtorta.   

L’épisode des épis arrachés par les apôtres affamés est rapporté par Matthieu, Marc et Luc. Dans la Vulgate, Luc mentionne un détail qui a disparu rapidement des bibles tant il était incompréhensible et obscur. Seules les bibles protestantes le restaurèrent sans l’expliciter.  

Il s’agit du «sabbat second-premier
[1]».          

Peut-être cette courte mention n’était-elle pas essentielle, mais l’Écriture s’en est trouvée amputée d’un détail voulu pourtant par l’évangéliste.

En étudiant cet épisode, Jean-François Lavère avance une hypothèse
[2] qui brusquement redonne toute sa valeur à cette mention bien que Maria Valtorta ne formule une telle hypothèse ou même l’évoque.

Le sabbat «second premier».

Maria Valtorta ne donne pas d'explication directe à la formule de Luc, «un sabbat second premier» (Luc 6,1) qui intrigue tant les biblistes depuis vingt siècles. Saint Jérôme rapporte qu'avant interrogé à ce sujet Grégoire de Naziance, il lui avoua «qu'il n'avait rien à répondre qui put le satisfaire». Cette expression sabbat second premier semble indiquer un moment précis de l'année liturgique, et beaucoup ont pensé que c'était en relation avec la Pâque. Mais alors pourquoi pas avec la Pâque supplémentaire[3] ? La chronologie valtortienne semble fournir un indice déterminant : d'après les descriptions de la mystique, cet épisode des épis volés se déroule sans conteste le samedi 6 mai 28, soit deux semaines avant la Pentecôte (ou la fête des moissons, aussi appelée fête des Semaines - Chavouoth), et qui eut lieu le samedi 20 mai cette année-là. Or ce samedi 6 mai 28 se trouve être le premier sabbat après la seconde Pâque. Pour ma part l'interprétation s'impose donc ici d'évidence. Mais laissons aux exégètes le soin d'en discuter et de conclure...

L’explication nous semble, à nous aussi, d’évidence. En voilà les raisons.

Les sept raisons qui valident l’hypothèse.      
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1 – L’hypothèse est fondée par les Écritures : la seconde Pâque est effectivement codifiée par le livre des Nombres 9,10-12 :

Parle aux fils d’Israël. Tu diras : Quiconque, parmi vous ou dans les générations futures, sera rendu impur par le contact d’un mort, ou se trouvera en voyage au loin, célébrera néanmoins la Pâque pour le Seigneur. C’est le deuxième mois qu’ils la célébreront, le quatorzième jour, au coucher du soleil.

2 – Elle est fondée liturgiquement : avec Shavouot et Soukkot, Pâque (Pessah) est l’une des trois fêtes de pèlerinage des juifs au Temple de Jérusalem et la première d’entre elles (Cf. Exode 23,14-17 et Deutéronome 16,1-16.).    

3 – Elle est fondée historiquement : avec la destruction du Temple en l’an 70, la seconde Pâque tomba logiquement en désuétude, si bien qu’au IVe siècle, quand Jérôme de Stridon (347-420) interroge son maître Grégoire de Naziance (329-390), celui-ci répond, par une boutade, qu’il n’en sait rien :

Je demandais un jour, écrit Jérôme, à Grégoire de Naziance, qui était mon maître, ce que voulait dire saint Luc par ces paroles : «Une fête seconde première.» — «Je vous l'apprendrai à l'église,» me répliqua-t-il en se raillant; «car parmi les acclamations de tout le monde si vous demeurez seul dans le silence, au moins vous passerez seul pour un ignorant.» Il est en effet très aisé de surprendre par une facilité de langage un peuple simple qui admire ce qu'il n'entend point[4].

4 – Elle est fondée intellectuellement : de nombreuses hypothèses ont effectivement fleuri pour tenter d’expliquer l’incompréhensible «sabbat second premier». Elles s’appuient presque toutes sur une explication qui n’est pas cohérente avec la liturgie hébraïque ou son calendrier, les seuls qui avaient court au moment où se déroule cet épisode. 

5 – Elle fait appel à une appellation liturgique conforme aux usages des grandes religions. Nous connaissons ainsi «le troisième dimanche après Pâques» ou «le quatrième dimanche de Carême», etc. Ici, l’appellation liturgique désigne le premier sabbat après la seconde Pâque (Pessa'h Sheni -
פסח שני), seconde pâque).         

6 – Le calendrier concorde : la seconde Pâque se déroulait généralement en mai, ce qui est le cas ici (6 mai 28).          

7 - La scène s’inscrit parfaitement dans l’hypothèse. Cinq semaines la séparent de Pâque et il reste deux semaines avant la fête des moissons (Shavouot ou Pentecôte). Ceci explique que les blés soient encore sur pied, mais suffisamment mûrs pour être mangés.          

D’autres détails fondent l’authenticité de la scène.           
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Si les apôtres sont affamés, c’est qu’ils sont chassés de partout contre le devoir d’hospitalité régnant en Palestine[5].  

Malgré les pharisiens qui les chassent, les apôtres auraient dû trouver l’hospitalité populaire. Mais Maria Valtorta explique pourquoi ce n’est pas le cas. La scène se déroule en pays philistin où règne une hostilité viscérale depuis les guerres où s’affrontèrent le juif David et le philistin Goliath et où le juif Samson fut trahi par Dalila soudoyée par les Philistins, peuple désormais vaincu et soumis.   

D’autre part, on ne peut que remarquer le dialogue qui oppose Jésus aux pharisiens. Il est criant de vérité pour ceux qui ont eu à affronter, de bonne foi, un argumentaire de mauvaise foi. C’est la terrible dialectique de Satan contre laquelle ne peut lutter que Dieu dit Jésus dans un autre écrit de Maria Valtorta
[6]. 

C’est pourquoi Jésus n’oppose aux accusations de vol et de viol du Sabbat que sa divinité : Jésus, miséricordieux, est maître du Sabbat et de la Création.

L’étrange figuier final.         
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À la fin de l’épisode, les apôtres affamés se restaurent avec les fruits épineux du figuier d’Inde (fichi d’India). Nous le connaissons sous le nom de figuier de Barbarie, un cactus importé d’Amérique par Christophe Colomb. Il aurait envahi depuis le bassin méditerranéen et d’autres contrées. Il s’agirait donc d’un anachronisme grossier commis par Maria Valtorta.   

Ce n’est pas si simple.    

- D’abord parce que les explications concernant ce figuier de Barbarie sont loin d’être cohérentes.  

- Ensuite parce que d’autres sources attestent de l’existence antérieure d’une plante similaire.  

Selon les sources communes, le figuier de Barbarie aurait été ramené du Mexique par Christophe Colomb.
Mais il n’y a pas été. D’autres attestent que la plante vient des Antilles (mer des Caraïbes), mais ce n’est pas le Mexique.   

Le figuier de Barbarie se serait répandu depuis lors, comme une trainée de poudre, sous l’effet de deux agents : les marins, dont le fruit soignait le scorbut et les oiseaux qui essaimèrent les graines. Scénarios assez peu crédibles en regard des résultats planétaires que l’on observe.  

Cette cactée appartient à la famille des Opuntia. Elle comporte aujourd’hui 250 variétés. Déjà les textes du botaniste Théophraste (371-288 avant J.C.) ou du naturaliste Pline (23-79), parlent de l’Herba opuntia. On voulu en conclure qu’il s’agissait d’une autre appellation du figuier commun (Ficus). Mais opuntia traduit bien le figuier de Barbarie, pays qui désigne alors l’Afrique du nord (Berbèrie). D’autre part, onse demande pourquoi on aurait pris un nom dérivé d’Oponte, une ville de la région désertique de Grèce, la Locride, pour rebaptiser une plante aussi commune dans le bassin méditerranéen que le figuier ?          

Louis de Jaucourt (1704-1779), principal rédacteur de l’encyclopédie de Diderot, cite,
à la rubrique Opuntia, les travaux de deux botanistes : Philipp Miller (1691-1771) et Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708). Tournefort distingue neuf variétés d’Opuntia qu’il connaissait en tant que familier de la méditerranée et de l’histoire antique. Miller en distingue onze «entre lesquelles il y en a dix étrangères, et natives des Indes occidentales (l’Amérique centrale) ». Une de celles qu’il recense, ne l’était donc pas.   

Tout ceci tant à prouver qu’une cactée existait bien avant l’arrivée massive des cactées d’Amérique centrale. C’est de celle-là dont parle Maria Valtorta. Aux lecteurs férus de botanique antique d’en déterminer le nom.

Conclusion.       
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Outre les éléments d’authenticité que l’on retrouve dans cet épisode comme dans d’autres, outre les connaissances rares qui restent cependant à valider, l’épisode des épis arrachés se remarque par l’hypothèse que Jean-François Lavère formule dans sa publication.        

Elle a ceci de remarquable qu’elle restaure un pan de la Révélation publique, éraflé par le temps.  

Certes, le détail, oublié depuis de siècles, n’a pas empêché la sainteté ou l’évangélisation, mais il fait partie des multiples iota voulus par l’Esprit qui présida aux Évangiles.   

Cela confirme, une fois de plus, que la vocation des visions reçues par Maria Valtorta est bien de confirmer l’Évangile éternel afin qu’aucun de ces détails de l’Écriture ne soient omis. C’est ce que rappelle Jésus
en conclusion de l’œuvre.

 


Mise à jour le
06/06/2017.

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[1] Luc 6,1 : «in sabbato secundoprimo».

[2] L’énigme Valtorta, Tome 2, page 206.

[3] La Pâque supplémentaire est prévue dans Nombres 9,10-11, et il est question en EMV 566.17.

[4] Jérôme de Stridon, Traité des devoirs des prêtres et des obligations des solitaires, partie 1, à Népotien.

[5] Voir l’exemple d’Abraham accueillant les voyageurs (Genèse 18,2-5) ou la prescription d’Isaïe 58,7).

[6] Voir EMV 46.14 ou la fiche sur le sujet.