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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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dimanche 7 avril 30 (16 Nisan)
Au Cénacle, à l'aube


RÉSUMÉ

- [Commentaire de MV : La journée de la voyante]) ................. 14

- (Résumé du chapitre précédent) ........................................... 14

- Les lamentations : Jésus, reviens vite .................................... 15

- Père Saint, je n'ai plus mon Soleil ........................................... 15

- Je resterai pour consolider son Église............................... 16

- Pitié ! Pitié ! Pitié ! .......... 17

- Une pauvre chose abattue, insensible au séisme ...... 17

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 10

 

10.2.
Aube pascal. Lamentation. Prière de Marie


14> Pendant toute la journée j’ai la vue de Jésus crucifié et de Marie et Jean au pied de la croix.           

Ce matin, quand je faisais la sainte Communion, il me semblait être devant un autel vivant, Car Ils étaient là et me regardaient avec leur regard de surnaturel amour. Ce qu’est une Communion faite ainsi, c’est une chose que l’on ne peut décrire.     

Vers le soir, ensuite, j’ai commencé à entendre en moi cette phrase : " Cela n’était pas l’onction que j’espérais devoir te préparer " Dite par une voix de femme, une voix pleine, chaude de contralto, une voix passionnée. Ce n’est pas la voix douce de Marie, jeune, pure, virginale avec son ton de soprano.          

Je comprends que c’est un nouvel être qui parle, mais je ne sais lui donner un nom et un visage jusqu’à ce que se présente la vision.


Je vois encore la pièce où pleure Marie dans la maison hospitalière. Elle est encore là sur son siège, accablée, épuisée, défigurée par ses pleurs continuels.   

Les femmes aussi sont là, et à la lueur des lampes à huile elles préparent des aromates, en les mélangeant, après les avoir tirés de diverses amphores, dans un mortier et puis en les remettant dans des vases au large bec où on peut fouiller facilement avec les doigts pour en extraire le baume.            

Les femmes travaillent en pleurant. Et Marie-Magdeleine, qui a le visage marqué par les pleurs comme par une brûlure, dit ces paroles qui font pleurer fort toutes les femmes.         

Puis, quand elles ont fini de tout préparer, elles s’enveloppent dans leurs châles ou leurs manteaux. Marie aussi se lève, mais elles l’entourent pour la persuader de ne pas venir. Il serait trop cruel de lui faire revoir son Fils qui certainement, à l’aube du troisième jour, est tout noirci par la décomposition, couvert de contusions comme il l’était. Et puis elle est trop épuisée pour pouvoir marcher. Elle n’a fait que pleurer et prier. Jamais de nourriture, jamais de repos. Qu’elle reste tranquille et se fie à elles. Elles feront avec leur amour de disciples la part de la Mère, en donnant à ce Corps saint tous les soins réclamés par un arrangement définitif de la sépulture.        

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Marie se rend. La Magdeleine, agenouillée à ses pieds, mais reposant sur ses talons, dans sa pose habituelle, lui embrasse les genoux et la regarde avec son visage brûlé par les pleurs et lui promet qu’elle dira à Jésus tout l’amour de sa Mère, pendant qu’elle l’embaumera encore. Elle sait ce qu’est l’amour. Elle est passée du vil amour à l’amour saint pour la Miséricorde vivante que les hommes ont tué, et elle sait aimer.
15> Jésus le lui a dit dès le soir qui fut le matin de sa nouvelle vie, qu’elle sait beaucoup aimer. La Mère se fie à elle. Elle, la rachetée qui a su caresser alors les pieds de Jésus, si doucement saura maintenant caresser ses blessures et les embaumer, plus avec son amour qu’avec l’onguent, pour que la Mort ne puisse abîmer ces Chairs qui ont donné tant d’amour et en ont tant reçu.            

La voix de la Magdeleine est pleine de passion. On dirait un velours qui enveloppe un orgue, tant elle a une voix d’orgue adoucie par des tonalités chaudes et passionnées. On y sent une âme qui frémit. Qui a su frémir. Qui devait frémir et aimer. Et qui, maintenant que Jésus l’a sauvée, sait frémir et aimer pour l’Amour divin. Je n’oublierai pas cette voix de femme qui exprime l’âme de cette femme. Je ne l’oublierai plus.       

Les femmes sortent en portant une lanterne. La maison est dans l’obscurité et aussi le chemin. Il y a à peine une trace de lumière là-bas, au fond, vers l’orient. La lumière fraîche et pure d’un matin d’avril. Le chemin est silencieux et désert. Les femmes, toutes enveloppées dans leurs manteaux, vont sans parler vers le tombeau de Jésus.     

Je ne vais pas avec elles. Je reviens vers Marie. Jésus me fait revenir vers elle.        

Maintenant qu’elle est seule, elle s’est remise à prier, à genoux contre le voile de Véronique qui est étendu le long du côté d’une étagère, tenu en place par le drap funèbre et par les clous. Elle prie et parle à son Fils. Elle est toujours dans la même peine mêlée à un espoir qui la rend anxieuse.

"Jésus, Jésus ! Tu ne reviens pas encore ? Ta pauvre Maman ne résiste plus de te savoir là-bas, mort. Tu l’as dit et personne ne t’a compris. Mais moi, je t’ai compris ! "Détruisez le Temple de Dieu, et Moi, je le reconstruirai en trois jours". C’est le commencement du troisième jour. Oh ! mon Jésus ! N’attends pas qu’il soit accompli pour revenir à la vie, à ta Maman qui a besoin de te voir vivant pour ne pas mourir en te revoyant mort, qui a besoin de te voir beau, sain, triomphant, pour ne pas mourir en se souvenant de l’état où elle t’a laissé !         

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16> Oh ! Père ! Père ! Rends-moi mon Fils ! Que je le voie redevenu Homme et non plus cadavre, Roi et non plus condamné. Ensuite, je le sais, il reviendra vers Toi, au Ciel. Mais je l’aurai vu guéri de tant de mal, je l’aurai vu fort après tant de langueur, je l’aurai vu triomphant après tant de lutte, je l’aurai vu Dieu après une humanité de telles souffrances pour les hommes et je me sentirai heureuse même en perdant son voisinage. Je le saurai avec Toi, Père Saint, je le saurai pour toujours hors de la Douleur. Maintenant, au contraire, je ne puis, je ne puis oublier qu’il est dans un tombeau, qu’il est là tué par tant de douleur qu’ils Lui ont faite, que Lui, mon Fils-Dieu, partage le sort des hommes dans l’obscurité d’un tombeau, Lui, ton Vivant.         

Père, Père, écoute ta servante. A cause de ce "oui" … Je ne t’ai jamais rien demandé pour mon obéissance à tes volontés; c’était ta Volonté, et ta Volonté était la mienne; je ne devais rien exiger pour le sacrifice de la mienne à Toi, Père Saint. Mais maintenant, mais maintenant, pour ce "oui" que j’ai dit à l’Ange, ton messager, ô Père, écoute-moi !    

Lui est hors des tortures car il a tout accompli par l’agonie de trois heures après les sévices du matin. Mais moi, je suis depuis trois jours dans cette agonie. Tu vois mon cœur, et Tu en entends les palpitations. Notre Jésus l’a dit qu’un oiseau ne perd pas une plume que Tu ne la voies, qu’il ne meurt pas une fleur dans le champ sans que Tu consoles son agonie par ton soleil et ta rosée. Oh ! Père, je meurs de cette douleur ! Traite-moi comme le passereau que Tu revêts d’un nouveau plumage et la fleur que Tu réchauffes et désaltères dans ta pitié. Je meurs transie par la douleur. Je n’ai plus de sang dans les veines. Autrefois il est devenu tout lait pour nourrir ton Fils et le mien; maintenant il est devenu toutes larmes parce que je n’ai plus de Fils. Ils me l’ont tué, tué, Père, et Tu sais de quelle façon !           

Je n’ai plus de sang ! Je l’ai répandu avec Lui dans la nuit de Jeudi, dans le Vendredi funeste. J’ai froid comme quelqu’un qui n’a plus de sang. Je n’ai plus de soleil, puisque Lui est mort, mon Soleil saint, mon Soleil béni, le Soleil né de mon sein pour la joie de sa Maman, pour le salut du monde. Je n’ai plus de rafraîchissement parce que je ne l’ai plus Lui, la plus douce des sources pour sa Maman qui buvait sa Parole, qui se désaltérait de sa présence. Je suis comme une fleur dans un sable desséché. Je meurs, je meurs, Père Saint. Et je ne suis pas effrayée de mourir puisque Lui aussi est mort. Mais comment feront ces petits, le petit troupeau de mon Fils, si faible, si craintif, si inconstant, s’il n’y a pas quelqu’un pour le soutenir ? Je ne suis rien, Père. Mais pour les désirs de mon Fils je suis comme une troupe d’hommes armés. Je défends, je défendrai sa Doctrine et son héritage comme une louve défend ses louveteaux. Moi, agnelle, je me ferai louve pour défendre ce qui appartient à mon Fils et par conséquent ce qui est à Toi.

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17> Tu l’as vu, Père. Il y a huit jours cette ville a dépouillé ses oliviers, a dépouillé ses maisons, a dépouillé ses jardins, a dépouillé ses habitants et sa voix est devenue rauque à force de crier : "Hosanna au Fils de David; béni Celui qui vient au nom du Seigneur". Et pendant qu’il passait sur des tapis de branchages, de vêtements, d’étoffes, de fleurs, les habitants se le montraient en disant: " C’est Jésus, le Prophète de Nazareth de Galilée. C’est le Roi d’Israël ". Et alors que n’étaient pas fanés ces branchages et que leurs voix étaient encore rauques de tant d’hosannas, ils ont changé leurs cris en accusations et en malédictions et en requêtes de mort, et des branches détachées pour le triomphe ils ont fait des matraques pour frapper ton Agneau qu’ils conduisaient à la mort.          

S’ils en ont tant fait pendant que Lui était parmi eux et leur parlait, et leur souriait, et les regardait de cet œil qui fond le cœur et fait trembler jusqu’aux pierres s’il les regarde, et les bénissait et les instruisait, que feront-ils quand il sera retourné à Toi ?            

Ses disciples, Tu l’as vu. Un l’a trahi, les autres se sont enfuis. Il a suffi qu’il fût frappé, pour qu’ils s’enfuient comme un vil troupeau et ils n’ont pas su l’entourer pendant qu’il mourait. Un seul, le plus jeune, est resté. Maintenant vient le plus âgé, mais il a déjà su le renier une fois. Quand Jésus ne sera plus ici à le garder, saura-t-il persister dans la Foi ?         

Je suis un rien, mais un peu de mon Fils est en moi, et mon amour comble ce qui me manque et l’annule. Je deviens ainsi quelque chose d’utile à la cause de ton Fils, à son Église qui ne trouvera jamais la paix et qui a besoin de pousser des racines profondes pour ne pas être arrachée par les vents. Je serai Celle qui la soigne. Comme une jardinière active, je veillerai pour qu’elle grandisse et pousse droite et forte en son matin. Ensuite je ne me soucierai pas de mourir. Mais je ne puis vivre si je reste plus longtemps sans Jésus.         

Oh ! Père qui as abandonné le Fils pour le bien des hommes mais l’as ensuite réconforté, car il est certain que tu l’as accueilli dans ton sein après sa mort, ne me laisse pas plus longtemps à l’abandon. Je le souffre et l’offre pour le bien des hommes. Mais réconforte-moi, maintenant, Père. Père, pitié ! Pitié, mon Fils ! Pitié, divin Esprit ! Souviens-Toi de ta Vierge ! "      

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18> Ensuite, prostrée à terre, Marie paraît prier par son geste en plus qu’avec son cœur. C’est vraiment une pauvre chose abattue. Elle semble cette fleur morte de soif dont elle a parlé. Elle ne remarque même pas la secousse d’un bref mais violent tremblement de terre qui fait crier et fuir le maître et la maîtresse de la maison pendant que Pierre et Jean, pâles comme des morts, se traînent jusqu’au seuil de la pièce. Mais la voyant ainsi absorbée dans sa prière, loin de tout ce qui n’est pas Dieu, ils se retirent en fermant la porte et reviennent effrayés au Cénacle.