"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  7.471. - Incontro con il levita Giuseppe, detto Barnaba, e lezione su Dio-Amore.

  4.469. - Jesus Speaks to Barnabas of the Law of Love.


vendredi 17 août 29 (18 Eloul)

soirée

Giscala


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 Mon temps s'enfuit

 Deux conceptions du péché : l’ancienne et la nouvelle

 Il ne faut pas avoir peur de Dieu et le fuir


- Fin d'une pause 66

- Discours de Philippe (Son messianisme temporel) 66

- Je voudrais en vous un autre amour 67

- Vous ferez ce que je n'ai pas eu le temps de faire 68

- Jésus refuse de juger un cas 68

- Violer le sabbat pour une discussion oiseuse! 70

- L'un des émissaires reste et se présente 71

- Le principal attribut de Dieu : l'amour 71

- Discours (Dieu est amour - L'amour de Dieu et du prochain) 73

- Gamaliel est un juste 74

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.165.
Jésus parle de son Royaume et de sa Loi


66> Elle est douce la pause sur le petit plateau, mais il est prudent de descendre dans la vallée pendant qu'il fait encore jour car la nuit viendrait vite et serait sombre, sous cette voûte de feuillage des arbres qui couvre la montagne.

Jésus se lève le premier et il va se rafraîchir le visage, les mains et les pieds dans le ruisselet que forme la petite source. Puis. il appelle ses apôtres, endormis dans l'herbe, et les invite à se préparer et à partir. Et pendant qu'ils l'imitent, en se lavant l'un après l'autre dans le frais ruisseau, et qu'ils remplissent les gourdes au filet d'eau qui sort du rocher, Lui va les attendre au bout du petit pré, près des deux arbres centenaires qui le bornent à l'est, et il regarde l'horizon lointain.

Philippe est le premier à le rejoindre et regardant là où son Maître regarde, il dit : "Elle est belle cette vue ! Tu l'admires..."

"Oui. Mais je ne regardais pas seulement sa beauté."

67> "Et quoi, alors ? Tu pensais peut-être, au moment où Israël sera grand, de ces lieux au-delà du Liban et de l'Oronte, qui au cours des siècles nous ont affligés et ils sont encore affliction pour nous parce que c'est là que réside le cœur de la puissance qui nous opprime avec le Légat ? Elle est redoutable, en effet; la prophétie qu'a faite sur eux un prophète et même plusieurs : "J'écraserai l'assyrien dans ma terre, je le piétinerai sur mes montagnes... C'est la main qui s'étend sur les nations... Et qui pourra la retenir ?... Voilà, Damas cessera d'exister et il restera comme le tas de pierres d'une ruine... [1] C'est ce qui arrivera à ceux qui nous ont saccagés". C'est Isaïe qui parle ! Et Jérémie parle aussi : "Je mettrai le feu aux murs de Damas et il dévorera les murs de Benadab [2]". Et cela arrivera quand le Roi d'Israël, le Promis, prendra son sceptre, et que Dieu aura pardonné à son peuple en lui donnant le Roi Messie... Oh ! c'est Ézéchiel qui le dit ! "Vous, montagnes d'Israël, faites pousser vos branches, portez vos fruits pour mon peuple d'Israël, car il va bientôt revenir... Je vous reconduirai mon peuple et eux t'auront comme une possession héréditaire… Je ne ferai plus entendre contre toi les outrages des nations... [3]" Et les psaumes chantent avec Etân Esraita [4] : "J'ai trouvé mon serviteur David et je l'ai oint de mon huile sainte. Ma main l'assistera... L'ennemi ne pourra rien contre lui... En mon nom, il grandira en puissance... Il étendra sur la mer sa main, sur les fleuves sa main droite... Et moi, j'en ferai l'aîné, le souverain parmi les rois de la Terre". Et Salomon chante : "Il restera autant que le soleil et la lune... Il dominera d'une mer à l'autre, et du fleuve jusqu'aux extrémités de la Terre... Tous les rois de la Terre l'adoreront, tous les peuples seront ses sujets... [5]" Toi, Messie, car en Toi se trouvent tous les signes de l'esprit et de la chair, tous les signes donnés par les prophètes. Alléluia à Toi, fils de David, Roi Messie, Roi saint !"

"Alléluia !" crient en chœur les autres qui se sont réunis à Jésus et à Philippe et ont entendu les paroles de ce dernier. Et l'alléluia se répercute, par l'écho, de gorge en gorge, de colline en colline... Jésus les regarde, très triste... Et il dit en réponse : "Mais vous ne vous rappelez pas ce que dit David du Christ, et ce que du Christ dit Isaïe... Vous prenez le doux miel, le vin enivrant des prophètes... mais vous ne réfléchissez pas que pour être le Roi des rois, le Fils de l'homme devra boire le fiel et le vinaigre et se revêtir de la pourpre de son Sang... Mais ce n'est pas votre faute si vous ne comprenez pas... Et votre erreur de compréhension, c'est de l'amour. Je voudrais en vous un autre amour. Mais, pour le moment vous ne pouvez pas... Des siècles de péché sont contre les hommes pour empêcher en eux la Lumière. Mais la Lumière abattra les murailles et entrera en vous... Allons."

68> Ils reviennent sur le chemin muletier qu'ils avaient quitté pour monter au plateau éloigné et descendent vivement vers la vallée. Les apôtres parlent entre eux à voix basse...

Puis Philippe court en avant, rejoint le Maître, demande : "Je t'ai déplu, Seigneur ? Je ne voulais pas... As-tu de la rancœur contre moi ?"

"Non, Philippe. Mais je voudrais que vous au moins compreniez."

"Tu regardais là-bas avec tant de désir..."

 "Parce que je pensais à tant de lieux qui ne m'ont pas encore eu et qui ne m'auront pas... car mon temps s'enfuit... Comme il est court le temps de l'homme ! Et comme l'homme est lent à agir !... Comme l'esprit ressent ces limites de la Terre !... Mais... Père, que soit faite ta volonté !"

"Pourtant toutes les régions des anciennes tribus, tu les as parcourues, mon Maître. Au moins une fois tu les as sanctifiées, on peut donc dire que tu as pris en mains les douze tribus..."

"C'est vrai. Vous, ensuite, vous ferez ce que le temps ne m'a pas permis de faire."

"Toi qui arrêtes les fleuves et qui calmes les mers, ne pourrais-tu pas ralentir le temps ?"

"Je le pourrais. Mais le Père dans le Ciel, le Fils sur la Terre, l'Amour au Ciel et sur la Terre, brûlent d'accomplir le Pardon..." et Jésus se plonge dans une méditation profonde que Philippe respecte en le laissant seul pour aller retrouver ses compagnons auxquels il rapporte le dialogue.

...La vallée désormais est proche et déjà on voit une route, une vraie grand-route qui vient du sud et se dirige vers l'ouest, en faisant un virage juste au pied de la montagne pour en suivre la base et continuer ensuite en direction d'un beau village qui s'étend dans la verdure près d'un ruisseau, dont le lit à présent n'est guère occupé que par des pierres avec de ci de là quelques roseaux qui ont résisté, surtout au milieu où un filet, un vrai filet d'eau, s'obstine à s'écouler vers la mer.

Tous se réunissent avant de prendre la grand-route, mais ils n'ont fait que quelques mètres quand deux hommes viennent à leur rencontre en les saluant.

69> "Deux disciples des rabbis, et l'un d'eux est lévite. Que veulent-ils ?" disent entre eux les apôtres qui ne sont pas du tout contents de la rencontre. Moi, je ne sais pas de quoi ils déduisent que ce sont des disciples, et que l'un d'eux est lévite. Je ne comprends pas encore bien le langage des nœuds et des franges et autres secrets de l'habillement Israélite.

Jésus, quand il se trouve à deux mètres environ des deux, et quand aucune équivoque n'est possible, car la route est désormais libre de voyageurs qui, à pied ou à cheval, se hâtent vers le village, répond à leurs salutations répétées et s'arrête pour les attendre.

"La paix à Toi, Rabbi" dit maintenant le lévite qui s'était borné d'abord à saluer profondément.

"La paix à toi, et à toi" dit Jésus en s'adressant à l'autre.

"Es-tu le Rabbi nommé Jésus ?"

"Je le suis."

"Une femme [6] est entrée avant sexte dans la ville et elle a dit qu'elle avait parlé en route avec un rabbi plus grand que Gamaliel, parce qu'en plus d'être sage, il est bon. La nouvelle nous est arrivée, et les maîtres nous ont envoyés tous, tant que nous étions, en suspendant le départ pour Jérusalem, pour te trouver : deux pour chaque route qui descend de Giscala vers les chemins de la plaine. En leur nom et par notre entremise, ils te disent : "Viens dans la ville, car nous voulons t'interroger"."

"Et pour quel motif ?"

"Pour que tu te prononces sur un fait survenu à Giscala, et dont durent les conséquences."

"Et n'avez-vous pas les grands docteurs d'Israël pour rendre un jugement ? Pourquoi vous adresser au Rabbi inconnu ?"

"Si tu es Celui que disent les rabbis, tu n'es pas inconnu. N'es-tu pas Jésus de Nazareth ?"

"Je le suis."

"Ta sagesse est connue des rabbis."

"Et Moi, je connais leur rancœur à mon égard."

"Pas tous, Maître. Le plus grand et le plus juste ne te hait pas."

"Je le sais. Il ne m'aime pas non plus. Il m'étudie. Mais le rabbi Gamaliel est-il à Giscala ?"

"Non, il est déjà parti pour être à Sephoris avant le sabbat. Il est parti tout de suite après le jugement."

"Et alors, pourquoi me cherchez-vous ? Moi aussi, je dois respecter le sabbat et il m'est à peine possible d'arriver à temps à cet endroit. Ne me retenez pas davantage."

"Tu as peur, Maître ?"

"Je n'ai pas peur, car je sais qu'aucun pouvoir n'est donné, pour l'instant, a mes ennemis. Mais je laisse aux sages le plaisir de juger."

70> "Que veux-tu dire ?"

"Que Moi, je ne juge pas. Moi, je pardonne."

"Tu sais juger mieux que tout autre. Gamaliel l'a dit. Il a dit : "Seul Jésus de Nazareth jugerait avec justice ici"."

"C'est bien. Mais désormais, vous avez jugé et la chose ne peut plus être remise en question. J'aurais donné l'avis de faire calmer les passions avant de juger. S'il y avait faute, le coupable pouvait se repentir et se racheter. S'il n'y avait pas eu faute, il n'y aurait pas eu le supplice qui pour quelqu'un est, aux yeux de Dieu, pareil à un homicide prémédité."

"Maître ! Mais comment sais-tu ? La femme a juré que tu n'as parlé avec elle que de ses affaires... et.,, tu sais... Tu es alors vraiment un prophète ?"

"Je suis qui je suis. Adieu. La paix à toi. Le soleil descend à l'horizon" et il tourne le dos pour aller vers le village.

"Tu as bien fait, Maître ! Certainement ils te tendaient un piège !" Les apôtres sont solidaires du Maître. Mais leurs louanges, leurs raisons sont interrompues par les deux de tout à l'heure qui les rejoignent pour supplier Jésus de remonter à Giscala.

"Non. Le coucher du soleil me surprendrait en chemin. Dites à ceux qui vous envoient que Moi, j'observe la Loi, toujours, quand son observation ne lèse pas un commandement plus grand que celui du sabbat : celui de l'amour."

"Maître, Maître, nous t'en supplions. Ici c'est justement une question d'amour et de justice. Viens avec nous, Maître."

"Je ne puis. Et vous non plus vous ne pouvez pas y remonter à temps."

"Nous avons la permission de le faire pour ce cas."

"Et quoi ? On a élevé la voix quand je guérissais un malade et quand je l'absolvais un jour de sabbat, et à vous il est permis de violer le sabbat pour une discussion oiseuse ? Il y a donc deux mesures en Israël ? Allez ! Allez ! Et laissez-moi aller."

"Maître, tu es prophète. Tu sais par conséquent. Moi, je le crois et lui le croit. Pourquoi nous repousses-tu ?"

"Pourquoi !..." Jésus les regarde fixement, en s'arrêtant. Ses yeux sévères qui traversent et pénètrent au-delà des voiles de la chair pour lire les cœurs, regardent, dominateurs, les deux qu'il a devant Lui. 71> Et ses yeux si insoutenables dans la rigueur, si doux dans l'amour, changent de regard et prennent une expression si affectueuse, si miséricordieuse que si d'abord le cœur tremblait de crainte devant la puissance du regard, maintenant il tremble d'émotion devant l'éclat de l'amour du Christ. "Pourquoi !" répète-t-il... "Ce n'est pas Moi qui repousse, mais les hommes qui repoussent le Fils de l'homme, et ce dernier doit se défier de ses frères. Mais à ceux qui n'ont pas de malice dans le cœur, je dis : "Venez" et je dis encore : "Aimez-moi" à ceux qui me haïssent..."

"Et alors, Maître..."

"Et alors, je vais au village pour le sabbat."

"Attends-nous, au moins."

"Au crépuscule du sabbat, je pars. Je ne puis attendre."

Les deux se regardent et ils restent en arrière pour se consulter, puis l'un d'eux, celui dont le visage est le plus ouvert et qui a presque toujours parlé, revient en courant.

"Maître, je reste avec Toi jusqu'après le sabbat."

Pierre, qui est à côté de Jésus, tire son vêtement pour l'obliger à se tourner de son côté, et lui murmure : "Non. Un espion." Jude Thaddée derrière son cousin Lui souffle : "Méfie-toi." Nathanaël, qui est allé en avant avec Simon et Philippe, se retourne et Lui fait les gros yeux pour dire : "Non." Jusqu'aux deux plus confiants, André et Jean, font signe que non par derrière l'importun.

Mais Jésus ne tient pas compte de leur peur soupçonneuse et répond brièvement : "Reste" et les autres doivent se résigner.

L'homme, content, se sent moins étranger, éprouve le besoin de dire son nom, qui il est, pourquoi il est en Palestine lui qui est né dans la Diaspora, mais consacré à Dieu dès se naissance parce qu'il fut une "consolation pour ses parents" qui, reconnaissants au Seigneur de l'avoir, le confièrent à des parents à Jérusalem pour qu'il appartînt au Temple. Là, en servant la Maison de Dieu, il connut le rabbi Gamaliel et devint son disciple attentif et aimé : "Ils m'ont appelé Joseph parce que, comme l'ancien Joseph, j'ai enlevé à ma mère la peine d'être stérile. Mais ma mère disait toujours "ma consolation" pendant qu'elle me nourrissait, et je suis devenu Barnabé pour tous [7]. Même le grand rabbi m'appelle ainsi parce qu'il trouve sa consolation dans ses meilleurs élèves."

"Fais en sorte que Dieu aussi te donne ce nom, et même par-dessus tout que Dieu t'appelle ainsi" dit Jésus.

Ils entrent, dans le village.

"Le connais-tu ?" demande Jésus.

"Non. Je n'y ai jamais été. C'est la première fois que je viens ici, en Nephtali. Le rabbi m'a amené avec lui, avec d'autres, parce que je suis resté seul..."

72> "As-tu Dieu pour ami ?"

"Je l'espère. J'essaie de le servir le mieux possible."

"Alors, tu n'es pas seul. Seul est le pécheur."

"Je puis pécheur moi aussi..."

"Toi, disciple d'un grand rabbi, tu connais certainement les conditions pour qu'une action devienne péché."

"Tout est péché, Seigneur. L'homme pèche continuellement car les préceptes sont plus nombreux que les moments d'une journée. Et pas toujours la réflexion et les circonstances nous aident à ne plus pécher."

"En vérité même les circonstances, surtout elles, nous amènent souvent à pécher. Mais as-tu une idée claire du principal attribut de Dieu ?"

"Justice."

"Non."

"Puissance."

"Non."

"...Rigueur."

"Moins que jamais."

"Et pourtant...  elle se manifesta sur le Sinaï et plus tard encore..."

"Alors on vit le Très-Haut au milieu des éclairs. Ils ceignaient d'une auréole terrible le visage du Père et Créateur. En vérité vous ne connaissez pas le vrai visage de Dieu. Si vous le connaissiez et si vous en connaissiez l'esprit, vous sauriez que le principal attribut de Dieu c'est l'Amour et l'Amour miséricordieux."

"Je sais que le Très-Haut nous a aimés. Nous sommes le peuple élu, mais il est terrible de le servir !"

"Si tu sais que Dieu est Amour, comment peux-tu dire qu'il est redoutable ?"

"C'est qu'en péchant, nous perdons son amour."

 "Je t'ai demandé avant si tu connais les conditions pour lesquelles une action devient péché."

"Quand ce n'est pas une action des six cent treize préceptes, des traditions, des décisions, des coutumes, des bénédictions et des prières, en plus des dix commandements de la Loi, ou bien quand ce n'est pas comme les scribes enseignent ces choses, alors c'est un péché."

"Même si l'homme ne le fait pas avec une pleine advertance(conscience) et un parfait consentement de la volonté ?"

73> "Même en ce cas. Aussi, qui peut dire : "Moi, je ne pèche pas" ? Qui peut avoir à sa mort la paix en Abraham ?"

"Les hommes ont-ils un esprit parfait ?"

"Non. Car Adam a péché, et nous avons cette faute en nous. Elle nous rend faibles. L'homme a perdu la Grâce du Seigneur, unique force pour nous conduire..."

"Et le Seigneur le sait ?"

"Lui sait tout."

 "Et alors crois-tu qu'il n'ait pas de miséricorde en tenant compte de tout ce qui affaiblit l'homme ? Crois-tu qu'il exige de ceux qui ont été frappés ce qu'il pouvait exiger du premier Adam ? Il y a là une différence que vous ne considérez pas. Dieu est Justice, oui. Il est Puissance, oui. Il peut être aussi Rigueur pour l'impénitent qui continue de pécher. Mais quand Il voit que son enfant - vous êtes tous enfants sur la Terre qui est une heure d'éternité pour l'esprit, qui devient adulte à son examen spirituel de majorité éternelle dans le jugement particulier - quand Il voit donc que son enfant a un manquement parce qu'il est distrait, qu'il est lent pour arriver à discerner, parce qu'il est peu instruit, parce qu'il est si faible en une ou plusieurs choses, penses-tu que le Père très Saint puisse le juger avec une inexorable rigueur ? Tu l'as dit : l'homme a perdu la Grâce, la force qui permet de lutter contre les tentations et les appétits. Et Dieu le sait. Il ne faut pas avoir peur de Dieu et le fuir comme Adam après la faute, mais se rappeler qu'il est Amour. Son visage resplendit sur les hommes, non pas pour les réduire en cendres, mais plutôt pour les réconforter comme le soleil réconforte par ses rayons. C'est l'amour, et non pas la rigueur, qui rayonne de Dieu. Rayons de soleil et non pas flèches foudroyantes. Et, du reste... Qu'est-ce que, de lui-même, a imposé l'Amour ? Un fardeau que l'on ne peut porter ? Un code aux innombrables articles que l'on peut oublier ? Non. Seulement les dix commandements. Pour brider comme un poulain l'homme animal qui, sans bride, va à sa ruine. Mais quand l'homme sera sauvé, quand la Grâce lui sera rendue, quand ce sera le Royaume de Dieu, c'est-à-dire le Règne de l'amour, aux fils de Dieu et aux sujets du Roi il sera donné un seul commandement en lequel il y aura tout : "Aime ton Dieu avec tout toi-même, et ton prochain comme toi-même" [8]. Parce que, crois, ô homme, que Dieu-Amour ne peut qu'alléger le joug et le rendre plus doux, et avec l'amour il sera doux servir Dieu, non plus craint, mais aimé. Aimé seulement, aimé pour Lui-même, et aimé dans nos frères. Comme elle sera simple la dernière Loi ! Comme l'est Dieu qui est parfait dans sa simplicité. 74> Écoute : aime Dieu avec tout toi-même, aime ton prochain comme toi-même. Réfléchis : les lourds six cent treize préceptes, et toutes les prières et bénédictions ne sont-elles pas déjà énumérées dans ces deux phrases, en les débarrassant des détails inutiles qui ne sont pas de la religion mais de l'esclavage à l'égard de Dieu ? Si tu aimes Dieu, certainement tu l'honores à toutes les heures. Si tu aimes le prochain, certainement tu ne fais pas de choses qui le fassent souffrir. Tu ne mens pas, tu ne dérobes pas, tu ne tues ni ne blesses, tu n'es pas adultère. N'est-ce pas ainsi ?"

"C'est ainsi... Maître juste, je voudrais rester avec Toi. Mais Gamaliel a déjà perdu à cause de Toi, ses meilleurs disciples... Moi..."

"Ce n'est pas encore l'heure de venir à Moi. Quand elle arrivera, ton maître lui-même te le dira car c'est un juste."

"Il l'est, c'est vrai ? Tu le dis ?"

"Je le dis parce que c'est la vérité. Je ne suis pas homme à abattre pour m'élever sur celui que j'ai abattu. Je reconnais à chacun le sien... Mais ils nous appellent... Ils ont certainement trouvé où nous loger. Allons-y..."


 

 



[1] Isaïe 17,1

[2] Jérémie 49,27

[3] Ézéchiel 34,11 et suivants

[4] Psaume 89 (88) d’Étan l’Ezrahite

[5] Psaume 72 (71) de Salomon

[6] Voir l’épisode précédent

[7] Barnabé (Barnabas) veut dire "fils de la prophétie qui console".

[8] Cf. Lettre aux Romains 13,9