"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  4.292 - Marziam scopre perché Gesù prega ogni giorno all'ora nona.

  3.290 - Going to Bozrah.


lundi
23 octobre 28
15 Boul

vers Bozra


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La prière selon les heures de la journée : Aurorematinéemidinonecrépusculesoirnuit  

* Notes : la Liturgie des Heures forme la grande prière de l'Église. Elle est rythmée par les temps comme Matines, Laudes, Tierce, Sexte, None, Vêpres, Complies et Vigiles.

L'Internaute trouvera facilement avec son moteur de recherches, d'excellents sites consacrés à cette forme de prière.


- Les monts d'Auran 456

- Margziam a observé Jésus qui priait 456

- La prière de Jésus tout au long du jour 457

- Jésus annonce à Margziam sa mort-résurrection 458

- Il répète aux siens l'instruction sur la prière 459

- Arrivée à Bozra 460

 

4.155.
En allant à Bozra


456> Le marchand avait raison. Journée plus belle ne pouvait être offerte aux voyageurs en ce mois d'octobre. Une fois dissipées les brumes qui voilaient la campagne, comme si la nature avait voulu étendre un voile sur le sommeil des plantes pendant la nuit, la campagne apparaît dans sa majestueuse étendue de cultures que le soleil réchauffe. Il semble que les brumes se soient rassemblées pour enrubanner d'une écume transparente les cimes lointaines en les estompant davantage dans le ciel serein.

"Que sont-elles ? Des montagnes que nous devons gravir ?" demande Pierre préoccupé.

"Non, non. Ce sont les monts d'Auran. Nous restons dans la plaine, au-delà de ces montagnes. Dans la soirée, nous serons à Bozra de l'Auranite, belle et bonne ville, beaucoup de commerces" assure le marchand et il en fait l'éloge, lui qui, à la base de la beauté d'un lieu, met toujours la prospérité du commerce.

Jésus est tout seul, en arrière, comme chaque fois qu'il veut s'isoler. Margziam se retourne pour le regarder plusieurs fois. Puis, il n'y résiste plus, il quitte Pierre et Jean de Zébédée, s'assied sur le bord de la route sur une borne qui doit être un signe militaire des romains, et il attend. Quand Jésus est à sa hauteur, l'enfant se lève et sans parler se place à côté de Jésus, en restant un peu en arrière pour ne pas le gêner même pas par la vue de sa présence, et il observe, il observe...

Et il continue d'observer jusqu'à ce que Jésus sorte de sa méditation et se retourne en entendant le léger bruit de pas derrière Lui. Il sourit en tendant la main à l'enfant et en disant : "Oh ! Margziam ! Que fais-tu ici tout seul ?"

"Je te regardais, cela fait des jours que je te regarde. Tout le monde a des yeux, mais tous ne voient pas la même chose. Moi, j'ai vu que bien souvent tu te mets seul, seul... Les premiers jours je pensais que tu étais offusqué par quelque chose. Mais ensuite, j'ai vu que tu le fais toujours aux mêmes heures et que la Mère, qui te console toujours quand tu es triste, ne te dit rien quand tu prends ce visage. Mais, au contraire, si elle parle, elle se tait elle aussi et se recueille. Moi, je vois, tu sais ? Car je vous regarde toujours, Toi et elle, pour faire ce que vous faites. Je l'ai demandé aux apôtres ce que tu fais, car certainement tu fais quelque chose. Ils m'ont dit : "Il prie". Et moi, j'ai demandé : "Que dit-il ?" Personne ne m'a 457> répondu, parce qu'ils ne le savaient pas. Depuis des années ils sont avec Toi et ils ne le savent pas. Aujourd'hui je t'ai suivi toutes les fois que j’ai vu que tu avais ce visage; et je t'ai regardé quand tu priais. Mais ce n'est pas toujours le même visage. Ce matin, à l'aurore, tu paraissais un ange de lumière. Tu regardais les choses avec un tel regard qui, je crois, les enlevait des ténèbres plus que le soleil. Les choses et les personnes. Et puis tu regardais le ciel et tu avais le visage que tu as quand tu offres le pain à table. Plus tard, quand nous traversions ce pays, tu t'es mis seul en dernier et tu me paraissais un père tant tu étais empressé de dire en passant de bonnes paroles aux pauvres de ce pays. A l'un d'eux. tu as dit : "Supporte avec patience car bientôt je te soulagerai et je soulagerai ceux qui sont comme toi". C'était l'esclave de cette brute qui a lancé contre nous ses chiens. Puis, pendant que l'on préparait la nourriture, tu nous regardais avec les yeux d'une bonté toute amour. Tu paraissais une mère... Mais maintenant ton visage a été un visage de douleur… A quoi penses-tu, Jésus, en ce moment pour être toujours ainsi ?.:. Car aussi le soir parfois, si je ne dors pas, je te vois très sérieux. dis-moi comment tu pries, pourquoi tu pries ?"

"Certainement je vais te le dire. Ainsi tu prieras avec Moi.[1] La journée c'est Dieu qui la donne, toute entière, celle qui est lumineuse comme celle qui est sombre : le jour et la nuit. C'est un don de vivre et d'avoir la lumière. C'est une sorte de sanctification la manière dont on vit. N'est-ce pas ? Alors il faut sanctifier les moments du jour entier pour se garder dans la sainteté et garder présent à notre cœur le Très-Haut et sa bonté, et en même temps retenir au loin le démon. Observe les oiseaux : au premier rayon du soleil, ils chantent, ils bénissent la lumière. Nous aussi nous devons bénir la lumière qui est un don de Dieu, et bénir Dieu qui nous la donne et qui est Lumière. Le désirer dès la première clarté du matin comme pour mettre un sceau de lumière, une note de lumière surtout le jour qui s’avance, pour qu'il soit tout entier lumineux et saint, et s'unir à toute la création pour chanter l'hosanna au Créateur. Puis, quand les heures passent, et à mesure qu'elles passent, elles nous apportent la constatation de ce qu'il y a de douleur et d'ignorance dans le monde : prier encore pour que la douleur soit soulagée, que l'ignorance disparaisse, et que Dieu soit connu, aimé, prié par tous les hommes qui, s'ils connaissaient Dieu, seraient toujours consolés, même dans leurs souffrances. Et à la sixième heure, prier pour l'amour de la famille, goûter ce don 458> d'être unis avec ceux qui nous aiment. Cela aussi est un don de Dieu. Et prier pour que la nourriture ne passe pas de son caractère d'utilité à celui d'occasion de péché. Et au crépuscule prier en pensant que la mort est le crépuscule qui nous attend tous. Prier pour que le crépuscule de notre journée ou de notre vie s'accomplisse toujours avec notre âme en grâce. Et quand les lampes s'allument, prier pour remercier du jour qui s'achève et pour demander la protection et le pardon afin de se livrer au sommeil sans craindre le jugement imprévu et les assauts du démon. Prier enfin pendant la nuit - mais ceci est pour ceux qui ne sont pas enfants - pour parer aux péchés des nuits, pour éloigner Satan des faibles, pour que chez les coupables survienne la contrition avec la réflexion et de bonnes résolutions qui deviendront réalités au lever du jour. Voilà comment et pourquoi prie un juste pendant toute la journée."

"Mais tu ne m'as pas dit pourquoi tu t'abstrais, si sérieux et imposant, à l'heure de none..."[2]

"Parce que... Moi, je dis : "Que par le Sacrifice de cette heure vienne ton Règne dans le monde, et que soient rachetés tous ceux qui croient en ton Verbe". Dis-le toi aussi..."

"Quel sacrifice est-ce ? L'encens, tu l'as dit, s'offre matin et soir. Les victimes à la même heure, chaque jour, sur l'autel du Temple. Les victimes ensuite pour les vœux et l'expiation s'offrent à toutes les heures. La neuvième heure n'est pas indiquée pour un rite spécial."

Jésus s'arrête et prend l'enfant avec les deux mains. Il le soulève en le tenant en face de Lui, et comme s'il récitait un psaume, le visage levé, il dit : «"Et entre la sixième et la neuvième heure, Celui qui est venu comme Sauveur et Rédempteur, Celui dont parlent les prophètes, consommera son Sacrifice, après avoir mangé le pain amer de la trahison et donné le doux Pain de la Vie, après s'être pressé Lui-même comme la grappe dans la cuve, après avoir désaltéré avec tout Lui-même les hommes et les plantes, et s'être fait une pourpre royale avec son sang et avoir ceint la couronne et pris le sceptre et transporté son trône sur un haut lieu pour être vu par Sion, Israël et le monde. Élevé dans le vêtement pourpre de ses plaies innombrables, dans les ténèbres pour donner la Lumière, dans la mort pour donner la Vie, il mourra à la neuvième heure et le monde sera racheté"."

Margziam le regarde épouvanté, tout pâle, avec une grande envie de pleurer sur les lèvres et dans ses yeux effrayés. D'une voix hésitante il dit : "Mais le Sauveur, c'est Toi ! Et alors ce sera Toi qui 459> mourras à cette heure ?" des larmes commencent à descendre le long de ses joues et la petite bouche entrouverte les boit, pendant qu'il attend un démenti.

Mais Jésus dit : "Ce sera Moi, petit disciple. Et ce sera aussi pour toi." Et comme l'enfant éclate en sanglots convulsifs, il le prend sur son cœur et lui dit : "Tu as donc du chagrin que je meure ?"

"Oh ! mon unique joie ! Moi, je ne veux pas cela ! Moi... Fais-moi mourir à ta place..."

"Tu dois me prêcher dans le monde entier. C'est dit. Mais écoute. Je mourrai content parce que je sais que tu m'aimes. Et puis je ressusciterai. Tu te souviens de Jonas ? Il sortit plus beau du ventre de la baleine, reposé, fort. Moi aussi, et je viendrai tout de suite vers toi et je te dirai : "Petit Margziam, tes pleurs m'ont enlevé la soif. Ton amour m'a tenu compagnie au tombeau. Maintenant je viens te dire : 'Sois mon prêtre' " et je t'embrasserai avec encore l'odeur du Paradis sur Moi.»

"Mais où serai-je ? Pas avec Pierre ? Pas avec la Mère ?"

"Moi, je te sauverai des flots infernaux de ces jours. Les plus faibles et les plus innocents; je les sauverai. Sauf un... Margziam, petit apôtre, veux-tu m'aider à prier pour cette heure ?"

"Oh ! oui, Seigneur ! Et les autres ?"

"Ceci est un secret entre toi et Moi. Un grand secret. Car Dieu aime à se révéler aux petits... Ne pleure plus. Souris en pensant qu'ensuite je ne souffrirai jamais plus et que je me souviendrai seulement de tout l'amour des hommes, du tien pour commencer. Viens, viens. Regarde comme les autres sont loin. Courons pour les rattraper" et Jésus le dépose à terre. Il le prend par la main et ils se mettent à courir jusqu'à ce qu'ils rattrapent le groupe.

"Maître, qu'as-tu fait ?"

"J'expliquais à Margziam les heures du jour."

"Et le garçon a pleuré ? Aura-t-il été méchant et Toi, tu l'excuses par bonté" dit Pierre.

"Non, Simon. Il m'a regardé prier. Vous, vous ne l'avez pas tait. Il m'en a demandé la raison. Je la lui ai donné. L'enfant a été ému par mes paroles. Maintenant, laissez-le tranquille. Va auprès de ma Mère, Margziam. Et vous tous écoutez. Cela ne vous fera pas de mal à vous aussi d'entendre la leçon."

Et Jésus explique de nouveau l'utilité de la prière dans les heures principales de la journée, sans parler de l'explication de l'heure de none. Et il dit en terminant : "L'union avec Dieu, c'est de l'avoir présent à tout moment pour le louer et l'invoquer. Faites-le et vous 460> progresserez dans la vie de l'esprit."Bozra est proche désormais. Étendue dans la plaine, elle paraît grande et semble belle avec ses murs et ses tours. Le soir qui descend nuance les tons des murs des maisons et des campagnes, en leur donnant une couleur lilas grisâtre pleine de langueur dans lequel les contours s'évanouissent, alors que les bêlements et les grognements des porcs, renfermés dans des enceintes hors des murs, rompent le silence de la campagne. Le silence cesse alors que, une fois franchie la porte, la caravane entre dans un dédale de ruelles qui déçoivent ceux qui, de l'extérieur, trouvaient belle la ville. Voix, odeurs et... puanteur stagnent dans les ruelles compliquées et accompagnent les voyageurs jusqu'à une place, certainement un marché, où se trouve l'hôtellerie.

Et les voilà arrivés à Bozra.


[1] Ces temps de prière rythment les journées des monastères. Voir la Liturgie des heures.

[2] 15.00, l’heure de la Passion.