"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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La Nativité
selon la Vénérable Marie d'Agréda


Extraits de "La Cité mystique de Dieu" – Livre 4, chapitre 10 – Textes d'après l'Abbaye Saint-Benoît (les intertitres sont de maria-valtorta.org)


Chapitre X   
Notre Seigneur Jésus-Christ naît de la Vierge Marie en Bethléem de Judée

 Joseph et Marie trouvent refuge dans la grotte. Ils la nettoient et l'aménagent avec l'aide des anges.   

§ 469.
307> Le palais que le souverain Roi des rois et le Seigneur des seigneurs avait préparé dans le monde pour loger son Fils éternel incarné pour les hommes, était la pauvre et humble cabane ou grotte dans laquelle la très-pure Marie et Joseph se retirèrent après avoir été rebutés de ces mêmes hommes, sans en pouvoir obtenir le moindre témoignage de compassion naturelle, comme il a été dit au chapitre précédent.   

308> Ce lieu était si misérable, que; la ville de Bethléem se trouvant si remplie d'étrangers qu'il n'y avait pas assez d'hôtelleries pour les recevoir tous, il n'y eut pourtant personne qui daignât s'en emparer parce qu'en effet il ne pouvait convenir et appartenir qu'aux maîtres de l'humilité et de la pauvreté, notre Seigneur Jésus-Christ et sa très-sainte Mère. Et c'est pourquoi la sagesse du Père éternel le leur réserva, le consacrant, avec les ornements de la solitude et de la pauvreté, comme le premier temple de la Lumière et la première maison du véritable Soleil de justice ([1]), qui devait naître pour ceux qui ont le cœur droit, de Marie, resplendissante aurore au milieu des ténèbres de la nuit ([2]), symbole de celles du péché, qui couvraient tout le monde.

§ 470. L'auguste Marie et Joseph entrèrent dans cet asile qui leur avait été préparé, et, à la lumière que répandaient les dix mille anges qui les accompagnaient, ils purent facilement reconnaître avec une grande consolation et des larmes de joie qu'il était pauvre et solitaire comme ils le souhaitaient. Aussitôt les deux saints voyageurs se mirent à genoux, louèrent le Seigneur et lui rendirent des actions de grâces pour ce bienfait, n'ignorant pas qu'il leur avait été destiné par les secrets jugements de la sagesse éternelle. Notre divine Princesse fut celle qui pénétra le plus ce grand mystère, parce qu'en sanctifiant cette petite grotte par sa présence sacrée, elle sentit une plénitude de joie intérieure qui éleva et vivifia tout son être.
309> Elle pria le Seigneur de récompenser avec libéralité tous les habitants de la ville, qui lui avaient procuré, en lui refusant l'hospitalité, un si grand bonheur que celui qu'elle attendait dans cette pauvre cabane. Elle était pratiquée dans un rocher brut et naturel, où l'art n'avait ménagé aucune commodité, de sorte que les hommes ne la jugèrent propre qu'à y loger le bétail mais le Père éternel l'avait choisie pour servir d'abri et de demeure à son propre Fils.       

§ 471. Les esprits angéliques, milice céleste qui gardait sa Reine, se rangèrent en ordre, comme pour monter une garde d'honneur dans ce palais royal. Et, sous cette forme corporelle et humaine qu'ils avaient prise, ils se manifestaient aussi à saint Joseph; car il était convenable qu'il jouit dans cette occasion de cette faveur, tant pour diminuer sa peine, en voyant ce pauvre réduit si bien orné et embelli par les richesses du ciel, que pour soulager et animer son cœur, et l'élever à la hauteur des événements que le Seigneur préparait cette nuit dans un lieu si méprisé. La grande Reine du ciel, qui était informée du mystère qui devait y être célébré, se résolut à nettoyer elle-même cette grotte qui devait bientôt servir de trône royal et de propitiatoire sacré, afin de ne pas perdre le mérite de cet exercice d'humilité, et de rendre à son Fils unique un culte de respect : c'était tout ce qu'elle pouvait faire en cette circonstance pour l'ornement de son temple.    

§ 472. 310> Le saint époux Joseph, attentif à la majesté de sa divine épouse, qu'elle-même oubliait pour ainsi dire en vue de l'humilité, la supplia de ne pas le priver de cet emploi, qui maintenant lui revenait; et la prévenant, il commença à balayer et nettoyer tous les endroits de la grotte, sans qu'il pût néanmoins empêcher notre humble Dame de le seconder. À leur tour les saints anges, témoins pour ainsi dire confus dans leur forme humaine et visible, de cette pieuse lutte de l'humilité de leur Reine, se hâtèrent avec une sainte émulation d'aider à la besogne, ou, pour mieux dire, ils nettoyèrent en très-peu de temps cette grotte, la mirent dans un état de propreté décente, et la rendirent toute parfumée. Saint Joseph alluma du feu avec les petits instruments dont il s'était muni à cet effet, Et comme le froid était grand, ils s'en approchèrent pour recevoir quelque soulagement; ensuite ils entamèrent pour souper les frugales provisions qu'ils avaient, et ce fut avec une joie inexprimable, quoique la Reine de l'univers se trouvât à cette heure si proche de ses divines couches, tellement absorbée dans le mystère, qu'elle n'aurait rien. mangé, si ce n'eût été pour obéir à son époux. 

 Le moment de l'accouchement arrivant, Joseph et Marie se mettent en oraison. Ils sont transportés en extase et pénètrent le mystère de l'Incarnation.      
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§ 473. Après avoir mangé, ils rendirent grâces au Seigneur selon leur coutume. Ils employèrent quelques instants à cette prière et à s'entretenir des mystères du Verbe incarné; mais bientôt la très-prudente Vierge reconnut que ses très-heureuses couches étaient fort proches. Elle engagea son époux Joseph à prendre quelque repos, parce que la nuit était déjà bien avancée.
311> L'homme de Dieu obéit à son épouse, et la supplia d'en faire autant; et pour lui en donner le moyen, il ajusta et garnit avec les hardes qu'ils portaient une crèche assez large, pratiquée dans l'aire de la grotte pour servir aux animaux qui s'y réfugiaient. Et, laissant l'auguste Marie s'installer dans ce petit lit, il se retira dans un recoin de l'entrée, où il se mit en oraison. Il y fut aussitôt visité de l'Esprit divin, et il sentit une force aussi douce qu'extraordinaire qui le ravit en une extase où lui fut montré tout ce qui arriva cette nuit dans la grotte fortunée; car il demeura dans ce ravissement sans avoir aucun usage de ses sens, jusqu'à ce que sa divine épouse l'appela. Et le mystérieux sommeil envoyé à saint Joseph fut bien plus sublime et plus heureux que celui d'Adam dans le paradis ([3]).           

§ 474. La Reine des créatures étant dans la crèche, fut au même moment excitée par une forte vocation du Très-Haut et par une douce et efficace transformation, qui la transporta au-dessus de tout ce qui est créé, et elle ressentit de nouveaux effets du pouvoir divin; car cette extase fut une des plus rares et des plus admirables de sa très-sainte vie. Bientôt elle s'éleva plus haut encore pour arriver à la claire vision de la Divinité par de nouvelles lumières et par des propriétés spéciales que le Seigneur lui accorda, dans le genre de celles que j'ai fait connaître en d'autres rencontres.
312> Par ces dispositions le voile lui fut ôté, et elle vit Dieu intuitivement, avec tant de gloire et de plénitude de science, que ni les hommes ni même les anges ne sauraient ni l'exprimer ni le comprendre. La connaissance des mystères de la divinité et de la très-sainte humanité de son Fils qu'elle avait reçue dans les autres visions, lui fut renouvelée, et elle découvrit d'autres secrets renfermés dans le sein de Dieu ([4]), cette source inépuisable. Je n'ai pas de termes assez forts pour rendre ce que j'en ai appris par la divine lumière, car la grandeur et l'abondance de la matière ne fait qu'affaiblir et amoindrir mes paroles.       

§ 475. Le Très-Haut annonça à sa Mère vierge qu'il était temps qu'il sortit de son sein virginal pour venir au monde, et en quelle manière la chose devait s'accomplir. La très-prudente Dame connut dans cette vision les sublimes raisons et les très-hautes fins qui déterminaient des couvres si admirables et des mystères si profonds, tant du côté du Seigneur qu'en ce qui regardait les créatures, pour qui directement le tout était ordonné. Elle se prosterna devant le trône de la Divinité, et lui rendant honneur, gloire, louanges et actions de grâces, en son nom et en celui de toutes les créatures qui devaient reconnaître une miséricorde si ineffable et une telle preuve de l'amour infini du Seigneur, elle lui demanda une nouvelle lumière et une grâce spéciale pour opérer dignement en tout ce qui concernait le service du Verbe incarné, qu'elle devait bientôt recevoir entre ses bras et nourrir de son lait virginal.
313> La divine Mère fit cette demande avec une très-profonde humilité, parce qu'elle comprenait la sublimité d'un ministère aussi nouveau que l'était celui d'allaiter et de traiter comme mère un Dieu fait homme, et parce qu'elle se jugeait indigne d'un tel office, dont les plus hauts séraphins n'étaient pas capables de s'acquitter. La Mère de la Sagesse ([5]) considérait et pesait toutes ces choses avec prudence et avec humilité. Et c'est parce qu'elle s'abaissa jusqu'à la poussière, parce qu'elle s'anéantit en la présence du Très-Haut ([6]) , que sa divine Majesté l'éleva, lui donna de nouveau le titre de sa propre Mère, et lui commanda d'exercer cet office et ce ministère comme Mère légitime et véritable, en le traitant comme Fils du Père éternel, mais en même temps comme fils de ses entrailles. Tout cela pouvait bien être confié à une telle Mère ([7]), et dans cette qualité je renferme tout ce que je ne puis expliquer par mes paroles.   

 Marie resplendit de lumière et accouche dans un ravissement. Jésus naît un dimanche à minuit.        
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§ 476. La très-pure Marie jouit plus d'une heure de cette vision béatifique, dont il plut à Dieu de la gratifier immédiatement avant sa divine délivrance. Et au moment où elle en sortait et reprenait ses sens, elle reconnut et vit que le corps de l’Enfant-Dieu se remuait dans son sein virginal, se dégageant et prenant pour ainsi dire congé de ce lieu naturel où il avait demeuré neuf mois, et qu'il se préparait à sortir de ce sacré tabernacle.
314> Ce mouvement de l'enfant, non-seulement ne causa point de douleur à la Vierge-Mère, comme il arrive aux autres filles d'Adam et d'Ève lorsqu'elles enfantent ([8]); mais au contraire, il la renouvela toute dans les transports d'une joie ineffable, de sorte que son âme et son très-chaste corps éprouvèrent des effets si divins et si sublimes, qu'ils surpassent tout ce que l'entendement créé peut concevoir. Son corps, resplendissant d'une beauté céleste, se spiritualisa au point qu'elle ne paraissait plus une créature humaine et terrestre. Son visage jetait des rayons de lumière comme un soleil brillant de tout son éclat. Une majesté admirable était répandue sur toute sa physionomie, et son cœur était enflammé d'un fervent amour de Dieu. Elle se tenait à genoux dans la crèche, les yeux élevés au ciel, les mains jointes contre la poitrine, l'esprit perdu dans la divinité qui la transformait. C'est dans cet état, en sortant de ce divin ravissement, que notre très-auguste Princesse donna au monde le Fils unique du Père et le sien ([9]), notre Sauveur, Jésus, Dieu et homme véritable, à l'heure de minuit, un jour de dimanche, et en l'année de la création du monde que l'Église romaine enseigne être cinq mille cent quatre-vingt-dix neuf, et il m'a été déclaré que cette supputation est certaine et exacte. 

§ 477. 315> Tous les fidèles présupposent plusieurs autres circonstances miraculeuses de ce divin accouchement; toutefois, comme elles n'eurent point d'autres témoins que la Reine du ciel elle-même et ses courtisans, on ne peut pas les savoir toutes en détail, excepté celles que le Seigneur a manifestées de diverses manières à sa sainte Église en général ou en particulier à quelques âmes. Et comme il y a, je crois, des opinions contraires sur ce sujet, qui est très-relevé et de tout point vénérable, ayant déclaré à mes supérieurs qui me conduisent ce que j'ai été chargée d'écrire sur ces mystères, ils m'ordonnèrent de les approfondir de nouveau à la divine lumière, et de demander à la Princesse du ciel, ma Mère et ma Maîtresse, et aux saints anges qui m'assistent et résolvent les difficultés que je rencontre, quelques particularités dont l'indication était nécessaire pour compléter le récit des couches sacrées de Marie, Mère de Jésus notre Rédempteur ([10]). Et ayant obéi à cet ordre, je reçus les mêmes communications, et il me fut déclaré que la chose arriva comme il suit.

 Marie d'Agréda explique plus précisément les circonstances de la naissance de Jésus.        
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§ 478. À peine la Mère toujours vierge fut-elle sortie de la vision béatifique dont je viens de parler, que le Soleil de justice, le Fils du Père éternel et le sien, naquit d'elle, radieux de beauté et de pureté, la laissant dans son intégrité virginale toujours plus consacrée et plus divinisée ([11]), car il ne fit que passer sans aucune altération matérielle à travers les parois du tabernacle immaculé, comme les rayons du soleil qui pénètrent une glace de cristal sans l'ébrécher, et la rendent plus belle et plus éclatante.
316> Et avant que d'expliquer la manière miraculeuse avec laquelle cela eut lieu, je dis que l'Enfant-Dieu naquit sans cette membrane appelée secondine, qui embarrasse les autres enfants à leur naissance et les enveloppe dans le sein de leur mère. Je ne m'arrête point à expliquer comment a pu se répandre l'erreur de l'opinion contraire. Il suffit de savoir et de présupposer qu'en la génération du Verbe humanisé et en sa naissance, le puissant bras du Très-Haut prit et choisit de la nature tout ce qui appartenait à la réalité et à la substance de la génération humaine, afin qu'on pût véritablement dire que le Verbe fait homme a été réellement conçu et engendré de la substance, et est né vrai fils de sa mère toujours vierge. Quant aux autres conditions, qui sont simplement accidentelles et non point essentielles à la génération et à la naissance, on doit en écarter de notre Seigneur Jésus-Christ et de sa très-sainte Mère non-seulement celles qui proviennent du péché originel ou actuel, ou qui s'y rattachent; mais encore beaucoup d'autres qui ne dérogent point à la substance de la génération ou de la naissance, et qui renferment dans les termes de la nature soit quelque chose d'impur, soit quelque chose de superflu, qui n'était pas nécessaire pour qu'on pût appeler la Reine du ciel, Mère véritable, et notre Seigneur Jésus-Christ son propre Fils, et qu'on pût dire qu'il est né d'elle. En effet, ces suites du péché ou ces opérations de la nature, n'étaient essentielles ni à la réalité de l'incarnation humaine de l'Enfant-Dieu, ni à son office de Rédempteur et de Maître, et tout ce que n exigeait pas l'accomplissement de ces trois fins, et dont d'ailleurs l’exemption devait contribuer à la plus grande excellence de Jésus-Christ et de sa très-pure Mère, il ne faut l'admettre ni pour l'un ni pour l'autre. 317> Quant aux miracles qui furent nécessaires pour cela, il n'y a pas lieu de les marchander, ni avec l'auteur de la nature et de la grâce, ni avec celle qui fut sa digne Mère, prévenue, ornée et toujours comblée de ses faveurs, car la. droite du Tout-Puissant n'a cessé de l'enrichir en tout temps de grâces et de dons, et a mis en elle tout ce qu'une simple créature était capable de recevoir.         

§ 479. En conséquence, il ne dérogeait point à la qualité de mère véritable, que Marie demeurant toujours vierge, fût vierge en concevant et en enfantant par l'opération du Saint-Esprit. Sans doute la nature eût pu perdre ce privilège sans lui faire commettre aucun péché; mais en ce cas la divine Mère eût été privée d'une si rare et si particulière excellence : et pour qu'il n'en fût point ainsi, pour que rien ne lui manquât, le pouvoir de son très-saint Fils lui accorda encore cette grâce exceptionnelle. L'Enfant-Dieu eût pu naître aussi avec cette tunique ou membrane qui enveloppe les autres enfants; mais cela n'était point nécessaire pour qu'il naquît comme fils de sa mère légitime; et c'est pour cette raison qu'il ne l'emporta point en sortant du sein virginal et maternel; cet enfantement ne paya pas non plus à la nature les autres tributs humiliants auxquels est assujetti celui de toutes les mères dans l'ordre commun de la naissance.
318> Il n'était pas juste que le Verbe humanisé passât par les lois communes des enfants d'Adam : au contraire, il devait comme résulter du mode miraculeux de sa naissance, qu'il fût privilégié et exempt de tout ce qui eût pu être matière de corruption ou d'une moindre pureté; ainsi il ne fallait point que cette membrane ou secondine qui avait si intimement adhéré à son très-saint corps, et qui était une partie du sang et de la substance de sa mère, pût se corrompre hors du sein virginal; il n'était point non plus convenable de la garder, ni qu'elle fût douée des qualités et des privilèges que cet adorable corps reçut, pour sortir de celui de sa très-pure Mère, en traversant son très chaste sein, comme je le dirai bientôt. Car le miracle dont aurait dû être l'objet cette membrane sacrée, si elle fût sortie de ce tabernacle vivant, pouvait bien mieux y être opéré en y restant, sans en sortir.  

§ 480. L'Enfant-Dieu naquit donc de la très-pure , Marie exempt. de tous ces tributs. Il en sortit glorieux et transfiguré, car la Sagesse infinie disposa et ordonna que la gloire de l'âme très-sainte rejaillit sur le corps du divin Enfant au moment de sa naissance, et qu'il participât des dons de gloire comme il arriva depuis sur le Thabor, en présence des trois apôtres ([12]). Ce prodige ne fut pourtant pas nécessaire pour traverser le très-chaste sein de la Mère, tout en le laissant intact dans son intégrité virginale; car Dieu eût pu, sans ces dons, faire d'autres miracles, par lesquels l'enfant serait né laissant sa mère toujours vierge, comme le disent les saints docteurs, qui ne, connurent point d'autre mystère dans cette nativité.
319> Mais la volonté divine ordonna que la bienheureuse Mère vit la première fois son Fils, Homme-Dieu, glorieux en son corps; et cela pour deux fins. L'une, pour qu'à la vue de cet objet divin, la très-prudente Vierge comprit avec quel profond respect elle devait traiter son Fils, Dieu et homme véritable. Et quoiqu'elle en eût déjà été instruite, le Seigneur disposa néanmoins que par ce moyen, comme expérimental, elle reçût une nouvelle infusion de grâces, proportionnée à la connaissance qu'elle acquérait par ses propres yeux de l'excellence divine de son très-doux Fils, de sa majesté et de ses grandeurs. L'autre fin de ce prodige fut de récompenser la fidélité et la sainteté de la divine Mère, de sorte que ces yeux très-purs et très-chastes, qui s'étaient fermés à tout ce qui était terrestre pour l'amour de son très-saint Fils; le vissent à l'instant même de sa naissance avec une si grande gloire, et reçussent cette joie et ce prix de leur inviolable pureté.      

 Saint Michel et saint Gabriel reçoivent le corps de Jésus           
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§ 481. L'évangéliste saint Luc dit ([13]) que la Mère Vierge ayant enfanté son Fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche. Et il ne déclare point qui le lui mit entre les mains, récemment sorti de son sein virginal, parce que cela n'entrait point dans le plan de son récit. Mais les deux princes saint Michel et saint Gabriel furent chargés de cette mission; car comme ils assistaient au mystère, sous une forme humaine et corporelle, à l'instant où le Verbe incarné, traversant par sa propre vertu le très-chaste sein de Marie, vint au monde, ils le reçurent entre leurs mains, à une distance convenable, et avec une vénération sans égale; et en la manière que le prêtre expose la sacrée hostie aux adorations du peuple, ainsi ces deux ministres célestes présentèrent aux yeux de la divine Mère son Fils glorieux et resplendissant. Tout cela se passa en fort peu de temps. Et au moment où les saints anges présentèrent l'Enfant-Dieu à sa Mère, le Fils et la Mère se regardèrent réciproquement, et dans ce regard elle blessa (?) le cœur du très-doux Enfant, et fut en même temps ravie et transformée en lui ([14]). Et se trouvant entre les mains des deux princes célestes, le Roi de l'univers dit à sa bienheureuse Mère : "Ma Mère, devenez semblable à moi; car je veux, en échange de l'être humain que vous m'avez donné, vous en donner dès aujourd'hui, par des grâces plus sublimes, un autre tout nouveau, qui fasse, par une parfaite imitation, ressembler une simple créature à moi qui suis Dieu et homme." La très-prudente Mère répondit : "Attirez-moi, Seigneur, et nous courrons après vous à l'odeur de vos parfums." ([15])
320> Ici furent accomplis plusieurs mystères des Cantiques; et l’Enfant-Dieu et sa Mère Vierge se livrèrent aux autres divins colloques qui y sont rapportés, tels que ceux-ci : Mon bien-aimé est tout à moi, et je suis toute à lui, et ses regards se tournent vers moi. Vous êtes belle, ma bien-aimée, vos yeux sont des yeux de colombe; mon bien-aimé, c'est vous qui êtes beau ([16]) ! Et tant d'autres, que, pour les citer, il faudrait étendre ce chapitre au delà des justes bornes.          

§ 482. En même temps que l'auguste Marie entendait les paroles de la bouche de son bien-aimé Fils, les actes intérieurs de son âme très-sainte unie à la Divinité lui furent découverts, afin qu'elle devint semblable à lui en les imitant. Et ce fut le plus grand bienfait que la très-fidèle et très-heureuse Mère reçût de son Fils homme et Dieu véritable; non-seulement parce qu'il le lui continua dès ce jour-là pendant toute sa vie, mais parce qu'il lui servit d'un exemplaire vivant sur lequel elle modela la sienne avec toute la ressemblance qui était possible entre une pure créature et le Verbe incarné. Aussitôt notre divine Mère reconnut et sentit la présence de la très-sainte Trinité, et elle entendit la voix du l'ère éternel qui disait "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je me plais uniquement" ([17]). Et la très-prudente Mère toute divinisée parmi des mystères si relevés, répondit : "Père éternel, Dieu infini, Seigneur et Créateur de l'univers, donnez-moi de nouveau votre bénédiction, afin qu'avec elle je reçoive entre mes bras le Désiré de toutes les nations ([18]); et apprenez à la fidèle esclave de votre divine volonté à s'acquitter malgré son in dignité de l'office de mère."
321> Aussitôt elle entendit une voix qui lui disait : "Recevez votre Fils unique, imitez-le et allaitez-le; et sachez que vous devrez me le sacrifier quand je vous le demanderai. Nourrissez-le comme mère, et honorez-le comme votre Dieu véritable." La divine Mère répondit : "Voici l'ouvrage de vos divines mains, ornez-moi de votre grâce, afin que votre Fils et mon Dieu m'agrée pour sa servante; que fortifiée par votre grand Pouvoir, j'aie le bonheur de lui rendre mon service agréable, et que je ne commette point une témérité si humble créature je porte cuire mes mains, et je nourris de mon propre lait mon Seigneur et mon Créateur."        

 L'action de grâce de Marie. Exhortation aux hommes et joie dans le Ciel.         
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§ 483. Ces entretiens si remplis de mystères divins étant achevés, l'Enfant-Dieu suspendit le miracle, ou plutôt, continua de nouveau celui qui ôtait à son très-saint corps les dons de gloire, en les arrêtant dans son âme de sorte qu'il se montra tout à coup en son être naturel et passible. Sa très-pure Mère le vit dans cet état, et l'adorant en l'humble posture où elle était avec une très-profonde révérence, elle le reçut des mains des saints anges. Et quand elle l’eut entre les siennes, elle lui dit : "Mon très-doux amour, lumière de mes yeux, être de mon âme; venez à la bonne heure au monde, Soleil de justice ([19])!
322> Pour bannir les ténèbres du péché et de la mort ([20]). Dieu véritable de Dieu véritable, rachetez vos serviteurs ([21]), et faites que toute chair voit Celui qui lui apporte le salut ([22]). Recevez votre servante à votre service, et suppléez à mon insuffisance. Rendez-moi, mon très-cher Fils, telle que vous voulez que je sois envers vous." Ensuite la très-prudente Mère offrit son Fils unique au Père éternel, et lui dit : "Suprême Créateur de l'univers, voici l'autel et voici le sacrifice agréable à vos yeux ([23]). Regardez maintenant le genre humain avec miséricorde; et quoique nous méritions votre indignation, il est temps de l'apaiser en vue de votre Fils et du mien. Que désormais la justice se repose, et que votre miséricorde se magnifie; puisque c'est pour cela que le Verbe divin s'est revêtu de la ressemblance de la chair du péché ([24]), et qu'il est devenu frère des mortels et des pécheurs ([25]). À ce titre je les reconnais pour mes enfants ([26]), et je prie pour eux du plus profond de mon cœur. Vous m'avez faite, Seigneur Tout-Puissant, Mère de votre Fils unique, sans l'a voir mérité, car cette dignité est au-dessus de tous les mérites des créatures; mais je dois en partie aux hommes l'occasion qu'ils ont donnée à mon bonheur incomparable, puisque c'est pour eux que je suis Mère du Verbe fait homme passible, et Rédempteur de tous. Je ne leur refuserai ni mon amour, ni mes soins pour leur procurer le remède. Agréez, Dieu éternel, mes désirs et mes prières pour tout ce qui   regarde votre bon plaisir et votre sainte volonté."          

§ 484. 323> La Mère de miséricorde s'adressa aussi à tous les mortels, et leur dit : "Que les affligés se consolent, que ceux qui sont tombés se relèvent, que les craintifs se rassurent, que les morts ressuscitent, que les justes et les saints se réjouissent, que les esprits célestes reçoivent une nouvelle joie, que les prophètes et les patriarches des limbes se raniment, et que toutes les générations louent et glorifient le Seigneur qui a renouvelé ses merveilles. Venez, venez, pauvres; approchez-vous, petits, sans crainte, car j'ai dans mes bras Celui qui s'appelle Lion changé en un doux Agneau; le puissant devenu faible, et l'invincible vaincu. Venez à la vie, cherchez le salut, approchez-vous du repos éternel, car je le tiens pour tous; il se donnera gratuitement à vous , et je le communiquerai sans envie. O enfants des hommes, hâtez-vous, n'ayez point le cœur appesanti ! Et vous, le doux bien de mon âme, permettez que je reçoive de vous ce baiser désiré de toutes les créatures ([27])." À l'instant la très-heureuse Mère appliqua sa divine et très-chaste bouche à faire de tendres et amoureuses caresses à l'Enfant-Dieu, qui les attendait comme son fils véritable. Et le gardant dans ses bras, elle servit d'autel et de sanctuaire où les dix mille anges adorèrent sous la forme humaine leur Créateur fait homme. 324> Et comme la très-sainte Trinité assistait d'une manière spéciale à la naissance du Verbe incarné, le ciel se trouva comme privé de ses habitants, parce que tous les citoyens de cette cité invisible se rendirent en l'heureuse grotte de Bethléem, pour y adorer leur Créateur sous son costume étranger et nouveau ([28]). Et les saints anges entonnèrent à sa louange ce cantique jusqu'alors inouï : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté" ([29]); et ils le redirent avec une très douce et très-agréable harmonie, ravis des nouvelles merveilles qu'ils voyaient se réaliser, et de la prudence, de la grâce, de l'humilité et de la beauté extraordinaire d'une jeune fille de quinze ans, digne dépositaire et dispensatrice de tant de sublimes mystères ([30]).   

§ 485. Il était temps que la très-prudente Dame appelât son très-fidèle époux Joseph, qui était, comme j'ai dit, plongé dans une extase divine où lui furent révélés tous les mystères de l'enfantement sacré qui furent célébrés en cette nuit. En effet, il était convenable qu'il vit et touchât par les sens corporels le Verbe humanisé, qu'il lui offrit son culte et ses adorations plus tôt qu'aucun autre des mortels, puisqu'il était le seul choisi entre tous pour être le dispensateur fidèle d'un mystère si sublime. Il sortit de cette extase par le moyen de la volonté de sa divine épouse; et, revenu à lui-même, le premier objet qu'il aperçut, ce fut l'Enfant-Dieu entre les bras de sa Mère Vierge, appuyé sur son sein et sur son visage sacrés.
325> C'est là qu'il l'adora avec la plus profonde humilité, ému jusqu'aux larmes. Il lui baisa les pieds avec une nouvelle joie et avec une admiration telle, qu'elle lui eût arraché la vie si une vertu divine ne la lui eût conservée; il eût au moins perdu l'usage de ses sens, si Dieu n'eût voulu qu'il pût s'en servir dans cette occasion. Après que saint Joseph eut adoré l'Enfant, la très-prudente Mère demanda à son Fils la permission de s'asseoir (car elle était restée jusqu'alors à genoux); et le saint lui donnant les langes qu'ils avaient apportés, elle l'en enveloppa ([31]) avec une révérence, une dévotion et un soin incomparables. Lorsqu'il fut ainsi emmailloté, la très-sainte Mère, avec une sagesse divine, le coucha dans la crèche, comme le dit l'évangéliste saint Luc, en mettant quelque peu de paille et de foin sur une pierre, pour placer plus commodément le Verbe incarné dans le premier lit qu'il eut sur la terre hors des bras de sa Mère. Bientôt un bœuf accourut (par la volonté divine) en toute hâte des champs voisins; il entra clans la grotte et se joignit au petit âne qui avait porté notre auguste Reine. Et elle leur commanda d'adorer et de reconnaître leur Créateur avec le respect que pouvaient témoigner des êtres irraisonnables. Les humbles animaux obéirent au commandement de leur Maîtresse; ils se prosternèrent devant l’Enfant; ils le réchauffèrent de leur haleine, et lui rendirent le service que les hommes lui avaient refusé. 326> Ainsi Dieu fait homme fut enveloppé de langes et couché dans la crèche entre deux animaux : et c'est alors que fut accomplie miraculeusement la prophétie conçue en ces termes : "Le bœuf connut celui à qui il appartenait, et l'âne la crèche de son Maître; mais Israël ne le connut point, et son peuple était sans entendement" ([32]).

Instruction que je reçus de la Vierge Marie 
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§ 486. Ma fille, si les mortels avaient le cœur débarrassé et le jugement sain pour considérer dignement ce grand mystère de piété que le Très-Haut a opéré pour eux, le souvenir qu'ils en auraient suffirait pour les faire entrer dans le chemin de la vie et les porter à l'amour de leur Créateur et de leur Rédempteur. Car les hommes étant capables de raison, s'ils en. usaient avec la dignité et la liberté qu'ils doivent, qui d'entre eux serait si insensible et si endurci que de ne pas s'attendrir à la vite de son Dieu humanisé et humilié au point de naître pauvre, méprisé, inconnu, dans une crèche, entre des bêtes brutes, sans autre secours humain que celui d'une Mère pauvre et rebuté par la folie et l'arrogance du monde? 327> Avec la connaissance d'une si haute sagesse et d'un mystère si sublime, qui pousserait la témérité jusqu'à aimer la vanité et jusqu'à se livrer à l'orgueil, que le Créateur du ciel et de la terre abhorre et condamne par son exemple? On ne pourrait non plus avoir horreur de l'humilité, de la pauvreté, du dénuement, que le Seigneur lui-même a aimés et choisis pour, lui enseigner le véritable moyen d'acquérir la vie éternelle. Il y en a fort peu qui s'arrêtent à considérer cette vérité et cet exemple; et par une si noire ingratitude, il y en a également peu qui obtiennent le fruit de mystères si augustes.           

§ 487. Mais si mon très-saint Fils s'est montré si bon et si libéral envers vous en vous éclairant de la connaissance de tant de faveurs admirables qu'il a faites au genre humain, vous devez, ma très-chère fille, bien considérer vos obligations, et peser comment et combien vous devez agir par la lumière que vous recevez. Et, pour vous faire correspondre à ce devoir, je vous exhorte de nouveau d'oublier tout ce qui est terrestre, de le perdre de vue, de ne désirer et de n'accepter du monde autre chose que ce qui peut vous en éloigner et vous cacher à ses habitants; afin qu'ayant le cœur libre et dépouillé de toutes les affections terrestres, vous vous disposiez à y célébrer les mystères de la pauvreté, de l'humilité et de l'amour de votre Dieu humanisé. Apprenez avec quel honneur, quelle crainte et quel respect vous devez le traiter, par l'exemple que je vous ai donné quand je le tenais entre mes bras :
328> vous pratiquerez ces leçons quand vous le recevrez dans votre sein par la participation au vénérable sacrement de l'Eucharistie, où réside le même Dieu et homme véritable qui naquit de mes entrailles. Dans cet auguste sacrement, vous le, recevez et vous le possédez véritablement d'une manière si intime, qu'il se trouve en vous avec la même réalité que je l'avais et que je le portais, quoique sous une forme différente.

 

§ 488. Je veux que vous excelliez en cette humble révérence et en cette sainte crainte, et que vous sachiez que quand Dieu entre dans votre bouche sous les espèces sacramentelles, il vous dit aussi ce qu'il me disait : "Devenez semblable à moi", comme vous l'avez entendu et écrit. Sa descente du ciel pour naître sur la terre dans la pauvreté et dans l'humilité, pour y vivre et mourir en donnant de si rares exemples et en enseignant le mépris du monde et de ses fausses promesses et l'intelligence des œuvres du Seigneur, à laquelle il vous a élevée en vous favorisant de si hautes lumières, tout cela doit être pour vous une voix vivante que vous écoutez avec une profonde attention de votre âme, et dont vous graviez les leçons dans votre cœur, afin de vous approprier avec un pieux discernement les bienfaits communs, et de vous convaincre que mon très-saint Fils et mon Seigneur veut que vous les receviez avec la même reconnaissance que si pour vous seule il fût descendu du ciel pour vous racheter ([33]) et pour opérer uniquement en votre faveur toutes les merveilles et enseigner la doctrine qu'il a laissées dans sa sainte Église.

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[1] Malachie 4,2

[2] Psaume 111,4

[3] Genèse 2,21

[4] Ecclésiaste 11,4

[5] Ecclésiaste 24,24

[6] Luc 1,48.

[7] Proverbes 31,11

[8] Genèse 3,16

[9] Luc 2,7

[10] La première relation des visions de Marie d'Agréda avait été brûlée sur ordre d'un confesseur occasionnel. Cette seconde relation, écrite trente-cinq ans après les visions, a bénéficié d'un renfort de l'Esprit-Saint atteste l'auteure, ainsi que Jésus dans une dictée à Maria Valtorta : "(La précipitation des hommes) a contraint cette femme illuminée à remanier la partie descriptive. En ce qui concerne la partie instructive, l’Esprit a pourvu, et son enseignement reste identique."  (Maria Valtorta – "Les Cahiers de 1944" – dictée du 12 septembre).

[11] Cette affirmation est a rapprocher de la déclaration de Vatican II, trois siècles plus tard, dans la constitution Lumen Gentium (§ 58) : la virginité intégrale de Marie n'a en rien été diminuée, mais au contraire sanctifiée (non minuit sed sacravit).

[12] Matthieu 17,2

[13] Luc 2,7

[14] Cantique 7,10; 4,9

[15] Cantique 1,3

[16] Cantique ?,16; 7,10; 1,14 et 15

[17] Matthieu 17,5

[18] Aggée 2,8

[19] Malachie 4,2

[20] Isaïe 9,2

[21] Psaume 33,22

[22] Isaïe 40,5; 52,10

[23] Malachie 3,4

[24] Romains 8,3

[25] Philippiens 2,7

[26] Cantique 8,1

[27] Isaïe 61,1-3; 9,2; 21,8; 16,1; 55,1 – Matthieu 11,5 – Psaume 95,11; 71,17; 4,3 – Ecclésiaste 36,6 – Luc 4,18 – Sagesse 7,13 – Cantique 1,1

[28] Philipiens 2,7

[29] "Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis" Luc 2,4

[30] Selon Marie d'Agréda, la Vierge Marie avait "14 ans, 6 mois et 17 jours" au moment de l'Annonciation ("La cité mystique de Dieu – Livre 3, chapitre 10, § 114, page 549). Âge corroboré, peu ou prou, par les autres voyantes

[31] Luc 2,7

[32] Isaïe 1,3

[33] Galates 2,20