Maria Valtorta en 1943

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Les révélations privées.
Selon le Père Gabriele-Maria Roschini.


 En complément de notre article sur l’Église et les révélations privées, nous laissons ici la parole au P. Roschini, théologien et écrivain prolifique, qui, sur le tard, reconnut l’immense valeur des œuvres de Maria Valtorta.

 


Le Père G. M. Roschini.

 


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 Révélation "publique" et révélation "privée"[1]  

La révélation (du latin revelare: enlever le voile, faire connaître une chose cachée), au sens strict, est l'acte surnaturel par lequel Dieu communique à l'homme, soit directement (par lui-même) soit indirectement (par un intermédiaire divinement autorisé), ses enseignements et ses volontés.    

La théologie catholique a toujours fait une nette distinction entre révélation publique et révélation privée.   

La révélation publique est celle qui s'adresse à toute l'humanité comme objet de foi universelle.           

Elle a commencé dès l'aube de l'humanité, avec nos premiers parents. Dieu en effet, comme l'a enseigné le concile Vatican II
[2], "voulant ouvrir le chemin du salut éternel, [s'est] manifesté dès l'origine à nos premiers parents. Après leur chute, il leur promit une rédemption, leur rendit courage en leur faisant espérer le salut[3]; sans arrêt, il montra sa sollicitude pour le genre humain [...]. Mais après avoir à maintes reprises, et sous diverses formes, parlé jadis par les prophètes, Dieu, "en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils[4]". Il a en effet envoyé son fils, c'est-à-dire le Verbe éternel qui éclaire tous les hommes, pour habiter parmi les hommes et leur faire connaître les secrets de Dieu[5]. [ ... ] [Le Christ] donne à la révélation son dernier achèvement et la confirme par le témoignage divin: Jésus-Christ, c'est Dieu avec nous, pour que nous soyons délivrés des ténèbres du péché et de la mort, et que nous soyons ressuscités pour la vie éternelle. L'économie chrétienne, du fait qu'elle est l'alliance nouvelle et définitive, ne passera donc jamais; il n'y a plus à attendre de nouvelle révélation officielle avant l'apparition dans la gloire, de Notre Seigneur Jésus-Christ[6]".

Ainsi la révélation publique se divise en deux grandes périodes: l'une judaïque, celle de l'Ancien Testament, l'autre chrétienne, celle du Nouveau Testament. Elle est toute contenue dans l'Écriture sainte et la Tradition.       

Les révélations privées, par contre, sont celles qui s'adressent à une seule âme ou à un certain nombre d'âmes (non pas à toute l'humanité comme la révélation publique), sans être objet de foi universelle. Elles peuvent être reçues au moyen d'apparitions, de locutions, etc. (concernant les sens externes) ou de visions, de révélations, etc. (se limitant au sens internes)
[7].

 Caractéristiques des révélations privées         
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Selon la théologie catholique, ces révélations privées sont :          
 possibles,        
 réelles,
 relativement rares,        
 nécessairement subordonnées à la révélation publique,
 étrangères au dépôt de la Révélation,   
 utiles.

A - Elles sont possibles.

Du fait même que l'Église soumette les révélations privées à son jugement, il s'ensuit qu'elle ne les rejette pas a priori et par conséquent les tient pour possibles. Et même, elle en a permis et approuvé quelques-unes. Il est évident que Dieu, après avoir donné à l'humanité une révélation publique, générale, n'a pas pour autant renoncé à la liberté d'y ajouter, selon son bon plaisir, quelques révélations privées, particulières, moins étendues et quelquefois tout à fait individuelles.   

La richesse du mystère de Dieu est inépuisable. Et Dieu n'a jamais renoncé à avoir des contacts directs avec les âmes pour les instruire. On connaît bien, à ce propos, la prophétie de Joël qui, parlant du règne messianique, dit : "Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes. Vos jeunes gens, des visions
[8]". Elles sont donc possibles.

B - Elles sont réelles.

Les révélations privées sont réelles au moins en certains cas, du fait que l'Église elle-même permet la diffusion de quelques-unes de ces révélations, et même que l'une ou l'autre d'entre elles (par exemple celle du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque) a été le fondement d'un culte liturgique, par conséquent officiel. Les critères pour vérifier la réalité d'une révélation et pour discerner l'élément humain qui peut s'y infiltrer, sont au nombre de trois et concernent: la personne qui reçoit la révélation; la matière qui en fait l'objet; les effets qu'elle produit.

1) La personne.    

La personne favorisée de révélations doit être jugée sur ses qualités naturelles et surnaturelles.        

Les qualités naturelles, à savoir: le tempérament (équilibré ou psychonévrotique, hystérique...); les tendances intellectuelles (bon sens ou fantaisie, exaltation...); les dispositions morales (sincérité ou tendance à l'exagération, à la fabulation...).       

Les qualités surnaturelles, à savoir: vertu solide, obéissance et, en particulier, humilité sincère et profonde (sans recherche de mise en valeur de soi
[9]). Tous ces éléments (qualités naturelles et surnaturelles de la personne), même s'ils s'avèrent positifs, ne prouvent pas, certes, la réalité de la révélation; ils sont cependant d'une aide efficace pour juger la valeur des assertions de la personne qui se dit favorisée de révélations. Si, au contraire, ces mêmes éléments se révèlent négatifs, la réalité d'une révélation ne pourrait être soutenue[10].   

2) La matière.       

Un deuxième critère pour vérifier la réalité d'une révélation, est la matière qui en fait l'objet. Toute révélation qui est réellement (non seulement en apparence) contraire à la foi, aux bonnes mœurs ou à la décence, se trouve inexorablement rejetée, parce que Dieu ne peut se contredire et enseigner des choses contraires à ce qu'enseigne l'Église, gardienne officielle du dépôt de la foi. Il en est tout autant des choses qui s'opposent à l'enseignement unanime des Pères et des théologiens (mais non dans le cas d'opinions controversées). De même les demandes de choses impossibles à réaliser ne peuvent être admises comme provenant de Dieu[11]. Si, par ailleurs, le contenu d'une révélation privée est orthodoxe et en plus dépasse la compétence naturelle de l'écrivain, il faut y voir un critère positif de son origine préternaturelle.           

3) Les effets.        

Le troisième critère pour vérifier la réalité d'une révélation réside dans les effets produits par cette révélation. On connaît l'arbre à ses fruits. Les révélations réelles, vraies, produisent la sérénité et la paix; les fausses produisent le trouble, la tristesse, le découragement, etc., fruits de l'arbre diabolique. Les vraies révélations affermissent l'âme dans la vertu, particulièrement dans l'humilité, les fausses, au contraire, engendrent l'orgueil[12]

Toutefois il est nécessaire de se rappeler qu'une révélation peut être réelle, c'est-à-dire' vraie dans sa substance, mais fausse sous d'autres rapports. Cela est dû, principalement, au mélange de l'activité humaine, naturelle, de la voyante (à son insu) avec l'action divine, surnaturelle de Dieu; cela se produit, en particulier, dans les révélations qu'écrivent des personnes douées d'une imagination extraordinairement vive. À cause d'une telle infiltration, il arrive parfois qu'il se glisse dans les révélations privées des erreurs du point de vue des sciences physiques
[13], des sciences historiques[14], des idées, préjugés ou systèmes théologiques[15], etc. Ainsi sont données comme divinement révélées des choses qui sont nées de l'imagination. Dieu, de fait, n'est pas tenu de corriger les préjugés et les erreurs scientifiques qui peuvent se trouver dans l'esprit des voyants, puisqu'il a en vue leur bien spirituel, et non pas leur formation intellectuelle[16].

C - Elles sont relativement rares.

Il s'agit en effet d'interventions surnaturelles extraordinaires, donc hors de l'ordinaire, peu fréquentes. C'est pourquoi, devant l'affirmation qu'il y a eu révélation, l'Église a toujours usé de beaucoup de réserve, se comportant avec grand soin et une extrême circonspection. Son approbation, quand elle est accordée, doit être comprise de façon négative (en ce sens que dans ces écrits il n'y a rien qui soit contraire à la foi et aux mœurs) plutôt que positive.

D - Elles sont nécessairement subordonnées à la révélation publique.

Elles doivent être jugées à la lumière de la révélation publique: si elles lui sont conformes, elles peuvent être vraies; si elles lui sont opposées, elles doivent être tenues pour fausses; et si leur conformité est douteuse, elles doivent être tenues pour douteuses (à savoir, ni nécessairement fausses, ni nécessairement vraies). Ce qui est incertain et discutable (comme la révélation privée) est jugé à la lumière de ce qui est certain et indiscutable (comme l'est la révélation publique). Ce n'est pas la révélation publique qui dépend des révélations privées, mais ce sont les révélations privées qui dépendent de la révélation publique.

E - Elles sont extérieures au dépôt de la révélation publique.

Les révélations privées ne peuvent rien ajouter de substantiellement nouveau à la révélation publique. Même dans le cas où les révélations privées sont reconnues comme réelles, l'Église ne les impose pas à la croyance des fidèles (comme elle le fait, au contraire, pour la révélation publique); c'est pourquoi l'Église n'a jamais jugé hérétiques ceux qui refusent de les admettre; ce qui n'empêche pas que ceux-ci peuvent être imprudents et téméraire en les refusant. Dans l'hypothèse où elles sont réellement d'origine divine, les révélations privées obligent seulement ceux qui en sont favorisés par Dieu, ainsi que tous ceux à qui leur réalité historique et théologique paraît certaine. Il s'agit cependant d'y croire d'une foi purement humaine (et non catholique), comme l'a déclaré Benoît XIV : "Que penser des révélations privées approuvées par l'Église, comme, par exemple, celles de sainte Hildegarde, de sainte Brigitte et de sainte Catherine de Sienne?... À ces révélations, mêmes approuvées, on ne doit et on ne peut donner une adhésion de foi catholique, mais seulement un assentiment de foi humaine, comme le dictent les règles de la prudence, selon lesquelles ces révélations sont probables et peuvent faire l'objet d'une croyance pieuse[17]".

F - Les révélations privées sont utiles.

Quoiqu'elles n'ajoutent ni ne puissent rien ajouter de substantiellement nouveau à la révélation publique (déjà complète dans le Christ), on ne doit pas regarder les révélations privées comme inutiles. De fait elles sont très utiles aux âmes de ceux auxquels elles sont communiquées, et cela de plusieurs manières: elles nourrissent et développent la foi et la piété de l'Église; elles favorisent une plus claire intelligence des vérités et des documents de la révélation publique. Par le moyen des révélations privées, Dieu nous aide à tirer un .plus grand profit de la révélation publique.

Valeur des révélations privées    
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En ce qui concerne la valeur des révélations privées, il y a trois opinions dont deux (extrémistes) qui s'opposent, et l'autre, intermédiaire.        

La première opinion extrémiste est celle des Centuriateurs de Magdebourg (protestants), qui rejettent toutes les révélations privées sans leur donner foi, même une foi purement humaine.   

D'autres, au contraire, pensent que les révélations privées sur les mystères peuvent être l'objet non seulement d'une foi humaine, mais aussi d'une foi divine, à la seule condition que soit admise la probabilité de leur authenticité[18].         

[…]

Communément, cependant, les théologiens suivent une voie intermédiaire entre ces deux opinions extrêmes et pensent que les révélations privées concernant les vérités, soit dogmatiques, soit morales, sont dignes de foi humaine mais non divine.

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Fiche mise à jour le 12/01/15

 



[1] D'après "La Vierge Marie dans l'œuvre de Maria Valtorta" (p. 24 à 33).

[2] Constitution dogmatique "Dei Verbum" sur la révélation divine, chapitre 1, § 3 et 4.

[3] Voir Genèse 3, 15.

[4] Hébreux 1, 1-2.

[5] Voir Jean 1, 1-18.

[6] Voir 1 Timothée 6, 14 et Tite 2, 13.

[7] I. Tous ces phénomènes mystiques ont été décrits en détail, avec des cas et des exemples, par saint Jean de la Croix, docteur mystique, dans La Montée du mont Carmel, 11, 9-10; 14-24; 25-30.        
Dans les révélations privées, on peut distinguer les trois espèces de visions dont parlent les écrivains ascétiques et mystiques, à savoir: les visions sensibles (corporelles ou oculaires, perçues par les sens, dites aussi apparitions); les visions imaginaires (ou imaginatives, perçues par l'imagination, soit à l'état de veille, soit pendant le sommeil) et les visions intellectuelles (perçues par l'intelligence, soit pendant le sommeil, soit à l'état de veille). Certaines visions présentent deux ou trois de ces caractéristiques en même temps. Les locutions (ou paroles surnaturelles) peuvent aussi être de trois espèces: les locutions auriculaires (perçues par l'ouïe), les locutions imaginaires (perçues par l'imagination) et les locutions intellectuelles (perçues directement par l'intelligence). Ces locutions, comme les visions, peuvent provenir du Christ, de la Sainte Vierge, des anges, des saints ou des démons.

[8] Joël 3, 1. Cette prophétie est rappelée par Pierre dans son discours inspiré de Pentecôte (Cf. Actes des apôtres 2, 16-17).

[9] Il s'est trouvé des cas de personnes qui, pour se mettre en évidence, ont inventé des révélations, etc. Ainsi, par exemple, la franciscaine Madeleine de la Croix, de Cordoue, au XVIe siècle, après s'être donnée au démon dès son enfance, se fit religieuse à 17 ans et fut abbesse trois fois. Aidée par le démon, elle simula tous les phénomènes mystiques (extases, révélations, prophéties plusieurs fois accomplies, lévitation, stigmates). Mais un beau jour, se croyant à la fin de sa vie, prise de remords, elle confessa la simulation et rétracta tout. Elle fut exorcisée et enfermée dans un autre couvent de son ordre (voir Poulain, Grâces d'oraison, chapitre 21, n° 36).

[10] Voir cardinal Prospero Lambertini (futur Benoît XIV) : De Servorum Dei beatificatione et canonizatione, 1. III, chapitre 51, § 3.

[11] Ainsi, par exemple, le démon apparaissant une fois à sainte Catherine de Bologne, sous la forme du Christ crucifié, lui commanda, sous prétexte de perfection, des choses impossibles, dans l'intention de la jeter dans le désespoir (voir les Bollandistes, 9 mars).

[12] Voir sainte Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, VIème demeure, chapitre VIII).

[13] Par exemple, la vénérable Marie d'Agréda, sous l'influence du système de Ptolémée, crut savoir par révélation qu'au moment de l'Incarnation du Verbe, les onze cieux de ce système erroné s'ouvrirent, par révérence, devant le Verbe qui descendait pour s'incarner dans le sein de Marie (voir La Cité mystique de Dieu, 2e part., n° 128; 1ère part., n° 122).

[14] Par exemple, certains voyants, en confondant avec la révélation leurs pieuses méditations (parfois sur des livres apocryphes), insèrent dans leur récit des détails qui contredisent les documents historiques ou d'autres révélations privées; l'une fait mourir la Sainte Vierge à Jérusalem, l'autre à Éphèse; l'une la fait ressusciter trois jours après la sépulture, l'autre quinze jours après.

[15] Par exemple, quelques voyantes dominicaines et franciscaines, dans leurs révélations, se conforment au système thomiste ou au système scotiste. Benoît XIV (voir Lambertini, op. cit., I. 111, ch. 53, no 16) a analysé une extase de sainte Catherine de Sienne, dominicaine, dans laquelle la Sainte Vierge lui aurait dit qu'elle n'avait pas été conçue sans la tache du péché originel (selon la théorie thomiste).

[16] Voir A. Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique, Desclée et Cie, n°. 1506.

[17] Voir cardinal ProsperoLambertini (futur Benoît XIV) : De Servorum Dei beatificatione et canonizatione, 1. III, chapitre 53, § 15; voir aussi 1. II, chapitre 32, § 11.

[18] Cette opinion a été condamnée par le bienheureux Innocent XI : "L'assentiment de foi, surnaturel et utile au salut, existe avec la connaissance seulement probable de la révélation, et même avec la crainte que Dieu n'ait pas parlé", Erreurs d’une morale plus laxiste, 2 mars 1679. (Denzinger-Schönmetzer, n° 2121).