Maria Valtorta
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Luciana et Maria Valtorta.
La Servante de Dieu Luigina Sinapi (1916-1978).


Vénérable Pie XII.



Saint Padre Pio.



Bienheureux Timoteo Giaccardo.



Tre Fontane.


 

 Une voyante victime de violences.     
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Dans les Lettere a Madre Teresa Maria[1], Maria Valtorta rapporte les démêlées d’une jeune voyante, que Pie XII consultait volontiers, avec certains prélats du Vatican. Elle ne cachait pas son intention d’informer le Saint-Père du blocage, exercé dans son dos, par le Saint-Office envers l’Œuvre de Maria Valtorta. Telle avait été une des demandes que Luigina avait reçues du Ciel.       

Ce n’était pas le seul motif de l’hostilité des prélats du Saint-Office et de l’Antichambre pontificale
[2] car ils ne supportaient pas sa proximité avec le Saint-Père, ni ce qu’elle lui disait à cette occasion. Elle eut donc des démêlées, ce qui est un mot faible, car les représailles étaient autant psychologiques que physiques, allant jusqu’à une menace explicite de viol.   

L’affaire est donc très grave, d’autant que la source qui informe Maria Valtorta est sérieuse. Elle est rapportée, en avril 1950, d’abord
par Camillo Corsanego puis, quelques jours plus tard, par Lorenzo Ferri. Tous les deux sont des familiers des couloirs du Vatican. Camillo Corsanego était le Doyen des conseillers consistoriaux[3]. Il fut le seul membre laïc à assister aux séances inaugurales du concile Vatican II, ce qui témoigne de sa position. Il fut, par ailleurs, un des membres fondateurs de la Démocratie chrétienne italienne. Lorenzo Ferri, quant à lui, participait au concours de la Porte Sainte qui se déroulait à cette époque.         

Qui est donc cette mystique et de quoi témoigne la correspondance échangée avec Madre Teresa Maria ?

 Luigina Sinapi (1916-1978).      
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Maria Valtorta l’appelle Luciana. Mais deux spécialistes de Maria Valtorta donnent ce prénom comme désignant Luigina Sinapi. En effet, on ne connait pas, de Luciana correspondant à ce profil à cette époque.         

Emilio Biagini, dans son ouvrage de référence
[4], l’avance comme une hypothèse à prendre en compte.         

Gabriele Cajano, promoteur de sa cause sur les réseaux sociaux, le confirme
[5]. Pour lui Luciana serait un prénom de couverture pour garder la discrétion sur ce cas[6]. Ce qui est parfaitement plausible dans le contexte que l’on va découvrir.

Nous adhérons pleinement à cette dernière analyse.

 Une enfance et une jeunesse dans la proximité du Ciel.          
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Luigina Sinapi est née à Itri entre Rome et Naples, le 8 septembre 1916, fête de la Nativité de Marie. Très jeune, elle est familière des jeux avec l’Enfant-Jésus et des anges qu’elle appelle à l’aide pour les personnes en difficulté. Intriguée par ces dons, sa mère la conduit, au milieu des années 1920, au Padre Pio qui bénit Luigina et déclare que Dieu se manifestait en elle.          

À ceux qui s’étonneraient que le Ciel puisse se manifester si tôt dans la vie, Jésus avait répondu, à propos de l’enfance de la Vierge Marie, par les exemples de jeunes saintes comme Imelda Lambertini, Rose de Viterbe, Nellie Organ ou Nennolina (voir
EMV 7.7). 

L’adolescence de Luigina ne dément pas cette vie dans la proximité de Dieu et de la Vierge Marie. En novembre 1931, sa mère meurt. Commence alors la "Via Crucis"
[7] de Luigina.         

L’année suivante, à 16 ans, Luigina entre dans la jeune congrégation des
Filles de Saint-Paul dont la mission est l’évangélisation par les médias. Son directeur spirituel est le Vicaire général de l’ordre, le Père Timoteo Giaccardo (béatifié en 1989). Mais elle ne peut y rester à cause de sa santé délicate. Le soir de Noël 1932, Don Giaccardo lui demande : "Pour l'amour de Jésus, veux-tu t’offrir en victime pour le salut des âmes ?". Luigina répond oui. Don Giaccardo conclut alors : "Va, mon enfant, ta vocation est ailleurs".   

Il faut s’arrêter ici sur un parallèle entre Luigina et Maria Valtorta. Elle aussi eut l’illumination de sa vocation d’âme victime presqu’au même âge (15 ans révolus), lors de sa dernière retraite au collège de Monza en novembre 1912. Elle écrit, dans son Autobiographie
[8] :

Dieu se manifesta clairement à mon âme et y répandit sa lumière. Je commençais alors à comprendre quelque chose. Ce que je compris était suffisant pour me donner le la du chant que j’aurais dû chanter sur la croix qui allait être la mienne, comme le premier mot de mon acte d’offrande […] : la forme d’une crucifiée très haut, entre ciel et terre, et bien fixée par les clous !

Plus tard, en 1927, à 30 ans, Maria Valtorta voulut de même entrer dans la société de Saint-Paul[9]. Mais elle aussi ne put y rester en raison de son état de santé. D’autres échos peuvent être mutuellement trouvés dans les deux vies et probablement dans celles d’autres mystiques.       

Peu de temps après son offrande, Luigina ressent une douleur atroce dans son bassin. C'est une tumeur. Elle reste au lit, dans sa maison d'Itri, pendant deux ans, priant, s’offrant et continuant à prendre soin de ses frères après la disparition de sa mère, car elle est l’aînée.   

Le 15 août 1935, solennité de l'Assomption de Marie, le curé lui administre l’Extrême-Onction. Luigina voit alors Jésus et Marie qui l'interrogent : "Veux-tu venir immédiatement avec nous au Ciel ou rester sur terre et t’offrir encore comme victime pour l'Église et pour les prêtres ?"         

En un instant, Luigina voit les conséquences de l'apostasie et les défections qui viendraient dans les années à venir. Elle accepte la deuxième proposition, s'offrant comme une victime à Dieu. 

Jésus lui dit alors :

Comme une personne ordinaire, tu vivras à l'abri des regards du monde. Tu seras peu comprise, tu souffriras beaucoup et tu mourras seule comme moi[10]. Tu seras, comme ton nom l'indique[11], la graine de moutarde dans un sillon de Rome. Tu feras l'expérience de l'extraordinaire dans l'ordinaire. Je te confierai à ma Mère : elle te guidera et te réconfortera. N'ai pas peur.

 La relation privilégiée avec Pie XII.  
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L’évènement qui va assurer la place privilégiée de Luigina auprès de Pie XII, se déroule en avril 1937 à l'Abbaye delle Tre Fontane, lieu supposé de la décapitation de saint Paul à Rome. Elle va sur ses 21 ans. Elle s’y promenait avec un groupe de jeunes filles de sa paroisse qu’elle avait emmené en pèlerinage. C’était alors un lieu peu ragoutant. Luigina enterre ce qui semblait être les restes d’un enfant avorté. La Vierge lui apparaît alors et lui confie :

Exactement dans dix ans, je reviendrai dans cet endroit. J'utiliserai un homme qui persécute aujourd'hui l'Église et veut tuer le Pape ... Maintenant vas sur la place Saint-Pierre, tu trouveras une dame habillée comme ça ... et tu lui demanderas de te conduire chez son frère Cardinal. Vous lui apporterez mon message. De ce lieu, j'établirai le trône de ma gloire à Rome ... Vous direz aussi au Cardinal qu'il sera le futur Pape.

Elle se rend donc Place Saint-Pierre où elle remarque la personne décrite. Il s’agit d’Elisabetta l’une des deux sœurs du Cardinal Pacelli[12], futur Pie XII, qui était alors un collaborateur proche de Pie XI et dirigeait sa Secrétairerie, le plus important Dicastère du Vatican. En cette année 1937, il avait rédigé pour Pie XI, en lien avec l’archevêque de Munich, l’encyclique Mit Brenender Sorge qui dénonçait le nazisme.

La rencontre a lieu et les prophéties se réalisent : d’abord l’élection de Pie XII deux ans après, en mars 1939, puis les
apparitions de Tre Fontane en avril 1947, soit dix ans presque jour pour jour, à Bruno Cornacchiola qui se convertit et alla tout dire au Pape qu’il voulait précédemment assassiner. Mais Pie XII avait déjà confié au P. Ricardo Lombardi, un jésuite, qu’il savait déjà tout.  

Maria Valtorta parle de cette apparition dans ses notes du
28 et 31 décembre 1947. Elles sont intéressantes à relire car elles décrivent le machisme qui règne alors chez certains et faisait traiter les voyantes "d’hystériques" mais donnait une crédibilité immédiate aux voyants. Cela confirme et éclaire en partie les violentes réactions qui vont s’abattre sur Luigina.      

Ces notes sont aussi intéressantes à relire pour cette prophétie (page 466) : "La science reniera Dieu". Ce qu’elle a fait, mais on sait que c’est la science de
l’Œuvre qui vole aujourd’hui au secours de l’Évangile éternel.        

Devenu Pape, Pie XII continua à s’entretenir régulièrement avec Luigina, soit par téléphone, soit par audience. Elle rapporte qu’arrivant un jour couverte d’ecchymoses par les coups reçus de Satan, il lui donne une relique de la Croix en lui disant de toujours la porter en protection contre ces attaques. Elle va en avoir besoin et cela s’avèrera efficace dans les faits que rapportera Maria Valtorta aux dires de MM. Corsanego puis Ferri.      

Luigina continue à recevoir des messages du Ciel dont celui-ci :

Je veux que tu sois ma lampe dans la nuit pour dissiper tant de ténèbres que le Diable sème en ces temps, surtout contre l'Église; que tu sois une lampe pour l'amertume du Pape, pour la confusion des personnes consacrées, pour les écueils de la jeunesse à travers la presse, les spectacles, les sectes secrètes et les partis voués à ôter la pureté aux chrétiens.

Ce n’est pas sans rappeler le message du Ciel, du 23 décembre 1948[13], que Maria Valtorta remis au Saint-Père en l’avertissant notamment que l’Enfer avançait et l’enjoignant de ne pas faiblir dans la défense de l’Œuvre donnée à Maria Valtorta.   

Cela rappelle aussi la déclaration, plus tard, du Pape Paul VI du 29 juin 1972 sur "
la fumée de Satan" qui s’élevait du milieu du peuple de Dieu.      

Pour l’instant, l’Année Sainte de 1950 est arrivée et Luigina conforte au nom du Ciel, la promulgation du Dogme de
l’Assomption sur l’opportunité duquel Pie XII s’interrogeait. Maria Valtorta avait eu aussi un tel message du Ciel en 1947[14], l’année des apparitions de Tre Fontane, et ce vœu du Ciel se terminait par ce message énigmatique : " Si l’on entend ce que je dis par le moyen de l’Œuvre, tu communiqueras ces autres paroles à qui tu sais."    

Il n’y a pas d’interférences entre les deux voyantes mais, en 1950, leurs routes parallèles vont se croiser un instant.

 Les mœurs du Saint-Office dévoilées.          
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C’est donc en avril 1950 que la correspondance de Maria Valtorta dévoile le dessous des cartes. Voici ce qu’elle écrit :

Ma Mère,      
[…] Écoutez. Et pensez que ce sont toutes des informations contrôlées, confirmées par des personnalités telles que l'honorable Corsanego, venu me voir le samedi 1er avril, et par le professeur Ferri venu le 2 avril. Il est professeur-sculpteur-peintre, lauréat des esquisses pour les portes de Saint-Pierre à Rome. Il est venu vers moi parce qu'il sera l'illustrateur de l'œuvre
[15] (il donne son œuvre gratuitement pour honorer Jésus et Marie), puis parce qu'il travaille à faire des figures du Christ depuis 22 ans; mais, après avoir lu l'ouvrage (c'est un vrai catholique), il s'est rendu compte qu'il avait fait des Christs qui ne sont pas ressemblants.       
[…] Sachez qu'à Rome vit une âme guidée sur des chemins extraordinaires, une femme de pas encore trente ans qui est souvent appelée par le Saint-Père pour avoir des lumières surnaturelles.        
Naturellement, le Saint-Office et l'Antichambre pontificale, ainsi que de nombreux prélats de la Curie romaine la détestent car elle révèle au Saint-Père les dessous, loin d'être édifiants, de tant de prélats ... Mais ils ne peuvent l'empêcher d'aller chez le pontife parce qu'elle a un pouvoir paralysant, alors si elle le veut, elle passe sans que les obstacles puissent la retenir.

On remarquera cette protection du Ciel que l’on retrouve mentionnée dans les Évangiles où les ennemis de Jésus ne peuvent rien faire tant que l’heure n’est pas arrivée. On la trouve de même dans la vie des mystiques.

Au début de sa mission, elle a été calomniée comme "hystérique", "possédée", etc. Ils lui ont fait des exorcismes, ils ont essayé de la faire enfermer d'abord dans un hôpital psychiatrique, puis dans un couvent. Mais ensuite, ils ont dû abandonner et la laisser faire.
En janvier (vers la fin du mois) N. S. J.C. lui a donné l'ordre de se rendre au Saint-Office pour reprocher à ces ... messieurs le mal qu'ils ont fait aux âmes en refusant l'impression de l'ouvrage; (le mal qu'ils ont fait) au Saint-Père, que tous accusent d'être l'auteur du blocage alors qu'il croit que l'œuvre a déjà été publiée, approuvée, etc., etc., selon ses directives; (le mal qu'ils ont fait) à moi, traitée avec tromperie; (le mal qu'ils ont fait) à un ordre religieux qui tirerait du prestige et de l'utilisation de son travail pour ses missions ravagées par la guerre.        
Imaginez ce qui s'est passé !         
Ils s'en sont pris furieusement à elle, disant "qu’elle n'aurait pas dû s'en occuper, parce qu'ils savaient ce qu'ils faisaient, et s'ils interdisaient l'impression c'était parce que l’œuvre était le fruit hérétique d'une femme possédée, etc., etc.". Et puisque cette Luciana a dit: "Maintenant je vais aller voir Sa Sainteté et lui dire comment vous agissez", ils lui ont dit : "Malheur à toi si tu lui parles de çà ! Nous te l'interdisons". Et Luciana (a dit) : "Dieu veut que je parle et je parlerai".     
Ils l'ont battue
[16], ils l'ont exorcisée jusqu'à ce qu'elle dise : "Faites-le sur vous, car le diable est en vous, pas en moi."        
Alors ... ils ont essayé de la violer
[17] (vous comprenez ?) En disant : «On va te faire passer les visions ! Lorsque ton utérus sera fatigué et satisfait, tu verras que tout passe ! ".    
[…] Mais Luciana, avec son pouvoir, paralysait celui qui s'apprêtait à lui ôter sa pureté (Luciana n'est pas mariée) et la paralysie n'a pas cessé jusqu'à ce que, huit jours plus tard, il avoue publiquement qu'il avait tenté la violence.
Pendant ce temps, Luciana est allée voir le Saint-Père et lui a tout dit, et tout d'abord que Dieu lui avait dit que l'œuvre (de Maria Valtorta) venait de Dieu.  
Le Saint-Père est tombé des nues parce qu'il avait donné d'autres directives. Il a dit : "Je vais appeler une personne et la questionner. Ce qui est certain, c’est que je n'ai pas des aides, mais des Judas". 
Luciana est revenue quelques jours plus tard en apportant une déclaration dans laquelle il est dit que "Mgr Carinci, l'hon. Corsanego et l'Honorable Tredici, Mgr Lattanzi, le Père Roschini, etc., etc., ont lu et jugé, etc., etc., il est donc demandé que sa Sainteté intervienne, etc., etc.". Le Saint-Père l'a mise dans son bréviaire, assurant qu'il a toujours été très favorable à la publication (de l’Œuvre) et qu’il la veut. Luciana voulait que cela soit écrit sur la déclaration pour la montrer à ceux du Saint-Office. Mais Sa Sainteté a répondu : "Non. Je ne veux pas agir par intimidation. Je les appellerai pour les faire réfléchir, et s'ils s'opposent, je prendrai la chose en mains". En fait, il appela Mgr Ottaviani, Conseiller du Saint-Office, mais il ne voulut rien dire.   
Alors Sa Sainteté a commencé personnellement l'examen de la question, rejetant toutes les Congrégations. Parce que dans chacun d'elles, il a trouvé qu'il y avait soit des indifférents, soit des sournois, qui ne l'avertissaient pas de la vérité des choses, même s'ils l'abordaient, en privé, chaque semaine.  
Luciana revint voir le Saint-Père pour lui répéter que l'œuvre, par communication directe de Jésus, vient de Dieu et qu'Il veut qu'elle soit publiée.

Maria Valtorta avait pris la précaution de signaler que "ce sont toutes des informations contrôlées, confirmées par des personnalités" car ce qu’elle nous dévoile est une réalité indigne qui justifie les messages du Ciel confiés aux différentes mystiques, dont Maria Valtorta, sur le délitement des mœurs d’une partie du Peuple de Dieu et de son clergé. Les ravages sont graves comme en témoigne ces confidences faites à Mgr Carinci à propos des mœurs d’une partie du Saint-Office :

Maintenant, voici que ce qui se passe est en opposition ouverte à tout cela (la foi dans l’autorité de l’Église et du Pape), et c’est comme si le monde entier, le monde de ma foi absolue dans les enseignements de l’Église, s’écroulait et c’est une stupeur douloureuse qui se crée dans mon âme qui en reste bouleversée[18].

Comme une réponse du Ciel, Maria Valtorta rapporte à Madre Teresa Maria, en même temps que les violences faites à Luciana et à l’Œuvre, que le Père Mariano Cordovani (1883-1950) "Maître des Palais, théologien de la Secrétairerie d'État et chef du Saint-Office, ainsi que le principal opposant à l'œuvre, est décédé subitement (paralysie fulminante) sans avoir le temps de dire seulement un : Mon Jésus !"      

Peu de temps après, Maria Valtorta voit le visage du Père Cordovani émerger des flammes du Purgatoire. Il la regarde de manière contrite, sans pouvoir parler. C’est Jésus qui commente :

Est-ce que tu le vois ? Le reconnais-tu ? Il est là. Et il sera là longtemps, longtemps, longtemps au seul motif d'avoir combattu Moi, toi et l'Œuvre, agissant contre la Sagesse, la Charité, la Justice. Marques ce que tu vois, brièvement, et ce que je dis, avec la plus grande exactitude. Parce que c'est la vérité, pour celui que tu as vu et pour beaucoup de ceux qui ont agi ou agiront comme lui[19].

 "Pour beaucoup, le Saint-Office est un objet de scandale !"  
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Maria Valtorta, et sans doute Luigina, ne furent pas les seules à être scandalisées : le 8 novembre 1963, le cardinal Josef Frings, archevêque de Cologne, s’exclame en pleine assemblée conciliaire :

La procédure du Saint-Office ne répond plus à notre temps et est pour beaucoup un objet de scandale.

Cette charge est accueillie par un tonnerre d’applaudissements. Sous le coup de l’affront, le cardinal Ottaviani en a les larmes aux yeux.        

Ce témoignage se rajoute à ce que l’on sait sur la violence commise par certains dirigeants du Saint-Office à l’encontre du Père Berti, puis contre les évêques qui voulurent donner leur imprimatur à l’Œuvre.        

Le Saint-Office avait fini par se croire au-dessus du Pape, usant de la duplicité et de la terreur au point que le cardinal Siri
répondra au Père Berti qu’il était périlleux (pericoloso) d’aller contre lui. 

On le voit ici, le Pape Pie XII n’est ni respecté, ni obéi. Ce n’est ni plus ni moins que du mépris à son encontre au point que Mgr Giovanni Pepe mettra à l’Index, deux ans plus tard, en 1952, des livres parlant du Padre Pio sans en référer au Saint-Père qui le congédiera.    

Ceux-là tenteront, après sa mort, de retrouver une figure de légitimité en mettant à l’Index l’Œuvre dictée à Maria Valtorta sous un prétexte monté de toutes pièces par eux-mêmes. Mais le Ciel balayera de nouveau leur forfaiture en supprimant l’Index et ses conséquences car la violence s’exerçait, cette fois-ci, contre le Ciel.

Si cette entreprise vient de Dieu, vous ne pourrez pas la faire tomber. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu (Gamaliel, Actes des apôtres 5, 39).

Le Saint-Père continua à voir Luciana et à l’informer de la controffensive qui s’organisait au Vatican en faveur de l’Œuvre donnée à Maria Valtorta. Elle en parle dans une autre lettre[20] :

I - Luciana, cette personne dont je vous ai parlé, est revenue vers Sa Sainteté le 29 mars. Sa Sainteté a reconfirmé qu'il s'occupait personnellement de la question. En fait, le Mémorandum que Luciana lui avait apporté quelque temps auparavant, et qui exposait la pétition et le dessein de l'honorable Corsanego et Tredici et de Mgr Lattanzi, et que Sa Sainteté avait mis dans son Bréviaire, était passé de Sa Sainteté au cardinal Nicola Canali, qui est l'un des cardinaux du Saint-Office et cardinal Protecteur de l'Ordre des Servites de Marie.       
II. Il a ensuite dit à Luciana que l'honorable Corsanego et Tredici, Mgr Lattanzi et le Père Roschini, théologien principal de l'Ordre des Serviteurs de Marie, et réviseur de livres au Saint-Office, ainsi que membre de la Congrégation des Rites (donc avec S. E. Mgr Carinci) demandaient à nouveau la tenue d’une audience spéciale.         
III. Le père Roschini, avant de le faire, s'était entretenu avec Luciana et avait été persuadé que tout était vrai. À tel point qu'il me l'a écrit avec ces mots: "Il semble que la résurrection de l'œuvre est maintenant proche".       
IV - Le
professeur Ferri s'est également entretenu avec Luciana, celui qui a fait les deux têtes de Jésus, dans ma chambre le dimanche des Rameaux. Il lui montra plusieurs têtes, dont ces deux-là, et Luciana dit avec confiance : "Ceci c'est Lui, les autres ne le sont pas." Des preuves de plus en ma faveur.           
V. Le 17 au soir, les Pères Migliorini et Berti se sont rendus chez l'honorable Corsanego pour lui dire de renouveler la demande d'audience auprès du chef de l’Antichambre, Mgr Callori di Vignale
[21]. Maintenant nous verrons s'il répète le faux-semblant de dire "oui" et ensuite de dire "non-accordé par ordre de Sa Sainteté". Dans ce cas, Luciana retournera au Saint Pontife et fera son rapport. Mais je crois qu'après les punitions de Dieu, un tel désir passera !       
[…] VI. Le directeur spirituel de Luciana m'a également écrit en disant : "Ne vous inquiétez pas que l'ouvrage soit imprimé, car Jésus l'a dit clairement même par Luciana. Nous attendons l'heure opportune qui viendra certainement. Nous l’attendons avec une grande foi et confortons l'effet par la contribution de notre souffrance et de notre prière "

Effectivement, l’heure opportune de la publication arriva avec beaucoup d’appréhension et de prudence, en 1956. Après la mise à l’Index de décembre 1959, l’enthousiasme du lectorat faiblit à peine avant de repartir de plus belle car c’est le propre des brebis d’écouter la voix du Bon Pasteur (Jean 10, 27) et personne ne peut les en séparer.

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Fiche mise à jour le 10/02/2021.

 



[1] Lettere a Madre Teresa Maria, volume 2, Pages 279-283.

[2] Anticamera pontificia peut se définir comme l’administration chargée de l’activité du Saint-Père.

[3] Corps des avocats habilités à plaider devant les tribunaux du Vatican pour toutes sortes de causes, y compris les causes de béatification.

[4] Maria Valtorta. La testimone della vita di Cristo, CEV 2019, page 98, note n° 19.

[5] Par correspondance privée.

[6] Luigina elle-même recourrait à des pseudonymes, tant elle souhaitait rester effacée. Elle publie ainsi, en 1951, la "Via Crucis dell’Amabilità" sous le pseudonyme de "Monialis". Puis, en 1954, elle s’inscrit sous le pseudonyme de "Suor Eugenia" (en référence au Pape Eugenio Pacelli) lorsqu’elle s’inscrit comme tertiaire des servites de Marie, une caractéristique qu’elle partage avec Maria Valtorta qui, comme elle, avait été auparavant Tertiaire de St-François (La Serva di Dio Luigina Sinapi {it}, Rosalia Azzaro Pulvirenti, pages 12 et 27).

[7] Via Crucis, ou chemin de Croix, désigne ici l’itinéraire mystique qui, à l’imitation du Christ et à sa suite, unit spirituellement et physiquement, l’âme au sacrifice de la Croix.

[8] Autobiographie, page 129.

[9] F.M. Debroise, À la rencontre de Maria Valtorta, Tome 1, page 35/36.

[10] Effectivement, elle mourut seule. le 17 avril 1978. Selon son médecin, le Dr Marco Grassi, ses derniers jours furent accompagnés de grandes souffrances qu’elle supportait avec patience, disant seulement : "J’attends !". On la trouva morte, le visage tourné vers le tabernacle de la chapelle qu’elle avait aménagée dans son appartement de Rome, 51 Via Urbino. Ses obsèques eurent lieu dans la Basilique Sainte-Croix de Jérusalem (Santa Croce in Gerusalemme), là même où sont conservées des reliques de la Passion (La Serva di Dio Luigina Sinapi {it}, Rosalia Azzaro Pulvirenti, page 42).

[11] Moutarde se dit senape (pluriel senapi).

[12] La fratrie comptait Giuseppina Francesco, (Eugenio) et Elisabetta, la dernière. La famille était issue de la noblesse pontificale. Eugenio fut le seul à avoir une vocation religieuse.

[13] Les Carnets.

[14] Les cahiers de 1945 à 1950, dictée du 23 octobre 1947.

[15] Il s’agit des visions de la vie de Jésus publiées plus tard sous le titre de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

[16] "La picchiarono". Picchiare implique la violence physique = malmener, battre, frapper, etc.

[17] Littéralement : allora tentarono farle violenza carnale.

[18] Lettere a Mons. Carinci {it}, 9 janvier 1949.

[19] Les Carnets, 6 juin 1950.

[20] Lettere a Madre Teresa Maria, volume 2, Pages 285-288.

[21] Mgr Federico Callori di Vignale (1890-1971). Il fut par la suite secrétaire particulier de Jean XXIII et nommé cardinal par Paul VI.